Vous en avez assez :

De lire des pavés. De ranger les tiroirs. De répondre au téléphone ou d’attendre un coup de fil. De lire le navet qu’une bonne copine vous a offert en vous disant : « c’est le roman de l’année », tu m’en diras des nouvelles. D’écouter les infos (!). De voir la météo. De ratisser les feuilles tombées depuis la veille…

Arrêtez tout ça. Posez-vous confortablement. Et lisez, en direct sur cette page d’accueil, ce qui défile lentement sous vos yeux : la rubrique « Ils ont dit » : rien que des paroles d’écrivains sur les livres et la lecture. Toutes semblables, et toutes différentes. Mais toutes le disant : si partir c’est mourir un peu, lire c’est vivre beaucoup !

En espérant susciter des envies de lecture y compris chez les plus jeunes…

Je vous souhaite une belle visite.

ILS ONT DIT :

Un roman est comme un archet, la caisse du violon qui rend les sons, c’est l’âme du lecteur.

Stendhal | Vie de Henry Brulard

Les fureurs invisibles du cœur porte bien son titre même si les corps, bien trop souvent meurtris, souffrent autant que les cœurs. De sa naissance à sa mort en passant par l’adolescence et la vie d’adulte, nous suivons Cyril ; sa vie est riche, compliquée et mélodramatique, avec des émotions vertigineuses à toutes les pages. Le suspense est omniprésent, la construction parfaitement maîtrisée. Mais c’est surtout le mélange de rires et de larmes que l’on n’est pas près d’oublier. Totalement hors du commun, ce roman est un phénomène littéraire poignant dont il ne faut pas se passer. Et son auteur bienveillant un génie de l’écriture et de l’analyse psychologique.
C'est une vie entière qui se déroule en quatre jours dans ce premier roman qui paye de mine. Ramsès Kefi relate la disparition d'une mère, retraitée, et ses conséquences pour son mari et son fils. Il rend hommage aux femmes qui portent leur famille à bout de bras, aux hommes, travailleurs, qui les accompagnent, et, fait rare et loin des clichés, aux cités HLM dont il souligne la solidarité et la générosité des habitant(e)s. C’est aussi la prise de conscience d’un Tanguy des temps modernes qu’il n’est plus un adolescent mais un homme de 36 ans. Un livre plus sucré que salé et un auteur prometteur qui manie la langue française avec fougue et originalité.
Une véritable claque, un roman noirissime et somptueux ! Dans Le diable, tout le temps, Donald Ray Pollock nous plonge au cœur d’une Amérique rurale, puritaine et féroce. On y croise un tueur en série, un prédicateur fou et des destins brisés qui finissent par se percuter. Le contraste est brutal entre l’horreur des faits et la beauté d’un style flamboyant confinant au lyrisme. Une œuvre monstrueuse et jouissive que j’ai adorée bien qu'elle soit la quintessence du mal.
Un enterrement n’est pas forcément triste, quand bien même le mort n’est plus là et manque déjà à celles et ceux qui l’aimaient. Celui de Serge remet les pendules à l’heure pour la famille et les amis présents. Entre règlements de comptes et regrets éternels, entre amour et amitié véritables, les sentiments se disent. Fidèle à lui-même, Stéphane Carlier nous offre une nouvelle friandise à savourer d’une traite entre deux romans lourds.