Littérature francophone

Quelques pages remarquables de description de la souffrance quand il évoque les conséquences de sa chute, avec hémorragie cérébrale et double fracture du crâne, plus les effets secondaires des chimios et de la greffe. Mais surtout un espoir fabuleux, soutenu par ses créations permanentes. C'est très beau et très émouvant, jamais larmoyant, toujours positif et reconnaissant envers le personnel hospitalier, son «amoureuse», son père, sa sœur et même les pharmaciennes quand il sort de l'hôpital. Un livre qui fait du bien.
Comment, en trois jours seulement, toute une vie peut être gâchée. Très âpre mais très efficace, ce roman est le récit d’un fait divers et, surtout, d’une expiation par le remords. Quant au suspense, il dure, il dure... jusqu’au bout du bout... Encore une prouesse de Pierre Lemaitre qui bien avant le Goncourt donnait avec ses romans noirs du fil à retordre aux cellules grises de ses lecteurs. Et à leurs nerfs !
Enfants du diable est à la fois un conte humain et cruel et un rappel historique des années noires de la Roumanie de Ceausescu. Loin des sentiers littéraires battus, sur un rythme rapide, l’auteure nous emmène aux confins de l’Europe civilisée, dans un pays sous dictature où les enfants sont une fois encore les principales victimes de la folie d’un homme. Efficace et instructif.
Armel Job nous embarque dans une histoire policière au suspense soutenu, mais qui donne à réfléchir sur des questions sérieuses comme le mal, le pardon, les conséquences de la guerre sur les comportements humains. Et sur un thème récurrent dans son œuvre, les croyances et la religion. Avec l’écriture légère, incisive, pétrie d’humour et de sérieux qui est la sienne. Cette fois, il est au sommet de son art.
Afin d’atténuer la douleur de la perte récente de son père et de garder intact son souvenir, Yassaman Montazami lui rend hommage dans ces pages en retraçant les moments les plus marquants de leur vie entre Paris et Téhéran. Et force est de reconnaître que la personnalité hors normes de ce père vaut bien un roman ! Un livre intelligent, drôle et enlevé, sans tristesse et joliment écrit. Un premier roman très prometteur.
Une intrigue rondement menée, des indices dissimulés un peu partout dans les pages, des personnages à la Chandler et un style façon Audiard, «La fille de mon meilleur ami» a tout du roman noir des années cinquante. Avec, en plus, un fond social plutôt morne et une touche d’humour décalé à la saveur douce-amère.
Un pan de l’histoire ignoré, l’internement des populations nomades en 1940. Paola Pigani s’intéresse à Alba, adolescente et à sa famille, internée au camp des Alliers. Tirée de faits et de personnages réels, cette histoire bouleversante retrace six ans de conditions de vie atroces faites de famine, de maladies, d’humiliations, de morts. Et de ce qui peut arriver de pire à des nomades : la privation de liberté par l’assignation à «résidence». Un livre fort, inattendu, salutaire et poignant. Un livre à lire.
Habile parallèle à deux voix décalées de près de quatre siècles. En 1639, Georges de la Tour réalisant son tableau Saint Sébastien soigné par Irène. En 2014, découvrant ce tableau au Musée des Beaux-Arts de Rouen, une visiteuse se souvient de son histoire d’amour malheureuse. Entre les deux résonne une prose lumineuse, un clair-obscur majestueux.
La renverse montre les conséquences d’un scandale politico-sexuel. Centré sur les enfants des deux adultes incriminés, le livre est difficile à lire par la gravité des «faits» rapportés et leurs effets néfastes et indélébiles sur les enfants même devenus adultes....
Une écriture limpide, pudique et retenue, la quête des origines et l’évocation nostalgique du temps qui passe, dans Chemins Michèle Lesbre aborde une fois encore le manque de son père trop tôt disparu. Un tableau sépia tout en douceur et nostalgie et une belle réflexion sur le temps qui passe et son inexorable érosion.
Un enlèvement à la perceuse, une héroïne coopérative, un général voulant accomplir un dernier fait de gloire, des personnages opportunistes et une intrigue virevoltante, nous sommes dans une aventure mêlant le suspense, l’aventure et le contre-espionnage. Un livre-détente cocasse qui manipule le lecteur, le fait éclater de rire et lui offre un grand plaisir de lecture.
Dans un écrit illuminé et luxuriant, A la table des hommes est tout à la fois un conte philosophique, un roman d’apprentissage, d’initiation à la survie et à la vie, un hymne à la nature. Alliant fantastique et réalité, profane et sacré, l’histoire riche, dense et pleine d’enseignements est celle, revisitée, de L’Enfant sauvage, avec un regard sévère sur la violence prédatrice et aveugle de l’homme. Un livre très fort, incontournable et un éblouissement permanent.
Avec sa générosité naturelle et ses mots justes et beaux, Jean-Luc Seigle rend hommage à une icône de la littérature américaine de l’entre-deux-guerres, Dorothy Parker. Et nous donne forcément envie de lire ses livres.
Une histoire simple et terrible racontée en des mots terriblement beaux. L’amour à chaque coin de page et une sensation d’infinie beauté une fois le livre refermé. Marthe et Léonce ne sont pas près de nous quitter, et nous de les oublier. Un premier roman magique. Ce livre est une météorite. Il est impossible de ne pas le lire si l’on aime les belles lettres. A lire, à relire, à prêter, à offrir, à partager !
Armel Job nous raconte une histoire à rebondissements multiples et à l'issue incertaine, dans laquelle les femmes occupent le premier plan : les femmes musulmanes, turques en l’occurrence, et leur place, ou plutôt l'absence de place et de droits, dans leur communauté. Sujet très sensible, très actuel, traité sur un ton léger et soutenu, avec beaucoup d’humour et sans aucun jugement. Se lit de bout en bout avec un très grand plaisir.
Dix-sept ans devrait être étudié dans les écoles. Cela ferait prendre conscience aux ados, aux parents et aux éducateurs de ce qu'il en est vraiment de l'avortement, de sa nécessité dans certains cas. Quel que soit le milieu social. A lire aussi parce que l’avortement est rarement abordé en littérature.
Roman social d’une grande intensité et saga familiale racontée sous forme de deux monologues, celui d’un père mort dans un accident du travail et celui de son fils peinant à se construire, Après le silence se déroule dans la France ouvrière des années 70 et évoque la solidarité, la fierté ouvrières et les combats syndicaux. Un premier roman très prometteur.
Ecrit comme un roman, De regrettables incidents est conçu comme une pièce de théâtre du début à la fin. L’histoire, à la fois drôle et dramatique, s’apparente au polar, au triller, au roman social, au conte même. A la tragi-comédie théâtrale. Une bien belle écriture et des personnages attachants.
Sur le mode de l’investigation, Christophe Boltanski nous livre l’histoire d’une famille hors normes, la sienne, sur trois générations. D’une construction habile, inédite et sans faille, La cache bénéficie aussi d’une écriture impeccable qui manie aussi bien l’humour que l’objectivité.
Avec sa belle écriture, Jean-Christophe Rufin nous entraîne à ses côtés sur le long chemin de Compostelle et répond avec justesse, humour et autodérision à toutes les questions que l’on est (ou que l’on a été) amené à se poser un jour sur cette énigmatique randonnée pédestre à caractère (supposément) religieux.
Roman social très contemporain, drôle et mordant, La Brigade du rire nous offre un panorama social très juste et nous donne à réfléchir sur ce qui pourrait nous attendre si les Etats de tous bords ne se retroussent pas les manches pour enfin instaurer l’égalité et non pas faire la charité.
Un premier roman à l'américaine brillant, mais d'une violence trop insoutenable pour moi ! Construit comme un puzzle littéraire addictif, ce thriller absolu explore l'incarnation du mal à travers des destins croisés entre la France et les États-Unis. Si la maestria de l'écriture place d'emblée Jérémy Fel dans la cour des grands, l'hyper-violence de ses personnages m'a poussée à déclarer forfait à la page 139. Avis aux amateurs de sensations fortes !
Thriller psychologique abouti, D’après une histoire vraie est aussi un livre sur l’emprise mentale, un questionnement sur la difficulté d’écrire alors même que l’on a connu un énorme succès et sur le choix de son sujet par l’écrivain. A moins que Delphine ne se soit jouée de nous… Une écriture belle et fluide et un succès garanti.