Cathy La Serial Lectrice

« Ce qui relevait de la science-fiction au siĂšcle dernier Ă©tait dĂ©sormais possible et envisageable. Parce que les prĂ©dictions d’un de ses romans cultes, 1984, d’Orwell, appartenaient dĂ©jĂ  au passĂ© »
Histoire d’une famille exclusivement masculine, un pĂšre et ses deux fils, qui dĂ©rape lorsque l’un d’eux commet l’irrĂ©parable, Ce qu’il faut de nuit est Ă©galement une belle histoire d’amour bancale qui explore avec pudeur et sensibilitĂ© le cƓur « des hommes » et les rapports pĂšre-fils.
Premier et court roman d’Henning Mankell, Le Dynamiteur contient dĂ©jĂ  ses thĂšmes de prĂ©dilection, ses interrogations et ses convictions. Un regard aimant, bienveillant sur le genre humain, essentiellement sur les petites gens. Nous y faisons la connaissance du "pĂšre" de Wallander.
La vengeance, la violence, la loi du Talion poussĂ©e Ă  son extrĂȘme. La dĂ©sespĂ©rance. Pourtant l’espoir et l’humanitĂ© sont lĂ , dans la force des sentiments, d’amour ou de haine
 Sombre, dĂ©chirant, mais brillant.
Rempli d’un humour qui confine souvent Ă  l’ironie mordante, ce roman inspirĂ© de l’histoire personnelle de la mĂšre de l’auteur tient de la fable et du roman initiatique tout en restant une histoire troublante et un portrait de la France occupĂ©e de 1944 jusqu’à la LibĂ©ration et ses premiers dĂ©bordements. Dur, intĂ©ressant et Ă©mouvant parfois. DrĂŽle souvent.
Nul doute que Toni Morrison, de son vivant, aurait saluĂ© la justesse de l’écrit et remerciĂ© son auteur. Un vĂ©ritable brĂ»lot.
« On se demande souvent aprĂšs coup Ă  quel moment la vie s’est transformĂ©e en destin incontrĂŽlable, quand la machine s’est emballĂ©e, si c’est un enchaĂźnement d’évĂ©nements passĂ©s qui prĂ©side au changement ou si le changement lui-mĂȘme est inscrit dans l’avenir »
Le pays des autres m’a intĂ©ressĂ©e, passionnĂ©e par moment, Ă©mue par ses personnages fĂ©minins, en un sens retournĂ©e car je ne m’y attendais pas. J’ai pris un plaisir fou Ă  le lire, n’en perdant pas un mot. Un vĂ©ritable coup de massue suivi d’un Ă©norme coup de cƓur. Merci aux romanciers(Ăšres) qui nous offrent de tels livres, qui nous racontent en mĂȘme temps une histoire et l’Histoire.
Outre un tableau dĂ©paysant de la Colombie du Pacifique mĂ©connue, ce roman nous interroge Ă  travers la relation entre une femme et une jeune chienne sur la condition fĂ©minine universelle et son besoin de procrĂ©er, ainsi que sur les limites de l’amour « maternel »
Un flic hautement charismatique aimĂ© de ses Ă©quipiers, efficace et qui n’en veut qu’à une chose : le mal, un suspense de tous les diables, un point de vue Ă©clairĂ©, sans concessions sur le monde des endroits « oubliĂ©s » des politiciens et des laissĂ©s pour compte, et un style direct, rapide. C’est tout ça Ă  la fois, Olivier Norek.
Le pouvoir de Susan est une sorte d’ovni romanesque, Ă  la lisiĂšre de tous les genres et trĂšs original. Pas facile Ă  lire, il est cependant inlĂąchable grĂące justement Ă  ces multiples portes d’accĂšs et Ă  une vraisemblance qui aujourd’hui plus hier semble prĂ©monitoire.
Les ImpliquĂ©s est un roman surprenant, intelligent, qui vaut pour son intrigue originale et son personnage charismatique, un jeune procureur en mal de vivre. La sombre Histoire n’est pas loin. PremiĂšre enquĂȘte d’une trilogie Ă  suivre.
Autobiographique, sincĂšre mais tout autant pudique, parfois difficile Ă  lire, L’Empreinte est Ă©galement un rĂ©cit fort et courageux. Une mĂ©ditation personnelle qui donne Ă  rĂ©flĂ©chir sur de nombreux sujets graves, dont les secrets de famille et la pĂ©dophilie. Un thriller judiciaire haletant.
Un premier roman en forme de bijou littĂ©raire. D’une Ă©criture sensible, fine et aboutie, ce jeune auteur...
Partant d’un thĂšme Ă  la laideur morbide, celui de la violence conjugale, l'auteure a rĂ©alisĂ© une Ɠuvre pourtant remplie d’amour et d’espoir. Un coup de cƓur ? Non ! Un Ă©norme coup dans le cƓur !
Une saga familiale ample et intense dans laquelle les femmes, omniprĂ©sentes, sont Ă  l’honneur sans que les hommes soient pour autant stigmatisĂ©s.
Aborder le monde des humains par le prisme des chiens qui les servaient Ă  l’époque nous donne Ă  rĂ©flĂ©chir sur la place et le rĂŽle de nos animaux de compagnie (et les autres) ainsi que sur nos propres travers.
Nous voyons se dissiper notre conception de la civilisation, celle-lĂ  mĂȘme qui nous a structurĂ©s ces deux cents derniĂšres annĂ©es.
Ainsi le temps se renverse et tient, un jour, tout le monde dans la mĂȘme image : celle qui reste quand les photographes et les photographiĂ©s sont partis de l’autre cĂŽtĂ© des images.
Sur le thĂšme Ă©culĂ© de la disparition-enlĂšvement-sĂ©questration, Olivier Adam rĂ©ussit Ă  nous faire ressentir de l’intĂ©rieur la douleur, les regrets, de sa famille. La dĂ©gradation des liens familiaux. Un sujet sensible et deux adolescents en difficultĂ©.
Tant de choses qu’on ne voit plus. Les gens ont fait beaucoup de tort Ă  la Terre. Je me demande, n’est-ce pas la Terre qui aurait envoyĂ© la FiĂšvre ?
L'actuelle pandémie de coronavirus a fait du roman de l'écrivain sud-africain un livre d'anticipation d'une inquiétante actualité.
Changer l’eau des fleurs est tout sauf un livre dit feel-good. C’est juste une petite fenĂȘtre de bonheur, une lecture qui fera un bien fou aux lecteurs d'aujourd’hui. Allez-y : pleurez, riez, lisez ! C’est le moment.