Romans

C'est une vie entière qui se déroule en quatre jours dans ce premier roman qui paye de mine. Ramsès Kefi relate la disparition d'une mère, retraitée, et ses conséquences pour son mari et son fils. Il rend hommage aux femmes qui portent leur famille à bout de bras, aux hommes, travailleurs, qui les accompagnent, et, fait rare et loin des clichés, aux cités HLM dont il souligne la solidarité et la générosité des habitant(e)s. C’est aussi la prise de conscience d’un Tanguy des temps modernes qu’il n’est plus un adolescent mais un homme de 36 ans. Un livre plus sucré que salé et un auteur prometteur qui manie la langue française avec fougue et originalité.
Un enterrement n’est pas forcément triste, quand bien même le mort n’est plus là et manque déjà à celles et ceux qui l’aimaient. Celui de Serge remet les pendules à l’heure pour la famille et les amis présents. Entre règlements de comptes et regrets éternels, entre amour et amitié véritables, les sentiments se disent. Fidèle à lui-même, Stéphane Carlier nous offre une nouvelle friandise à savourer d’une traite entre deux romans lourds.
Dans une Italie meurtrie par Mussolini, “Les jours de Verre” est d’abord un drame relaté par deux voix féminines dont les destins finissent par se croiser. Puissant et traversé d’un souffle romanesque ininterrompu, d’un réalisme rare, il nous empoigne pour nous jeter aux côtés de ses personnages et devient addictif au point d’être inlâchable, inoubliable. Sous forme de tragédie familiale et historique, “Les jours de Verre” est avant tout un hymne à la vie contre la mort et à l'espoir envers et contre tout, qui ne laissera personne indemne. Un livre extraordinaire qui relate des faits devenus ordinaires, un livre qui nous mérite et se mérite.
L’histoire de l’Ukraine stalinienne de 1930 à 1953. Vingt-trois ans d’une intensité folle dans un pays qui va de guerre en guerre et de dictature en dictature. La constante : des services secrets efficaces pour une répression faite de haine et de violence omniprésentes. Et une jeune femme, juive ukrainienne qui tente de survivre et de sauver sa famille.
Il s’appelle Croquette. C’est un chien, un carlin un peu gros, à l’air plutôt bougon. Il a douze ans et il porte bonheur. Ça tombe bien, Baptiste en a besoin car sa vie ne vaut plus grand chose à ses yeux. Un court roman mélancolique et léger (mais pas que) à l’humour loufoque et au constat social lucide et désopilant. Un “feel good” je ne sais pas, un livre qu’il fait bon lire, oui.
Une terrible et longue guerre vue à hauteur de chien et racontée par une journaliste reporter de guerre, Stéphanie Perez. De quoi vérifier que la guerre, mal absolu, “oublie” toujours d’anéantir quelque chose de bien. Ici l’amour, la solidarité, la bonté des chiens. La barbarie côtoie la loyauté. La guerre, la guerre, la guerre versus l’amour, l’amour, l’amour…”.
Avec l’écriture élégante et imagée qui la caractérise, Gaëlle Nohant conjugue des notions et des sentiments pas forcément liés : l’amour, la liberté de penser et de déserter, les relations parents-enfants et l’art pictural ; sur fond de guerre de 14-18. Un beau et émouvant roman.
Elle est une chamane viking, il est professeur d’archéologie. Mille deux cents ans les séparent. Et cette belle différence d’âge ne les empêche pas de “s’aimer” et de se comprendre car l’amour n’a pas d’âge. Un roman fort qui brille par son originalité. Et un grand roman d’amour.
Dans un petit hameau breton, l’innocence d’une enfant mutique face à la rudesse de certains adultes et à la perversité d’un assassin. Un premier roman féministe à la plume délicate et poétique, à l’histoire triste et au personnage principal bouleversant. La grâce de l’écriture et la brutalité du sujet en font un roman poignant.
Un premier roman qui, après avoir rencontré un grand succès aux Etats-Unis, semble conquérir le cœur de la France qui lit. Son format épistolaire est un atout majeur à l’heure où les échanges ne sont quasiment plus que numériques… Une vraie réussite et un premier roman prometteur.
Avec le doigté et l’altruisme qu’on lui connaît, Delphine de Vigan dessine le portrait, virtuel mais réaliste de Romane. A partir des données stockées par son smartphone, Thomasl reconstitue son vécu intime, sa force et ses faiblesses, sa solitude. Tout en humour et nostalgie, une remise en cause argumentée du téléphone portable et des réseaux sociaux. Et une ode à l’amitié, à l’amour et à la vérité. La vraie, celle qui n'existe pas..
Dans un contexte historique lourd, les méfaits de la colonisation et de l’évangélisation forcée vécus au jour le jour par une famille américaine. Ce roman riche, courageux et tragique, aussi puissant que bouleversant et écrit avec un talent fou, raconte une page importante de l’histoire du Congo et l’échec absolu de la mission. Une fresque familiale et historique humaniste avant tout, inoubliable ; un chef-d'œuvre, un vrai qui donne à réfléchir sur des sujets toujours actuels : la religion et ses dérives, l’amour, la corruption, la culpabilité, la rédemption, la révolte, la résilience et… l’injustice des hommes. Entre autres.
Avec des personnages aussi singuliers que leur histoire et l’enquête menée par le duo improbable de l'inspecteur Matthias Lavau et son assistante Esther, les secrets du passé font des ravages en éclatant à la lumière du présent. Un polar historique original rempli de surprises et de rebondissements.
Tant de belles circonvolutions, de références littéraires, musicales et picturales pour décrire une réalité professionnelle si dure, il fallait être un homme généreux, courageux, solidaire pour le dire et l’écrire. Et surtout amoureux. Un immense poème social à la non gloire de l’esclavage moderne.
Des personnages forts, un rythme trépidant ou pictural, de l’action pure entremêlée à la réflexion et une histoire d’un grand intérêt font de ce premier roman une belle réussite romanesque et de son jeune auteur une voix nouvelle incontournable de la littérature britannique.
Une histoire d’espoir qui fait du bien. Un livre à lire pour reprendre confiance en la vie !
La maison vide est un véritable chef-d’œuvre et fait de Laurent Mauvignier, au sommet de son art, un auteur classique “après la lettre”. Sorte d’enquête familiale au long cours, ce livre est impossible à lâcher et le lecteur redoute de terminer sa lecture.
Dans une Irlande rurale paisible des seventies, régie par les convenances religieuses, une histoire d’amours qui courent sur trois générations. Sans mièvrerie et sans manichéisme. Juste de l'émotion pure. Un plaisir de lecture rare et trop court.
Fable dystopique, pamphlet, fiction clownesque, farce ou “roman” comme il est écrit sur la couverture… “Wanted” est bien plus salé que sucré, plus réaliste que fictionnel. Cette fois la réalité a dépassé la fiction. Philippe Claudel délaisse ses histoires intimistes le temps de jouer au lanceur d’alerte. Enfin, de jouer… Et si, enfin, nous écoutions nos écrivains ?
En moins de deux cents pages, Robert Seethaler raconte d'une plume poétiquement concise la "vie entière” d’un homme de la campagne qui la prend comme un simple devoir à accomplir. Une déclaration d’amour pas ordinaire, un départ à la guerre, une avalanche meurtrière, un travail dur et permanent... et un personnage simple, intègre et courageux qui suit sa route avec obstination dans les montagnes autrichiennes et suscite notre admiration.
Les loups et les femmes. Les femmes et les loups. Deux “espèces” maltraitées. Les femmes par les hommes, les loups par les humains en général. En mêlant habilement les deux sujets, Charlotte McConaghy réussit à les conjuguer en une seule histoire qui toujours oscille entre l'éco-thriller et le drame conjugo-familial. Belle, dramatique, inattendue, humaine. Servie par une plume poétique, cette pépite romanesque ne laissera personne indemne.
D’une plume éblouissante de réalisme et d’humanité, Arnaud de la Grange nous relate le dernier épisode d’une guerre barbare, absurde, inutile et injuste. Du fond de la vallée couverte de boue et de sang, du feu de l’enfer, quelques hommes résistent encore avec le narrateur Un livre profond, humain, poignant. Qui se lit en apnée et nous retourne les tripes…
Aussi hyperréaliste que surréaliste tant la tension est forte et le récit puissant, Les raisins de la colère donne tout leur sens aux mots chef-d’œuvre absolu. Tom, personnage principal au charisme et à l’humanité inouïs, tient avec sa mère Ma les rênes de l’histoire et de la famille Joad en exode sur la Route 66, qui n’a pas encore la gloriole qu’on lui connaît aujourd’hui. Un des plus grands romans sur la misère de l’Amérique des années 30 et sur son rêve éperdu, écrit par un auteur à la fois témoin de son temps et visionnaire
Un voyage initiatique sous forme de road-movie qui se déroule à cent à l’heure pour une fillette qui a grandi trop vite tout en gardant son âme d’enfant et part rejoindre sa grande sœur Bonnie, à l’opposé horizontal de l’Amérique. Les voyages forment la jeunesse. La preuve en est sur la route 66.