Littérature francophone

a guerre vue par les yeux et l’âme d’un enfant de dix ans qui ne veut pas grandir mais que le conflit ethnique transforme malgré lui en homme. Une écriture sensible, tendre et candide pour une histoire qui oscille entre l’imaginaire de l’enfance et la réalité de la guerre. Avec en sus une certaine rudesse lorsque la gravité l’emporte, et la rencontre avec une Afrique remplie d’odeurs, de couleurs et de saveurs. Un premier roman ? Oui ! Et une immense réussite avec en prime un hommage aux livres "refuges".
Dans une prose poétique écrite avec des mots de tous les jours, Marie-Sabine Roger nous propose une histoire sans violence excessive, intéressante pour la description du travail de création et ses atermoiements, aux personnages attachants et même didactiques. Un livre chaleureux, idéal pour les amoureux de la BD. Et qui, rempli de "vrais" bons sentiments, nous fait un bien fou ! Lire Marie-Sabine Roger, c'est le plaisir de lecture garanti, toujours et sans facture.
Fresque historique sur l’Iran d’hier et d’aujourd’hui, saga familiale, roman d’amour et d’apprentissage... L’auteure tire habilement tous ces fils jusqu’au bout et le récit va crescendo dans le rythme et dans le suspense. Passionnant, foisonnant, drôle, émouvant et écrit dans un français parfaitement maîtrisé, Désorientale est un (premier !) roman qui frappe fort et que le lecteur n’est pas prêt d’oublier. Un sacré coup de cœur pour cette lecture indispensable.
Avec son empathie naturelle et sa plume majestueuse, Valentine Goby retrace dix ans de la vie de Mathilde et de sa famille, dont les parents sont atteints de tuberculose. Un livre sombre au sujet tabou mais où l’amour est omniprésent grâce à Mathilde qui nous entraîne vers la lumière, sa lumière. L’émotion nous submerge à chaque page et le documentaire est de qualité. Un livre nécessaire.
Sur fond de crise agricole, de critique du monde du travail et de la finance, une belle étude psychologique, une intrigue dont la tension va crescendo et une histoire d’amour totalement improbable entre deux êtres que tout oppose.
1981. Mitterrand au pouvoir. Et, pour Magyd Cherfi, l’obtention de son baccalauréat. Une première pour un jeune Arabe des quartiers nord de Toulouse. L’occasion de revenir sur son enfance et son adolescence dans un récit drôle, lucide, intelligent et sans aucune concession. Ni pour les Gaulois ni pour les Arabes... Utile, très utile, plus encore aujourd’hui que dans les années 80.
Inclassable. Saisissant. Littéraire. Hypnotique. Un premier roman écrit comme un conte, tout en puissance et en promesses. Vite, un deuxième !
D’une logique et d’une clarté redoutables, ce livre est surtout d’une grande efficacité . Fustigeant la bêtise et le fanatisme, il nous incite à retirer nos œillères et à réfléchir sur l’une des origines de nos maux d’aujourd’hui, peut-être (ou sûrement) déjà présents dans « notre »Histoire, celle que nous avons écrite avec « nos » mots... Un livre à faire lire à tous les jeunes à partir de treize ans ! Et aux autres... car il est utile, indispensable même.
Par petites touches poétiques, George Bonnet nous raconte l’histoire douce-amère d’une rencontre amoureuse inattendue. Une grande nostalgie et une belle émotion se dégagent du livre que l’on repose doucement en souriant un peu tristement. C'est juste simple, et beau.
Suspense inattendu, rythme soutenu, humour grinçant, vengeance et final surprenant, un livre court mais dense, très agréable à lire en ces jours de canicule, un verre d’eau gazeuse à portée de main...
Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L’Express, dans sa Préface : « C’est à la fois un pan d’Histoire qui défile sous nos yeux et un formidable feuilleton littéraire. C’est surtout l’épopée de trois êtres humains déchirés entre leur génie, leurs ambitions et leurs amours. Cette confrontation Sand-Hugo-Balzac est inédite à la scène et méritait une telle attention ».
Pédophilie, corruption au plus haut de l’état et de la bourgeoisie, prostitutions et ballets roses… Le sujet de cette troisième enquête du commissaire brugeois est noir, très noir. Mais Van In et sa garde rapprochée ne se laissent ni impressionner ni corrompre par les notables de Bruges. Un livre osé, efficace et agréable à lire en dépit de sa noirceur.
Dans une centaine de pages très bien écrites, Michel Quint rend hommage à une librairie. Et plus encore aux libraires qui s’y sont succédé. Au point d’en faire des acteurs importants de la lutte contre la pensée unique ou, pire, l’absence de pensée. En même temps, un éclaircissement historique sur un pan méconnu de la guerre d’Algérie. Un roman trop court mais très dense. Une superbe et juste phrase : "Les livres, c’est comme les chats, on habite chez eux, pas l’inverse". Les amoureux des chats et des livres apprécieront.
Ecriture fluide, suspense soutenu grâce à des chapitres courts et des indices habilement semés dans les pages, réflexions profondes et lucides sur des sujets sérieux : religion(s), relations humaines en temps de guerre, on est dans un roman d’Armel Job. Et on en redemande. Et en un mot : inlâchable !
Thierry Jonquet, Fred Vargas, Pierre Lemaître, Didier Daeninckx, Gérard Mordillat même... les pointures du roman noir français... Il y a un peu d’eux tous dans Les salauds devront payer. Mais bien plus encore : il y a Emmanuel Grand. Un roman noir social bien sous tous rapports avec un final haletant jamais vu. Du grand art. Et une rare efficacité. A lire absolument cet été.
Un policier écrit avec humour et légèreté : Le carré de la vengeance joue la carte de l’enquête pure qui aboutit à de sombres secrets de famille. Un suspense original, malin et bien ficelé, avec des personnages attachants aux manettes de l’investigation. Et Bruges comme si on y était... Premier essai transformé et belle première découverte. Bien écrit, plein d’humour et prenant, voici une lecture idéale pour les vacances (puisqu’il paraît qu’il y a des livres «Spécial vacances»).
A la fin de la Première Guerre mondiale et après, dans une famille bourgeoise de province, la maladie incurable d’un enfant ravage les cœurs et balaie conventions, non-dits et petites mesquineries familiales.
Une histoire triste et dure racontée sur un ton léger et fantaisiste. Le thème de la folie et celui de la mort revisités dans un conte moderne où le rire et la joie le disputent à la tristesse et aux larmes. Premier roman original et prometteur.
Sur fond de corruption politico-policière au Chili, aujourd’hui, une course-poursuite impitoyable et une belle histoire d’amour. Un polar exotique grandiose, noir et lumineux à la fois. Double cerise sur le gâteau : une sacrée leçon d’histoire – L’Amérique latine dans toute la violence de ses dictateurs – et une réflexion sur l’écologie. Attention, addiction immédiate et coup de cœur garanti !
Par le biais de la grossesse non désirée d’une femme de chambre, le tableau assez sombre d’une bourgeoisie cossue pétrie de convenances et d’interdits. Et un beau portrait de femmes à travers une histoire d’amour(s) inattendue racontée avec une plume mêlant la pudeur et la sensibilité exacerbée. Amours est ici synonyme de libérations.
Drôle, sérieux, tendre, ce n’est pas en deux, mais en trois mots que l’on pourrait qualifier ce roman dont l’histoire peut sembler familière à chacun de nous. Derrière la drôlerie, voire la truculence, c’est le sérieux qui l’emporte car il est question de mort, un peu, de solitude, un peu, de vieillesse, beaucoup... Et là, c’est déjà moins drôle...
Une histoire sombre et triste, racontée avec une plume aussi aride et aussi belle que la nature et les cœurs qu’elle dépeint. Un thriller rural étonnant et poignant qui met en scène des personnages secrets, farouches et terriblement malheureux. Et, paradoxalement, une très grande humanité.
Ecrit comme un thriller haletant, La déposition est le dernier rebond et l’épilogue judiciaire de l’affaire Agnelet, qui a défrayé la chronique pendant des décennies. Mais c’est d’abord et avant tout une saga familiale. Celle d’une famille brisée par la révélation d’un lourd secret. La vérité n’est pas seulement libératoire. Très bien écrit et passionnant de bout en bout.