Auteurs

Un enterrement n’est pas forcément triste, quand bien même le mort n’est plus là et manque déjà à celles et ceux qui l’aimaient. Celui de Serge remet les pendules à l’heure pour la famille et les amis présents. Entre règlements de comptes et regrets éternels, entre amour et amitié véritables, les sentiments se disent. Fidèle à lui-même, Stéphane Carlier nous offre une nouvelle friandise à savourer d’une traite entre deux romans lourds.
Dans une Italie meurtrie par Mussolini, “Les jours de Verre” est d’abord un drame relaté par deux voix féminines dont les destins finissent par se croiser. Puissant et traversé d’un souffle romanesque ininterrompu, d’un réalisme rare, il nous empoigne pour nous jeter aux côtés de ses personnages et devient addictif au point d’être inlâchable, inoubliable. Sous forme de tragédie familiale et historique, “Les jours de Verre” est avant tout un hymne à la vie contre la mort et à l'espoir envers et contre tout, qui ne laissera personne indemne. Un livre extraordinaire qui relate des faits devenus ordinaires, un livre qui nous mérite et se mérite.
Premier épisode d’une série de onze enquêtes menées par un duo d'inspecteurs choc, “Miséricorde” rencontre un succès mondial immédiat à sa sortie et se voit couronné par des prix littéraires prestigieux. Le livre oscille entre le polar d’investigation, le thriller et la satire sociale, que du bon pour qui aime le noir. Lira bien qui lira le dernier… Ouf, il m’en reste dix.
Enfin ! Le commissaire Adamsberg et son invraisemblable équipe réunis dans leur onzième enquête. Perspicacité, réflexion nuageuse, humour et poésie gouailleuse sont toujours au menu de cet univers bien particulier. Et l'arrestation finale, bien amenée. Une véritable délectation. Dommage qu’il faille attendre longtemps jusqu’au prochain opus.
L’histoire de l’Ukraine stalinienne de 1930 à 1953. Vingt-trois ans d’une intensité folle dans un pays qui va de guerre en guerre et de dictature en dictature. La constante : des services secrets efficaces pour une répression faite de haine et de violence omniprésentes. Et une jeune femme, juive ukrainienne qui tente de survivre et de sauver sa famille.
Il s’appelle Croquette. C’est un chien, un carlin un peu gros, à l’air plutôt bougon. Il a douze ans et il porte bonheur. Ça tombe bien, Baptiste en a besoin car sa vie ne vaut plus grand chose à ses yeux. Un court roman mélancolique et léger (mais pas que) à l’humour loufoque et au constat social lucide et désopilant. Un “feel good” je ne sais pas, un livre qu’il fait bon lire, oui.
Quand un drame de la jalousie atteint son paroxysme, il peut conduire à la folie tueuse, au familicide. Dans tous les milieux sociaux sans aucune exception. Une lecture forte et éprouvante, surtout pour les femmes. Mais une lecture nécessaire que l’on voudrait suffisante. Las...
L’amour fou entre Vanda, une mère en marge de la vie et Noé, son fils de six ans, accroché à elle comme un “Bulot”. Et un plaidoyer pour les femmes et les enfants qui vivent aujourd’hui en grande difficulté. Bouleversant.
Deux temporalités espacées de deux ans, deux lieux différents, deux enquêtes, deux enquêteurs qui ne se sont pas vus depuis deux ans… Tout cela est-il censé concorder ? Et si oui, où ? Quand ? Comment ? Le plaisir de lecture est assuré, que l’on ait lu ou non le précédent Les Malvenus, et la jeune autrice confirme avec celui-ci son talent romanesque. 
Une terrible et longue guerre vue à hauteur de chien et racontée par une journaliste reporter de guerre, Stéphanie Perez. De quoi vérifier que la guerre, mal absolu, “oublie” toujours d’anéantir quelque chose de bien. Ici l’amour, la solidarité, la bonté des chiens. La barbarie côtoie la loyauté. La guerre, la guerre, la guerre versus l’amour, l’amour, l’amour…”.
Après Les Saules, un premier roman fracassant de tristesse et de pureté (lauréat de plusieurs prix littéraires dont le Louis Guilloux), Mathilde Beaussault enfonce le clou un an après avec La colline, roman choral tout aussi noir et viscéral. Beau à pleurer.
Avec l’écriture élégante et imagée qui la caractérise, Gaëlle Nohant conjugue des notions et des sentiments pas forcément liés : l’amour, la liberté de penser et de déserter, les relations parents-enfants et l’art pictural ; sur fond de guerre de 14-18. Un beau et émouvant roman.
Elle est une chamane viking, il est professeur d’archéologie. Mille deux cents ans les séparent. Et cette belle différence d’âge ne les empêche pas de “s’aimer” et de se comprendre car l’amour n’a pas d’âge. Un roman fort qui brille par son originalité. Et un grand roman d’amour.
Le burn-out vécu et considéré des deux côtés : la patiente et sa soignante. Un double témoignage utile, juste, nécessaire mais certainement pas suffisant. A moins que les gouvernants que nous avons élus s’y attellent dès maintenant. A lire, à offrir, à picorer en toutes circonstances, à laisser sur sa table de chevet…
Dans un petit hameau breton, l’innocence d’une enfant mutique face à la rudesse de certains adultes et à la perversité d’un assassin. Un premier roman féministe à la plume délicate et poétique, à l’histoire triste et au personnage principal bouleversant. La grâce de l’écriture et la brutalité du sujet en font un roman poignant.
Un premier roman qui, après avoir rencontré un grand succès aux Etats-Unis, semble conquérir le cœur de la France qui lit. Son format épistolaire est un atout majeur à l’heure où les échanges ne sont quasiment plus que numériques… Une vraie réussite et un premier roman prometteur.
Avec le doigté et l’altruisme qu’on lui connaît, Delphine de Vigan dessine le portrait, virtuel mais réaliste de Romane. A partir des données stockées par son smartphone, Thomasl reconstitue son vécu intime, sa force et ses faiblesses, sa solitude. Tout en humour et nostalgie, une remise en cause argumentée du téléphone portable et des réseaux sociaux. Et une ode à l’amitié, à l’amour et à la vérité. La vraie, celle qui n'existe pas..
Dans un contexte historique lourd, les méfaits de la colonisation et de l’évangélisation forcée vécus au jour le jour par une famille américaine. Ce roman riche, courageux et tragique, aussi puissant que bouleversant et écrit avec un talent fou, raconte une page importante de l’histoire du Congo et l’échec absolu de la mission. Une fresque familiale et historique humaniste avant tout, inoubliable ; un chef-d'œuvre, un vrai qui donne à réfléchir sur des sujets toujours actuels : la religion et ses dérives, l’amour, la corruption, la culpabilité, la rédemption, la révolte, la résilience et… l’injustice des hommes. Entre autres.
Écrit comme un conte cruel, un récit d’épouvante, Baignades n’épargne rien ni personne car le mal ne surgit pas forcément d’où et de qui on pourrait l’attendre. Un livre à la plume intense qui se lit en apnée du début à la fin et nous met en face d’une anatomie de toutes les violences. Une fiction, ouf !
Avec des personnages aussi singuliers que leur histoire et l’enquête menée par le duo improbable de l'inspecteur Matthias Lavau et son assistante Esther, les secrets du passé font des ravages en éclatant à la lumière du présent. Un polar historique original rempli de surprises et de rebondissements.
Tant de belles circonvolutions, de références littéraires, musicales et picturales pour décrire une réalité professionnelle si dure, il fallait être un homme généreux, courageux, solidaire pour le dire et l’écrire. Et surtout amoureux. Un immense poème social à la non gloire de l’esclavage moderne.
Des personnages forts, un rythme trépidant ou pictural, de l’action pure entremêlée à la réflexion et une histoire d’un grand intérêt font de ce premier roman une belle réussite romanesque et de son jeune auteur une voix nouvelle incontournable de la littérature britannique.
Une histoire d’espoir qui fait du bien. Un livre à lire pour reprendre confiance en la vie !
La maison vide est un véritable chef-d’œuvre et fait de Laurent Mauvignier, au sommet de son art, un auteur classique “après la lettre”. Sorte d’enquête familiale au long cours, ce livre est impossible à lâcher et le lecteur redoute de terminer sa lecture.