Romans

Eloge vibrant de l’auteur pour son grand-père, homme digne et bon avant, pendant et après la guerre de 14-18. Une vie qui couvre tout le siècle dernier. Loin des livres d’histoire, avec une plume classique, picturale et très littéraire, Guerre et térébenthine donne à réfléchir tout en dépaysant le lecteur même si le chemin est très sombre. Une belle leçon d’Histoire et d’Humanisme.
Ecrite sous la forme d’un long monologue, La Lettre à Helga est la confession d’un homme qui fera le pire choix de sa vie en se privant à jamais de l’amour de la femme qu’il aime et qui l’aime. Un hymne à la nature sauvage de la terre islandaise et à ses traditions. Mais surtout l’histoire de deux vies gâchées.
A la manière du chœur antique dans une tragédie grecque, Julie Otsuka convoque en portrait groupé les milliers de femmes japonaises émigrées aux Etats-Unis au début du XXè siècle, croyant y trouver amour, bonheur et réussite. Et ne trouvant que malheur, brimades et désillusion. Un volet pas très glorieux et tabou de l’histoire américaine et une belle réhabilitation de ces femmes.
Armel Job nous embarque dans une histoire policière au suspense soutenu, mais qui donne à réfléchir sur des questions sérieuses comme le mal, le pardon, les conséquences de la guerre sur les comportements humains. Et sur un thème récurrent dans son œuvre, les croyances et la religion. Avec l’écriture légère, incisive, pétrie d’humour et de sérieux qui est la sienne. Cette fois, il est au sommet de son art.
Afin d’atténuer la douleur de la perte récente de son père et de garder intact son souvenir, Yassaman Montazami lui rend hommage dans ces pages en retraçant les moments les plus marquants de leur vie entre Paris et Téhéran. Et force est de reconnaître que la personnalité hors normes de ce père vaut bien un roman ! Un livre intelligent, drôle et enlevé, sans tristesse et joliment écrit. Un premier roman très prometteur.
Un pan de l’histoire ignoré, l’internement des populations nomades en 1940. Paola Pigani s’intéresse à Alba, adolescente et à sa famille, internée au camp des Alliers. Tirée de faits et de personnages réels, cette histoire bouleversante retrace six ans de conditions de vie atroces faites de famine, de maladies, d’humiliations, de morts. Et de ce qui peut arriver de pire à des nomades : la privation de liberté par l’assignation à «résidence». Un livre fort, inattendu, salutaire et poignant. Un livre à lire.
Habile parallèle à deux voix décalées de près de quatre siècles. En 1639, Georges de la Tour réalisant son tableau Saint Sébastien soigné par Irène. En 2014, découvrant ce tableau au Musée des Beaux-Arts de Rouen, une visiteuse se souvient de son histoire d’amour malheureuse. Entre les deux résonne une prose lumineuse, un clair-obscur majestueux.
La renverse montre les conséquences d’un scandale politico-sexuel. Centré sur les enfants des deux adultes incriminés, le livre est difficile à lire par la gravité des «faits» rapportés et leurs effets néfastes et indélébiles sur les enfants même devenus adultes....
Une écriture limpide, pudique et retenue, la quête des origines et l’évocation nostalgique du temps qui passe, dans Chemins Michèle Lesbre aborde une fois encore le manque de son père trop tôt disparu. Un tableau sépia tout en douceur et nostalgie et une belle réflexion sur le temps qui passe et son inexorable érosion.
Un enlèvement à la perceuse, une héroïne coopérative, un général voulant accomplir un dernier fait de gloire, des personnages opportunistes et une intrigue virevoltante, nous sommes dans une aventure mêlant le suspense, l’aventure et le contre-espionnage. Un livre-détente cocasse qui manipule le lecteur, le fait éclater de rire et lui offre un grand plaisir de lecture.
Dans un écrit illuminé et luxuriant, A la table des hommes est tout à la fois un conte philosophique, un roman d’apprentissage, d’initiation à la survie et à la vie, un hymne à la nature. Alliant fantastique et réalité, profane et sacré, l’histoire riche, dense et pleine d’enseignements est celle, revisitée, de L’Enfant sauvage, avec un regard sévère sur la violence prédatrice et aveugle de l’homme. Un livre très fort, incontournable et un éblouissement permanent.
Faut-il, en contrevenant à la loi fédérale, prendre le risque de détourner une rivière sauvage pour récupérer le corps d’une fillette coincé sous un rocher ? Ou non. Riverains, élus, parents, médias et investisseurs ont leur mot à dire…
Le revenant relate l’histoire vraie d’un homme hors du commun traquant, sur des centaines de kilomètres et dans des conditions extrêmes, les deux hommes qui l’ont abandonné blessé à mort par un grizzli. Un récit qui nous tient en haleine grâce à une écriture fluide et animée et met en lumière certains aspects de l’histoire américaine du XIXe siècle pas forcément connus. Encore un premier roman prometteur !
Une histoire simple et terrible racontée en des mots terriblement beaux. L’amour à chaque coin de page et une sensation d’infinie beauté une fois le livre refermé. Marthe et Léonce ne sont pas près de nous quitter, et nous de les oublier. Un premier roman magique. Ce livre est une météorite. Il est impossible de ne pas le lire si l’on aime les belles lettres. A lire, à relire, à prêter, à offrir, à partager !
Armel Job nous raconte une histoire à rebondissements multiples et à l'issue incertaine, dans laquelle les femmes occupent le premier plan : les femmes musulmanes, turques en l’occurrence, et leur place, ou plutôt l'absence de place et de droits, dans leur communauté. Sujet très sensible, très actuel, traité sur un ton léger et soutenu, avec beaucoup d’humour et sans aucun jugement. Se lit de bout en bout avec un très grand plaisir.
Dix-sept ans devrait être étudié dans les écoles. Cela ferait prendre conscience aux ados, aux parents et aux éducateurs de ce qu'il en est vraiment de l'avortement, de sa nécessité dans certains cas. Quel que soit le milieu social. A lire aussi parce que l’avortement est rarement abordé en littérature.
Roman social d’une grande intensité et saga familiale racontée sous forme de deux monologues, celui d’un père mort dans un accident du travail et celui de son fils peinant à se construire, Après le silence se déroule dans la France ouvrière des années 70 et évoque la solidarité, la fierté ouvrières et les combats syndicaux. Un premier roman très prometteur.
La neige noire est une œuvre incantatoire, puissante, sublime, à la fois tragédie antique et long poème en prose.
Une femme déguisée en homme sur les champs de bataille américains… Ecrit de façon magistrale, ce roman peu banal nous fait peur, nous émeut, nous fait rire, nous fait horreur et fait de nous les témoins muets d’une guerre jusqu’ici peu narrée en littérature.
Ecrit comme un roman, De regrettables incidents est conçu comme une pièce de théâtre du début à la fin. L’histoire, à la fois drôle et dramatique, s’apparente au polar, au triller, au roman social, au conte même. A la tragi-comédie théâtrale. Une bien belle écriture et des personnages attachants.
Tempête dans la vie d’une femme qui doit en même temps gérer une grave crise conjugale et rendre un verdict urgent et délicat conditionnant la mort ou la survie d’un adolescent. Racontée avec la si belle écriture ciselée de l’auteur.
Beau roman choral aux styles multiples, Le cœur qui tourne évoque avec une grande humanité les conséquences du chômage dans la vie sociale et relationnelle. Auteur à suivre…
Avec une attention permanente et une grande pudeur, Alice McDermott dresse un portrait tout en douceur et en délicatesse de la population modeste de Brooklyn des années 1930 à aujourd'hui. Une belle histoire de femme (s). Par les temps qui courent, ce genre de lecture, ça fait un bien fou !
Sur le mode de l’investigation, Christophe Boltanski nous livre l’histoire d’une famille hors normes, la sienne, sur trois générations. D’une construction habile, inédite et sans faille, La cache bénéficie aussi d’une écriture impeccable qui manie aussi bien l’humour que l’objectivité.