Romans

Avec son empathie naturelle et sa plume majestueuse, Valentine Goby retrace dix ans de la vie de Mathilde et de sa famille, dont les parents sont atteints de tuberculose. Un livre sombre au sujet tabou mais où l’amour est omniprésent grâce à Mathilde qui nous entraîne vers la lumière, sa lumière. L’émotion nous submerge à chaque page et le documentaire est de qualité. Un livre nécessaire.
Sur fond de crise agricole, de critique du monde du travail et de la finance, une belle étude psychologique, une intrigue dont la tension va crescendo et une histoire d’amour totalement improbable entre deux êtres que tout oppose.
1981. Mitterrand au pouvoir. Et, pour Magyd Cherfi, l’obtention de son baccalauréat. Une première pour un jeune Arabe des quartiers nord de Toulouse. L’occasion de revenir sur son enfance et son adolescence dans un récit drôle, lucide, intelligent et sans aucune concession. Ni pour les Gaulois ni pour les Arabes... Utile, très utile, plus encore aujourd’hui que dans les années 80.
Inclassable. Saisissant. Littéraire. Hypnotique. Un premier roman écrit comme un conte, tout en puissance et en promesses. Vite, un deuxième !
D’une logique et d’une clarté redoutables, ce livre est surtout d’une grande efficacité . Fustigeant la bêtise et le fanatisme, il nous incite à retirer nos œillères et à réfléchir sur l’une des origines de nos maux d’aujourd’hui, peut-être (ou sûrement) déjà présents dans « notre »Histoire, celle que nous avons écrite avec « nos » mots... Un livre à faire lire à tous les jeunes à partir de treize ans ! Et aux autres... car il est utile, indispensable même.
Roman intense qui aborde la vie et son évolution, la vieillesse et la mort, sans oublier la descendance, mais aussi la disparition du passé avec la maison qui brûle et la confiance dans l'autre, pour ne pas dire la folie... Les bottes suédoises est un livre poignant, sombre et désenchanté qui reflète les interrogations et les peurs de son auteur à quelques mois de sa disparition. Comme il se dit toujours, "ce sont les meilleurs qui s'en vont"..
Par petites touches poétiques, George Bonnet nous raconte l’histoire douce-amère d’une rencontre amoureuse inattendue. Une grande nostalgie et une belle émotion se dégagent du livre que l’on repose doucement en souriant un peu tristement. C'est juste simple, et beau.
Suspense inattendu, rythme soutenu, humour grinçant, vengeance et final surprenant, un livre court mais dense, très agréable à lire en ces jours de canicule, un verre d’eau gazeuse à portée de main...
Un jeune montagnard au cœur pur, une belle Bohémienne, un buraliste honnête résistant à Hitler, un Professeur Freud en fin de carrière (et de vie ?)... En mars 1938, les histoires d’amour et d’amitié sont rattrapées par l’Histoire de l’Autriche. Raconté dans une langue mêlant onirisme, réalisme et humour, cet épisode sombre ne laisse que peu d’espérance. C'est l'Anschluss qui s'approche.
Dans une centaine de pages très bien écrites, Michel Quint rend hommage à une librairie. Et plus encore aux libraires qui s’y sont succédé. Au point d’en faire des acteurs importants de la lutte contre la pensée unique ou, pire, l’absence de pensée. En même temps, un éclaircissement historique sur un pan méconnu de la guerre d’Algérie. Un roman trop court mais très dense. Une superbe et juste phrase : "Les livres, c’est comme les chats, on habite chez eux, pas l’inverse". Les amoureux des chats et des livres apprécieront.
Ecriture fluide, suspense soutenu grâce à des chapitres courts et des indices habilement semés dans les pages, réflexions profondes et lucides sur des sujets sérieux : religion(s), relations humaines en temps de guerre, on est dans un roman d’Armel Job. Et on en redemande. Et en un mot : inlâchable !
En trois parties qui vont et viennent entre passé et présent, l’auteur dresse le portrait réaliste et désenchanté de deux personnages qui pourraient très bien être sa mère et lui-même. Un livre sur la quête de reconnaissance, sur la fin des illusions, mais pas celle de l’espoir. Et un regard acerbe mais d’une grande justesse sur les relations mère-fils et sur la société américaine. Le tout servi par une belle prose, des dialogues fins et percutants. Du grand art.
Sur fond de nature grandiose et de mégapole, deux voix racontent aujourd’hui l’histoire violente, sombre et belle d’une famille d’Indiens Crees en proie aux tourments de la drogue, de l’alcool et du racisme de l’homme blanc, toujours d'actualité. Sans pour autant baisser les bras. Véritable leçon d’amour et de non renoncement, Les saisons de la solitude porte toute la sagesse et le bon sens des Indiens d’Amérique. Sans idéalisme primaire.
A la fin de la Première Guerre mondiale et après, dans une famille bourgeoise de province, la maladie incurable d’un enfant ravage les cœurs et balaie conventions, non-dits et petites mesquineries familiales.
Difficile quand on a dix ans de conserver son innocence, de trouver sa place et de comprendre le monde adulte. Tout l’intérêt de Un bon garçon est justement ce garçon «différent», bouleversant, Mickey Donnelly. Et le regard tout à la fois décalé et juste qu’il porte sur son pays livré à un conflit religieux et aux problèmes sociaux.
Une histoire triste et dure racontée sur un ton léger et fantaisiste. Le thème de la folie et celui de la mort revisités dans un conte moderne où le rire et la joie le disputent à la tristesse et aux larmes. Premier roman original et prometteur.
Par le biais de la grossesse non désirée d’une femme de chambre, le tableau assez sombre d’une bourgeoisie cossue pétrie de convenances et d’interdits. Et un beau portrait de femmes à travers une histoire d’amour(s) inattendue racontée avec une plume mêlant la pudeur et la sensibilité exacerbée. Amours est ici synonyme de libérations.
Drôle, sérieux, tendre, ce n’est pas en deux, mais en trois mots que l’on pourrait qualifier ce roman dont l’histoire peut sembler familière à chacun de nous. Derrière la drôlerie, voire la truculence, c’est le sérieux qui l’emporte car il est question de mort, un peu, de solitude, un peu, de vieillesse, beaucoup... Et là, c’est déjà moins drôle...
Sous couvert de légèreté dans le style et l’histoire, Maria Ernestam aborde des sujets sérieux. Ici, la guerre entre voisins et l’influence des animaux domestiques sur les relations humaines. L’ensemble est agréable à lire bien qu’un peu léger. Entre deux gros pavés et avec une couverture pareille, c'est tentant et à tenter. A recommander à ceux qui ne connaissent pas bien le chat avec lequel ils vivent...
A l’aube des années 80 en Californie, un portrait juste et tendre de l’adolescence féminine sur fond de traque policière d’un étrangleur en série. Parfaitement à l’aise dans les deux registres, Joyce Maynard réussit à nous attendrir, à nous faire sourire et frémir en même temps. Original, émouvant et captivant.
Premier roman d’une puissance absolue. «La Grande guerre» montrée comme jamais dans ce qu’elle a de plus petit, de plus bas, de plus horrible. Et une réflexion sur ce qu’elle nous montre de nous, notre humanité et ce qu’il peut en rester après son passage. Mais aussi l’exaltation de la nature et de la terre, de l’amitié et de l’amour «filial». On en ressort choqué et murmurant «Plus jamais ça». Et pourtant... Un grand moment humain, historique et littéraire.
Des sentiments et des liens familiaux très forts, un drame humain, des hommes (et des femmes) avec leurs forces et leurs faiblesses, une nature glorifiée et des Indiens aimés et respectés, Légendes d’automne (la nouvelle) est une sorte de saga miniature retraçant le destin d’une famille de 1914 aux années 80. Une histoire forte, bouleversante avec, en prime, un petit goût de western actuel.
Enfants du diable est à la fois un conte humain et cruel et un rappel historique des années noires de la Roumanie de Ceausescu. Loin des sentiers littéraires battus, sur un rythme rapide, l’auteure nous emmène aux confins de l’Europe civilisée, dans un pays sous dictature où les enfants sont une fois encore les principales victimes de la folie d’un homme. Efficace et instructif.