Gaëlle Josse

Un grand coup de cœur pour ce roman court mais intense, écrit avec une puissance évocatrice et une grande retenue à la fois.
Atmosphère intimiste, toute en délicatesse et retenue, pour écrire la biographie de cette femme insaisissable et difficile à cerner en fonction des avis contradictoires des personnes qui l’ont connue.
Dans un petit village breton, en 1950, un jeune garçon de seize ans ne rentre pas chez lui. Commence alors pour sa mère la vie d’après, faite d’espoir, de désespoir et de courage. Une écriture ciselée comme un diamant pour une histoire sombre où l’amour maternel est raconté comme jamais. Cette mélodie du malheur est tout en retenue et malgré la lenteur, l’émotion passe et empoigne le lecteur jusqu’à la fin.
Habile parallèle à deux voix décalées de près de quatre siècles. En 1639, Georges de la Tour réalisant son tableau Saint Sébastien soigné par Irène. En 2014, découvrant ce tableau au Musée des Beaux-Arts de Rouen, une visiteuse se souvient de son histoire d’amour malheureuse. Entre les deux résonne une prose lumineuse, un clair-obscur majestueux.
Avec son écriture si particulière à la fois sensible, délicate et pointue, Gaëlle Josse nous raconte l’histoire intime d’un homme tourmenté essayant de rester humain dans un lieu qui ne l’est pas, ancrée dans la réalité historique d’une Amérique pas si lointaine. Une œuvre à la fois romanesque et historique. Un vrai bonheur de lecture, malheureusement un peu trop court.
Un premier roman d'une grande richesse émotionnelle et littéraire ! En 1667, à l'âge d'or hollandais, Magdalena se confie dans son journal alors qu'un peintre réalise son portrait de dos. Gaëlle Josse signe un magnifique portrait de femme du XVIIe siècle, entre secrets d'enfance et résignation face à son statut d'épouse. Porté par une écriture douce, pure et profondément poétique, ce récit intense et délicat se dévore avec regret tant il est court.