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Sous couvert de légèreté dans le style et l’histoire, Maria Ernestam aborde des sujets sérieux. Ici, la guerre entre voisins et l’influence des animaux domestiques sur les relations humaines. L’ensemble est agréable à lire bien qu’un peu léger. Entre deux gros pavés et avec une couverture pareille, c'est tentant et à tenter. A recommander à ceux qui ne connaissent pas bien le chat avec lequel ils vivent...
Une histoire sombre et triste, racontée avec une plume aussi aride et aussi belle que la nature et les cœurs qu’elle dépeint. Un thriller rural étonnant et poignant qui met en scène des personnages secrets, farouches et terriblement malheureux. Et, paradoxalement, une très grande humanité.
Ecrit comme un thriller haletant, La déposition est le dernier rebond et l’épilogue judiciaire de l’affaire Agnelet, qui a défrayé la chronique pendant des décennies. Mais c’est d’abord et avant tout une saga familiale. Celle d’une famille brisée par la révélation d’un lourd secret. La vérité n’est pas seulement libératoire. Très bien écrit et passionnant de bout en bout.
A l’aube des années 80 en Californie, un portrait juste et tendre de l’adolescence féminine sur fond de traque policière d’un étrangleur en série. Parfaitement à l’aise dans les deux registres, Joyce Maynard réussit à nous attendrir, à nous faire sourire et frémir en même temps. Original, émouvant et captivant.
Premier roman d’une puissance absolue. «La Grande guerre» montrée comme jamais dans ce qu’elle a de plus petit, de plus bas, de plus horrible. Et une réflexion sur ce qu’elle nous montre de nous, notre humanité et ce qu’il peut en rester après son passage. Mais aussi l’exaltation de la nature et de la terre, de l’amitié et de l’amour «filial». On en ressort choqué et murmurant «Plus jamais ça». Et pourtant... Un grand moment humain, historique et littéraire.
Quelques pages remarquables de description de la souffrance quand il évoque les conséquences de sa chute, avec hémorragie cérébrale et double fracture du crâne, plus les effets secondaires des chimios et de la greffe. Mais surtout un espoir fabuleux, soutenu par ses créations permanentes. C'est très beau et très émouvant, jamais larmoyant, toujours positif et reconnaissant envers le personnel hospitalier, son «amoureuse», son père, sa sœur et même les pharmaciennes quand il sort de l'hôpital. Un livre qui fait du bien.
Des sentiments et des liens familiaux très forts, un drame humain, des hommes (et des femmes) avec leurs forces et leurs faiblesses, une nature glorifiée et des Indiens aimés et respectés, Légendes d’automne (la nouvelle) est une sorte de saga miniature retraçant le destin d’une famille de 1914 aux années 80. Une histoire forte, bouleversante avec, en prime, un petit goût de western actuel.
Qu’y a-t-il de pire pour une mère que la mort d’un enfant ? Que cet enfant se tue ? Qu’il se tue en tuant des victimes ? Et quand cela arrive, peut-elle toujours l’aimer ? Doit-elle se sentir coupable, responsable ou complice involontaire de ce qu’il a fait ? Aurait-elle pu voir venir le drame ? Ces terribles questions, une femme est obligée de se les poser et d’essayer d’y répondre. Elle le fait en toute franchise et en toute violence. Ce livre est une véritable claque, un coup de poing dans le cœur. Un tout petit livre immense.
Comment, en trois jours seulement, toute une vie peut être gâchée. Très âpre mais très efficace, ce roman est le récit d’un fait divers et, surtout, d’une expiation par le remords. Quant au suspense, il dure, il dure... jusqu’au bout du bout... Encore une prouesse de Pierre Lemaitre qui bien avant le Goncourt donnait avec ses romans noirs du fil à retordre aux cellules grises de ses lecteurs. Et à leurs nerfs !
Enfants du diable est à la fois un conte humain et cruel et un rappel historique des années noires de la Roumanie de Ceausescu. Loin des sentiers littéraires battus, sur un rythme rapide, l’auteure nous emmène aux confins de l’Europe civilisée, dans un pays sous dictature où les enfants sont une fois encore les principales victimes de la folie d’un homme. Efficace et instructif.
Eloge vibrant de l’auteur pour son grand-père, homme digne et bon avant, pendant et après la guerre de 14-18. Une vie qui couvre tout le siècle dernier. Loin des livres d’histoire, avec une plume classique, picturale et très littéraire, Guerre et térébenthine donne à réfléchir tout en dépaysant le lecteur même si le chemin est très sombre. Une belle leçon d’Histoire et d’Humanisme.
Ecrite sous la forme d’un long monologue, La Lettre à Helga est la confession d’un homme qui fera le pire choix de sa vie en se privant à jamais de l’amour de la femme qu’il aime et qui l’aime. Un hymne à la nature sauvage de la terre islandaise et à ses traditions. Mais surtout l’histoire de deux vies gâchées.
A la manière du chœur antique dans une tragédie grecque, Julie Otsuka convoque en portrait groupé les milliers de femmes japonaises émigrées aux Etats-Unis au début du XXè siècle, croyant y trouver amour, bonheur et réussite. Et ne trouvant que malheur, brimades et désillusion. Un volet pas très glorieux et tabou de l’histoire américaine et une belle réhabilitation de ces femmes.
Armel Job nous embarque dans une histoire policière au suspense soutenu, mais qui donne à réfléchir sur des questions sérieuses comme le mal, le pardon, les conséquences de la guerre sur les comportements humains. Et sur un thème récurrent dans son œuvre, les croyances et la religion. Avec l’écriture légère, incisive, pétrie d’humour et de sérieux qui est la sienne. Cette fois, il est au sommet de son art.
Afin d’atténuer la douleur de la perte récente de son père et de garder intact son souvenir, Yassaman Montazami lui rend hommage dans ces pages en retraçant les moments les plus marquants de leur vie entre Paris et Téhéran. Et force est de reconnaître que la personnalité hors normes de ce père vaut bien un roman ! Un livre intelligent, drôle et enlevé, sans tristesse et joliment écrit. Un premier roman très prometteur.
Une intrigue rondement menée, des indices dissimulés un peu partout dans les pages, des personnages à la Chandler et un style façon Audiard, «La fille de mon meilleur ami» a tout du roman noir des années cinquante. Avec, en plus, un fond social plutôt morne et une touche d’humour décalé à la saveur douce-amère.
Un pan de l’histoire ignoré, l’internement des populations nomades en 1940. Paola Pigani s’intéresse à Alba, adolescente et à sa famille, internée au camp des Alliers. Tirée de faits et de personnages réels, cette histoire bouleversante retrace six ans de conditions de vie atroces faites de famine, de maladies, d’humiliations, de morts. Et de ce qui peut arriver de pire à des nomades : la privation de liberté par l’assignation à «résidence». Un livre fort, inattendu, salutaire et poignant. Un livre à lire.
Habile parallèle à deux voix décalées de près de quatre siècles. En 1639, Georges de la Tour réalisant son tableau Saint Sébastien soigné par Irène. En 2014, découvrant ce tableau au Musée des Beaux-Arts de Rouen, une visiteuse se souvient de son histoire d’amour malheureuse. Entre les deux résonne une prose lumineuse, un clair-obscur majestueux.
La renverse montre les conséquences d’un scandale politico-sexuel. Centré sur les enfants des deux adultes incriminés, le livre est difficile à lire par la gravité des «faits» rapportés et leurs effets néfastes et indélébiles sur les enfants même devenus adultes....
Une écriture limpide, pudique et retenue, la quête des origines et l’évocation nostalgique du temps qui passe, dans Chemins Michèle Lesbre aborde une fois encore le manque de son père trop tôt disparu. Un tableau sépia tout en douceur et nostalgie et une belle réflexion sur le temps qui passe et son inexorable érosion.
Un enlèvement à la perceuse, une héroïne coopérative, un général voulant accomplir un dernier fait de gloire, des personnages opportunistes et une intrigue virevoltante, nous sommes dans une aventure mêlant le suspense, l’aventure et le contre-espionnage. Un livre-détente cocasse qui manipule le lecteur, le fait éclater de rire et lui offre un grand plaisir de lecture.
Dans un écrit illuminé et luxuriant, A la table des hommes est tout à la fois un conte philosophique, un roman d’apprentissage, d’initiation à la survie et à la vie, un hymne à la nature. Alliant fantastique et réalité, profane et sacré, l’histoire riche, dense et pleine d’enseignements est celle, revisitée, de L’Enfant sauvage, avec un regard sévère sur la violence prédatrice et aveugle de l’homme. Un livre très fort, incontournable et un éblouissement permanent.
Avec sa générosité naturelle et ses mots justes et beaux, Jean-Luc Seigle rend hommage à une icône de la littérature américaine de l’entre-deux-guerres, Dorothy Parker. Et nous donne forcément envie de lire ses livres.
Faut-il, en contrevenant à la loi fédérale, prendre le risque de détourner une rivière sauvage pour récupérer le corps d’une fillette coincé sous un rocher ? Ou non. Riverains, élus, parents, médias et investisseurs ont leur mot à dire…