Liana Levi

Un suspense distillé au compte-gouttes dans un petit village (fictif) pas encore remis des blessures de la guerre et sinistré par la fermeture de la mine, et une écriture précise, légère et littéraire à la fois. Entre Simenon et Elisabeth George.
Un premier roman c’est tentant, toujours. Un premier roman en forme de saga familiale, c’est encore plus alléchant. Et quand ce premier roman-saga est bellement écrit c’est gagné ! Une véritable réussite romanesque.
Sur un fond historique moyenâgeux très documenté et largement présent, Aline Kiner raconte avec délicatesse et compassion le moment le plus difficile de la vie d’une communauté parisienne de béguines et la fin de sa liberté : le Concile de Vienne et les années qui l’ont précédé. Un livre d’une grande érudition, écrit d’une plume majestueuse et qui, en abordant ce pan peu connu du Moyen-Age, nous permet de réaliser que ces femmes, les béguines, étaient non seulement des personnes d’une grande spiritualité, altruistes et solidaires, mais aussi les ancêtres des féministes.
Encore un livre qui m'a échappé ! Encore un roman qui m'est tombé des mains tout seul, sans même que je m’en mêle. Sans que j’aille jusqu’à la page 99, cette page fatidique qu'il faut atteindre avant de vouer un livre aux gémonies littéraires. Les 63 premières m'ont suffi. Faute tempes bien sûr...
Des personnages poignants dans un décor de montagnes grandioses et de friches industrielles, Marina Bellezza est une histoire d’amour impossible. Mais, surtout, il explore de multiples sujets sociaux, sociétaux et politiques. Un livre d’une grande puissance romanesque que l’on referme à regret, une perle littéraire à se procurer toutes lectures cessantes.
Fresque historique sur l’Iran d’hier et d’aujourd’hui, saga familiale, roman d’amour et d’apprentissage... L’auteure tire habilement tous ces fils jusqu’au bout et le récit va crescendo dans le rythme et dans le suspense. Passionnant, foisonnant, drôle, émouvant et écrit dans un français parfaitement maîtrisé, Désorientale est un (premier !) roman qui frappe fort et que le lecteur n’est pas prêt d’oublier. Un sacré coup de cœur pour cette lecture indispensable.
Suspense inattendu, rythme soutenu, humour grinçant, vengeance et final surprenant, un livre court mais dense, très agréable à lire en ces jours de canicule, un verre d’eau gazeuse à portée de main...
Thierry Jonquet, Fred Vargas, Pierre Lemaître, Didier Daeninckx, Gérard Mordillat même... les pointures du roman noir français... Il y a un peu d’eux tous dans Les salauds devront payer. Mais bien plus encore : il y a Emmanuel Grand. Un roman noir social bien sous tous rapports avec un final haletant jamais vu. Du grand art. Et une rare efficacité. A lire absolument cet été.
Un pan de l’histoire ignoré, l’internement des populations nomades en 1940. Paola Pigani s’intéresse à Alba, adolescente et à sa famille, internée au camp des Alliers. Tirée de faits et de personnages réels, cette histoire bouleversante retrace six ans de conditions de vie atroces faites de famine, de maladies, d’humiliations, de morts. Et de ce qui peut arriver de pire à des nomades : la privation de liberté par l’assignation à «résidence». Un livre fort, inattendu, salutaire et poignant. Un livre à lire.
Roman social d’une grande intensité et saga familiale racontée sous forme de deux monologues, celui d’un père mort dans un accident du travail et celui de son fils peinant à se construire, Après le silence se déroule dans la France ouvrière des années 70 et évoque la solidarité, la fierté ouvrières et les combats syndicaux. Un premier roman très prometteur.
Un vrai grand moment de lecture pour moi grâce Ă  ce livre que j'ai eu du mal Ă  lâcher pour son intrigue prenante et qui m'a beaucoup Ă©mue dans la dernière partie.
Un livre « tête-bêche » à quatre mains, aussi original que percutant ! En mars 1946, dans les Pouilles, la misère post-guerre civile pousse des ouvriers agricoles affamés à lyncher les quatre sœurs Porro, de riches et innocentes bigotes. L'historienne Luciana Castellina éclaire avec rigueur les causes de cette révolte populaire, tandis que la romancière Milena Agus s'infiltre avec finesse et humour dans le quotidien de ces victimes. Un superbe exercice de mémoire, instructif et bouleversant !