Cathy La Serial Lectrice

Sur fond de conflits raciaux larvés, un suspense savamment entretenu et distillé au goutte-à-goutte, une tension palpable à chaque page, une fin proprement inouïe et une écriture impeccable. Un livre noir inlâchable qui se lit d’une traite !
Des personnages poignants dans un décor de montagnes grandioses et de friches industrielles, Marina Bellezza est une histoire d’amour impossible. Mais, surtout, il explore de multiples sujets sociaux, sociétaux et politiques. Un livre d’une grande puissance romanesque que l’on referme à regret, une perle littéraire à se procurer toutes lectures cessantes.
Avec des mots de tous les jours et des formules qui font mouche, Marie-Sabine Roger nous propose une histoire courte « drôlement » funeste. Les personnages sont touchants et l’intrigue, vaguement cousue de fil blanc, nous emmène là où il faut pour passer un bon moment de lecture le sourire aux lèvres !
Avec une écriture sobre pour parler des faits et une grande pudeur pour dire les sentiments, Brigitte Giraud aborde des sujets graves : la dictature portugaise des années Salazar, la perte du père et la possibilité de résilience, la construction de soi. Et, surtout, le déracinement. Une très belle découverte.
Entremêlant avec virtuosité l’histoire, l’art et les sentiments, Michel Bernard dresse un portrait de Claude Monet le peintre et celui, plus intime, de Claude Monet l’homme. Une longue tranche de vie qui nous permet de rencontrer sa première épouse Camille ainsi que tous ses amis peintres. Avec une écriture de haut vol, le livre éveille notre intérêt, suscite notre émotion et notre admiration. Un superbe livre et un grand coup de cœur.
On n’abandonne jamais sa famille". Certains personnages citent et recitent cet aphorisme. Le respectent. Ou pas... Un roman noir d’une grande intensité dramatique, des personnages déchirants et une plume sobre et lyrique, Les animaux est une très belle découverte et un énorme coup de cœur. Un nouveau venu de la littérature américaine qui place la barre très très haut.
La vie d’une petite communauté arménienne dans une ville iranienne vouée au pétrole. Et le portrait de Clarisse, mère au foyer parfaite, femme d’intérieur modèle qui un jour se prend à penser qu’une vie plus romanesque existe peut-être pour elle. L’émotion l’emporte parfois sur la pudeur des sentiments. Une réussite largement plébiscitée en Iran
En un mor : Génial. En plusieurs : EN PLUSIEURS : Profond. Prenant. Puissant. Merveilleuse histoire d’amitié remplie de surprises, parfaitement maîtrisée et d’un féminisme généreux. Un talent qui frôle l’excellence aussi bien pour l’intrigue et l’écriture que pour l’étude psychologique et la peinture sociale.
Au Pays-Bas – ce pourrait être n’importe où en Europe – les demandeurs d’asile qui n’ont pas réussi à se faire régulariser sont expulsés dans leur pays d’origine. Pristina est l’histoire d’une jeune Kosovare, racontée avec une plume romanesque et légère. Mais pas avec légèreté. Les personnages sont attachants, le suspense présent et le point de vue humain…
Dans un quartier populaire du Naples des années cinquante, portrait à la fois tendre et féroce de deux gamines aux caractères tranchés. Avec des personnages hauts en couleurs évoluant au quotidien dans un panorama social omniprésent, L’amie prodigieuse, roman d’une amitié indéfectible, est fort heureusement le premier tome d’une saga captivante hautement addictive.
Trente ans après les faits, une nouvelle inattendue amène l’auteur à se remémorer sa première histoire d’amour. Probablement le meilleur de l’auteur.
En deux mots, je n'ai accroché à rien, à personne, et l'ennui s'est installé bien avant la fatidique page 99, que j'ai pourtant dépassée, persuadée que Nora Webster est un bon livre. La faute à qui, à quoi ? A moi bien sûr, avec mon impatience et mon exigence en matière de mots, à mes PAL qui sont trop hautes et mes étagères trop lourdes. A Daniel Pennac, aussi, avec ses droits du lecteur. Et à pas de chance, c'est sûr.
Un livre qu’il faut avoir lu car il fait du bien au moral. Si l’auteure y raconte un épisode peu évoqué en littérature, l’occupation de l’île de Guernesey par les Allemands, elle le fait de manière positive grâce à ses personnages, témoins directs ou indirects...
Poussé à bout, un employé des chantiers navals commet l’irréparable. Arrêté, il explique les raisons de son crime. Est-il défendable ? Mi-figue mi-raisin, cette histoire familiale, socialo-politique est toujours d’actualité et sa densité humaine a de quoi surprendre.
Pendant et après la guerre de Corée, dans les années cinquante, le calvaire d’un médecin intègre qui ne voudra jamais céder ni à la corruption ni à l’engagement militaire ou politique. Roman et hommage familial à la fois puisque Monsieur Han est l’oncle maternel de l’auteur, médecin dans la vie comme dans le roman, mort dans la misère au bout d’un destin tragique.
Dans une prose lyrique incantatoire frôlant la perfection, l’auteur nous livre une histoire d’une grande noirceur dans laquelle l’amour règne en maître et côtoie la folie. Une lecture qui flatte l’esprit et le cœur, dont le lecteur ressort bouleversé, ébloui et grandi. La magie des mots, le bonheur de les lire...
Babylone atteste une fois encore que son auteure est « la spécialiste du dérapage ». Elle décrit avec justesse le caractère de ses personnages, sans doute grâce à une excellente maîtrise de la psychologie de nos contemporains.
Un suspense sur fond historique, des personnages forts, une ville martyre, une malédiction légendaire qui plane sur un diamant, une histoire d’amours, dont l’un est impossible… Toute la lumière que nous ne pouvons voir, roman multiple, joue sur tous les tableaux pour tenir son lecteur en haleine. Le résultat est probant et... « hollywoodable ». Une réussite qui l’a mené tout droit au Pulitzer.
D’une écriture fluide et élégante, Eux sur la photo est un roman épistolaire qui se lit comme un thriller. Avec pour thèmes les secrets de famille bien gardés, les problèmes de la mémoire et l’importance de celle qui est conservée tout ou partie par la photo. Une belle histoire d’amours, aussi. Un véritable « tourne-pages » qui se lit d’une traite et nous offre un grand moment de détente.
Dans ce premier roman, Elisa Shua Dupin relate une parenthèse. Une parenthèse entre deux cultures et deux mondes totalement différents, entre deux personnes. Et entre deux lectures ardues. Ecrit sur un mode poétique épuré et suspensif, ce court roman laisse rêveur et nostalgique une fois refermé avec, peut-être aussi, un sentiment d’éphémérité et d’inachèvement dans le final surprenant...
Ce livre est un recueil de déclarations d’amour : celles d’Aaliya et de l’auteur aux livres, aux écrivains et à la ville de Beyrouth ; celle de l’auteur (et la nôtre) à Aaliya. Un livre d’une grande richesse, qui parle de livres et donne l’impression d’être cultivé, ou l’envie de le devenir… grâce aux livres. Et un personnage féminin inoubliable… Un régal de lecture, un coup de cœur intellectuel.