Cathy La Serial Lectrice

Un sujet de l’histoire mondiale peu connu, des personnages poignants et une plume lyrique et retenue… Fantômes est un roman que l’on n’est pas près d’oublier. Triste à pleurer, inéluctable, il a la beauté d’une perle noire.
A la fois polar-thriller, « nature writing » foisonnant, plaidoyer pour la cause animale et roman fantasque virant facilement au fantastique, Dans la gueule de l’ours est d’abord un premier roman fulgurant très original, à l’écriture aussi belle que maîtrisée, qui laisse son lecteur K.O. à la dernière page. Un sacré bol d’air !
Olivier Norek se questionne, nous questionne et surtout interroge les grands de ce monde : politiques, lobbyistes de l’industrie et de l’énergie, banques. Impact relie les deux problèmes essentiels de ce début de siècle : les migrations et le réchauffement climatique en mettant en lumière la cause numéro un : l’homme et sa volonté de toujours consommer et posséder plus. Un plaidoyer impressionnant pour l’humain.
Louise Erdrich a franchi ici un pas de plus dans sa compréhension du monde actuel sans renoncer à glorifier les Amérindiens et exalter les sentiments, avec sa bienveillance et son empathie coutumières. Un roman sidérant de force et de beauté.
« Ce qui relevait de la science-fiction au siècle dernier était désormais possible et envisageable. Parce que les prédictions d’un de ses romans cultes, 1984, d’Orwell, appartenaient déjà au passé »
Histoire d’une famille exclusivement masculine, un père et ses deux fils, qui dérape lorsque l’un d’eux commet l’irréparable, Ce qu’il faut de nuit est également une belle histoire d’amour bancale qui explore avec pudeur et sensibilité le cœur « des hommes » et les rapports père-fils.
Premier et court roman d’Henning Mankell, Le Dynamiteur contient déjà ses thèmes de prédilection, ses interrogations et ses convictions. Un regard aimant, bienveillant sur le genre humain, essentiellement sur les petites gens. Nous y faisons la connaissance du "père" de Wallander.
La vengeance, la violence, la loi du Talion poussée à son extrême. La désespérance. Pourtant l’espoir et l’humanité sont là, dans la force des sentiments, d’amour ou de haine… Sombre, déchirant, mais brillant.
Rempli d’un humour qui confine souvent à l’ironie mordante, ce roman inspiré de l’histoire personnelle de la mère de l’auteur tient de la fable et du roman initiatique tout en restant une histoire troublante et un portrait de la France occupée de 1944 jusqu’à la Libération et ses premiers débordements. Dur, intéressant et émouvant parfois. Drôle souvent.
Nul doute que Toni Morrison, de son vivant, aurait salué la justesse de l’écrit et remercié son auteur. Un véritable brûlot.
« On se demande souvent après coup à quel moment la vie s’est transformée en destin incontrôlable, quand la machine s’est emballée, si c’est un enchaînement d’événements passés qui préside au changement ou si le changement lui-même est inscrit dans l’avenir »
Le pays des autres m’a intéressée, passionnée par moment, émue par ses personnages féminins, en un sens retournée car je ne m’y attendais pas. J’ai pris un plaisir fou à le lire, n’en perdant pas un mot. Un véritable coup de massue suivi d’un énorme coup de cœur. Merci aux romanciers(ères) qui nous offrent de tels livres, qui nous racontent en même temps une histoire et l’Histoire.
Outre un tableau dépaysant de la Colombie du Pacifique méconnue, ce roman nous interroge à travers la relation entre une femme et une jeune chienne sur la condition féminine universelle et son besoin de procréer, ainsi que sur les limites de l’amour « maternel »
Un flic hautement charismatique aimé de ses équipiers, efficace et qui n’en veut qu’à une chose : le mal, un suspense de tous les diables, un point de vue éclairé, sans concessions sur le monde des endroits « oubliés » des politiciens et des laissés pour compte, et un style direct, rapide. C’est tout ça à la fois, Olivier Norek.
Le pouvoir de Susan est une sorte d’ovni romanesque, à la lisière de tous les genres et très original. Pas facile à lire, il est cependant inlâchable grâce justement à ces multiples portes d’accès et à une vraisemblance qui aujourd’hui plus hier semble prémonitoire.
Les Impliqués est un roman surprenant, intelligent, qui vaut pour son intrigue originale et son personnage charismatique, un jeune procureur en mal de vivre. La sombre Histoire n’est pas loin. Première enquête d’une trilogie à suivre.
Autobiographique, sincère mais tout autant pudique, parfois difficile à lire, L’Empreinte est également un récit fort et courageux. Une méditation personnelle qui donne à réfléchir sur de nombreux sujets graves, dont les secrets de famille et la pédophilie. Un thriller judiciaire haletant.
Un premier roman en forme de bijou littéraire. D’une écriture sensible, fine et aboutie, ce jeune auteur...
Partant d’un thème à la laideur morbide, celui de la violence conjugale, l'auteure a réalisé une œuvre pourtant remplie d’amour et d’espoir. Un coup de cœur ? Non ! Un énorme coup dans le cœur !
Une saga familiale ample et intense dans laquelle les femmes, omniprésentes, sont à l’honneur sans que les hommes soient pour autant stigmatisés.
Aborder le monde des humains par le prisme des chiens qui les servaient à l’époque nous donne à réfléchir sur la place et le rôle de nos animaux de compagnie (et les autres) ainsi que sur nos propres travers.
Nous voyons se dissiper notre conception de la civilisation, celle-là même qui nous a structurés ces deux cents dernières années.
Ainsi le temps se renverse et tient, un jour, tout le monde dans la même image : celle qui reste quand les photographes et les photographiés sont partis de l’autre côté des images.