Coups de cœur

 

Les coups de cœur. Qu’ils s’appellent Coups de cœur, Coups au cœur, Coups dans le cœur, Petit ou Grand Coup de cœur, ils ont tous un point commun : le cœur, en l’occurrence celui des blogueurs et celui des lecteurs potentiels… Au menu alors : de l’émotion, de l’admiration, du rire, des larmes… Et une plume.

Un monument de littérature. Le summum. Le rêve américain mis à mal dans son intégralité. Jubilatoire et véritable prouesse romanesque. Un « livre-monde » selon Cunégonde.
Adeline Dieudonné nous plonge dans un roman noir qui raconte l'histoire d'une violence familiale à travers le regard d'une fillette surdouée de dix ans. Dans un huis clos familial, l’héroïne s’acharne à survivre pour échapper à un univers de maltraitance et de cruauté bestiales et redonner le sourire à son petit frère Gilles, traumatisé lors d’un accident tragique.
Sorti en mai 2016 chez Albin Michel, Collection Terres d’Amérique. (Premier) roman. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty. Titre original : The Marauders. 402 pages.
Une grande et longue histoire d’amour entre deux hommes, en des temps et des lieux difficiles, et un plaidoyer contre la guerre, contre toutes les guerres. Sur un écrit à la fois simple, intime, poétique et d’une grande densité, l’auteur laisse percer l’espoir envers et contre tout. L’amour plus fort que la guerre ? C’est peut-être le message de ce roman épique bouleversant et magistral.
Sorti en mars 2016 chez Albin Michel, Collection Terres d’Amérique. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par France Camus-Pichon. 440 pages. (Premier) roman.
Saratoga : une demeure grandiose qu’il faut sauver à tout prix. Des propriétaires ruinés prêts à tout pour ce faire, y compris à marier leur fille unique à un milliardaire désœuvré. Roman sur la décadence écrit dans un style lyrique, Après l’incendie est avant tout une histoire d’amour cruelle aux accents de tragédie antique, non dénuée de suspense, dans la lignée des précédents romans de l’auteur. Plus fort encore peut-être.
Sorti en 2013 chez Albin Michel. Puis en 2015 au Livre de Poche. 630 pages. Polar dépaysant. Prix SNCF du Polar 2014, Prix Quais du Polar 2014, Grand Prix des lectrices Elle Policier.
Sorti en avril 2018 chez Albin Michel, Collection Terres d’Amérique. Traduit de l’américain par Olivier Colette. 342 pages. (Premier) roman.
Sorti en janvier 2018 chez Gallimard, Collection Du monde entier. 546 pages. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Roman (fresque romanesque, suite et fin).
Sorti en janvier 2018 chez Albin Michel. 544 pages. Roman, suite d’Au-revoir là-haut, fidèlement adapté au cinéma (sauf la toute fin puisqu'Edouard se réconcilie avec son père dans le film) l’an passé avec Albert Dupontel, absolument génial, dans le rôle principal.
Un grand coup de cœur pour un roman émotionnellement très fort, que Jean-Luc Seigle aurait pu écrire à la première personne tant il a su se glisser dans la peau de son héroïne avec brio. Un roman féministe, social et humaniste. Merci.
Avec son écriture sobre, sensible, éloquente mais presque sans emphase pour parler des faits et une grande pudeur pour dire tous les sentiments, Brigitte Giraud aborde, d’un point de vue peu banal en littérature, un sujet grave, difficile encore : la guerre d’Algérie vue et vécue par les conscrits et les traces qu’elle a laissées dans leur esprit. Avec la mort qui rôde et menace partout et, en face, un enfant à naître.
Sorti en janvier 2017 chez Gallimard, Collection Du monde entier. 480 pages. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Roman (saga romanesque).
Ecrit d’une plume exaltante, Un seul parmi les vivants est un premier roman extrêmement prometteur, tout comme son jeune auteur, qui réussit à nous chagriner, nous faire sourire et nous faire réfléchir tout à la fois. Tout en admirant des ciels ardents. Une histoire triste et belle comme on les aime et un premier roman coup de cœur.
Sur un fond historique moyenâgeux très documenté et largement présent, Aline Kiner raconte avec délicatesse et compassion le moment le plus difficile de la vie d’une communauté parisienne de béguines et la fin de sa liberté : le Concile de Vienne et les années qui l’ont précédé. Un livre d’une grande érudition, écrit d’une plume majestueuse et qui, en abordant ce pan peu connu du Moyen-Age, nous permet de réaliser que ces femmes, les béguines, étaient non seulement des personnes d’une grande spiritualité, altruistes et solidaires, mais aussi les ancêtres des féministes.
EN DEUX MOTS: Une famille déjantée, une île paradisiaque et des animaux en veux-tu-en-voilà. Des situations comiques, cocasses, et une écriture jouissive et érudite à la fois. Que vous ayez – ou non – l’âme en peine, courez acheter ce premier tome de La Trilogie de Corfou. Fous rires à toutes les pages. Un vrai tableau littéraire du Douanier Rousseau littéraire. Une lecture qui fait vraiment du bien !
Une fois encore, Armel Job nous livre un roman à suspense efficace, parsemé de réflexions sociologiques d’une grande justesse. L’art et la manière de disséquer les pensées les plus noires et d’entretenir le suspense jusqu’au bout. Dans un style vraiment abouti, non dénué d’humour noir en dépit de la gravité du sujet.
Une histoire bouleversante d’humanité, d’une écriture majestueuse de sobriété et de justesse. Poignant. Pour moi un véritable chef-d’œuvre hors compétition pour tous les prix littéraires.
Une écriture de haut vol, une intrigue menée de main de maître et des personnages bien croqués : pas l’ombre d’un doute, c’est du grand Fred Vargas et on en redemande !
omment continuer de vivre quand on a commis, même par accident, l’irréparable ? Comment payer sa dette à la société ? Et peut-on se racheter aux yeux des habitants d’une petite ville ? L’amour est-il plus fort que tout comme le dit la vie, peut-il favoriser l’expiation ? La réponse est dans ces pages d’une beauté stupéfiante où la violence, très présente, n’est pas toujours gratuite. Une vraie découverte que ce livre aussi beau dans la forme que dans le fond.
A la fois récit historique de haut niveau sur la Lybie et récit autobiographique, La terre qui les sépare est un livre à multiples facettes. L’auteur y raconte sa longue quête pour retrouver son père mort ou vivant, et celle de la vérité avec, au bout, la possibilité de se construire malgré l’absence de l’un des piliers familiaux. Obsédant, sobre et passionnant, le livre se lit avec une grande compassion pour le peuple libyen et un intérêt fébrile pour l’enquête.
Un mélange de poésie sauvage et de violence inouïe. Un livre terriblement actuel et déchirant. À pleurer de rage depuis premières lignes belles, dures et chargées de menaces et de tragédie..
A quoi peut bien conduire le viol de sa mère et tout ce qui en découle quand on a treize ans et qu’on vit dans une réserve ojibwé ? A une soif de justice à tout prix. Mais aussi et surtout à la perte définitive de l’innocence. Encore un très grand roman de Louise Erdrich, juste, sobre et engagé pour un peuple opprimé depuis plusieurs siècles.