Coups de cœur

 

Les coups de cœur. Qu’ils s’appellent Coups de cœur, Coups au cœur, Coups dans le cœur, Petit ou Grand Coup de cœur, ils ont tous un point commun : le cœur, en l’occurrence celui des blogueurs et celui des lecteurs potentiels… Au menu alors : de l’émotion, de l’admiration, du rire, des larmes… Et une plume.

Thierry Jonquet, Fred Vargas, Pierre Lemaître, Didier Daeninckx, Gérard Mordillat même... les pointures du roman noir français... Il y a un peu d’eux tous dans Les salauds devront payer. Mais bien plus encore : il y a Emmanuel Grand. Un roman noir social bien sous tous rapports avec un final haletant jamais vu. Du grand art. Et une rare efficacité. A lire absolument cet été.
Sur fond de nature grandiose et de mégapole, deux voix racontent aujourd’hui l’histoire violente, sombre et belle d’une famille d’Indiens Crees en proie aux tourments de la drogue, de l’alcool et du racisme de l’homme blanc, toujours d'actualité. Sans pour autant baisser les bras. Véritable leçon d’amour et de non renoncement, Les saisons de la solitude porte toute la sagesse et le bon sens des Indiens d’Amérique. Sans idéalisme primaire.
A la fin de la Première Guerre mondiale et après, dans une famille bourgeoise de province, la maladie incurable d’un enfant ravage les cœurs et balaie conventions, non-dits et petites mesquineries familiales.
Difficile quand on a dix ans de conserver son innocence, de trouver sa place et de comprendre le monde adulte. Tout l’intérêt de Un bon garçon est justement ce garçon «différent», bouleversant, Mickey Donnelly. Et le regard tout à la fois décalé et juste qu’il porte sur son pays livré à un conflit religieux et aux problèmes sociaux.
Sur fond de corruption politico-policière au Chili, aujourd’hui, une course-poursuite impitoyable et une belle histoire d’amour. Un polar exotique grandiose, noir et lumineux à la fois. Double cerise sur le gâteau : une sacrée leçon d’histoire – L’Amérique latine dans toute la violence de ses dictateurs – et une réflexion sur l’écologie. Attention, addiction immédiate et coup de cœur garanti !
Premier roman d’une puissance absolue. «La Grande guerre» montrée comme jamais dans ce qu’elle a de plus petit, de plus bas, de plus horrible. Et une réflexion sur ce qu’elle nous montre de nous, notre humanité et ce qu’il peut en rester après son passage. Mais aussi l’exaltation de la nature et de la terre, de l’amitié et de l’amour «filial». On en ressort choqué et murmurant «Plus jamais ça». Et pourtant... Un grand moment humain, historique et littéraire.
Des sentiments et des liens familiaux très forts, un drame humain, des hommes (et des femmes) avec leurs forces et leurs faiblesses, une nature glorifiée et des Indiens aimés et respectés, Légendes d’automne (la nouvelle) est une sorte de saga miniature retraçant le destin d’une famille de 1914 aux années 80. Une histoire forte, bouleversante avec, en prime, un petit goût de western actuel.
Qu’y a-t-il de pire pour une mère que la mort d’un enfant ? Que cet enfant se tue ? Qu’il se tue en tuant des victimes ? Et quand cela arrive, peut-elle toujours l’aimer ? Doit-elle se sentir coupable, responsable ou complice involontaire de ce qu’il a fait ? Aurait-elle pu voir venir le drame ? Ces terribles questions, une femme est obligée de se les poser et d’essayer d’y répondre. Elle le fait en toute franchise et en toute violence. Ce livre est une véritable claque, un coup de poing dans le cœur. Un tout petit livre immense.
Comment, en trois jours seulement, toute une vie peut être gâchée. Très âpre mais très efficace, ce roman est le récit d’un fait divers et, surtout, d’une expiation par le remords. Quant au suspense, il dure, il dure... jusqu’au bout du bout... Encore une prouesse de Pierre Lemaitre qui bien avant le Goncourt donnait avec ses romans noirs du fil à retordre aux cellules grises de ses lecteurs. Et à leurs nerfs !
Eloge vibrant de l’auteur pour son grand-père, homme digne et bon avant, pendant et après la guerre de 14-18. Une vie qui couvre tout le siècle dernier. Loin des livres d’histoire, avec une plume classique, picturale et très littéraire, Guerre et térébenthine donne à réfléchir tout en dépaysant le lecteur même si le chemin est très sombre. Une belle leçon d’Histoire et d’Humanisme.
Armel Job nous embarque dans une histoire policière au suspense soutenu, mais qui donne à réfléchir sur des questions sérieuses comme le mal, le pardon, les conséquences de la guerre sur les comportements humains. Et sur un thème récurrent dans son œuvre, les croyances et la religion. Avec l’écriture légère, incisive, pétrie d’humour et de sérieux qui est la sienne. Cette fois, il est au sommet de son art.
Un pan de l’histoire ignoré, l’internement des populations nomades en 1940. Paola Pigani s’intéresse à Alba, adolescente et à sa famille, internée au camp des Alliers. Tirée de faits et de personnages réels, cette histoire bouleversante retrace six ans de conditions de vie atroces faites de famine, de maladies, d’humiliations, de morts. Et de ce qui peut arriver de pire à des nomades : la privation de liberté par l’assignation à «résidence». Un livre fort, inattendu, salutaire et poignant. Un livre à lire.
Dans un écrit illuminé et luxuriant, A la table des hommes est tout à la fois un conte philosophique, un roman d’apprentissage, d’initiation à la survie et à la vie, un hymne à la nature. Alliant fantastique et réalité, profane et sacré, l’histoire riche, dense et pleine d’enseignements est celle, revisitée, de L’Enfant sauvage, avec un regard sévère sur la violence prédatrice et aveugle de l’homme. Un livre très fort, incontournable et un éblouissement permanent.
Une histoire simple et terrible racontée en des mots terriblement beaux. L’amour à chaque coin de page et une sensation d’infinie beauté une fois le livre refermé. Marthe et Léonce ne sont pas près de nous quitter, et nous de les oublier. Un premier roman magique. Ce livre est une météorite. Il est impossible de ne pas le lire si l’on aime les belles lettres. A lire, à relire, à prêter, à offrir, à partager !
La neige noire est une œuvre incantatoire, puissante, sublime, à la fois tragédie antique et long poème en prose.
Autobiographie informelle et décousue, testament littéraire, «petites» leçons d’histoire et considérations philosophiques, Sable mouvant est tout cela et plus encore. Ce livre superbe, servi par une écriture au sommet de sa beauté, est d’abord un formidable hommage à la vie…
Une femme déguisée en homme sur les champs de bataille américains… Ecrit de façon magistrale, ce roman peu banal nous fait peur, nous émeut, nous fait rire, nous fait horreur et fait de nous les témoins muets d’une guerre jusqu’ici peu narrée en littérature.
Tempête dans la vie d’une femme qui doit en même temps gérer une grave crise conjugale et rendre un verdict urgent et délicat conditionnant la mort ou la survie d’un adolescent. Racontée avec la si belle écriture ciselée de l’auteur.
Servi par une plume incantatoire sublime, Un ciel rouge, le matin est une histoire d’une intensité dramatique exacerbée. L’ensemble est fascinant et nous sommes happés de la première à la dernière phrase. Ce livre est beau à pleurer. Véritablement.
Une histoire poignante, une héroïne lumineuse, des personnages attachants, un fond historique passionnant et un style éclairé… La lecture de ce livre est un moment magique dont on sort ébloui et démoli. Une merveilleuse découverte.
Dans une prose juste et belle, Delphine Coulin nous donne à lire la descente aux enfers d’un personnage qui force la sympathie. Elle éprouve bienveillance, empathie et compassion, des mots, des notions rares aujourd’hui. Un livre sombre, courageux et révolté.
Formidable roman de tous les amours, de tous les désamours, de toutes les violences et de toutes les rédemptions, ce nouvel opus est au moins aussi beau et aussi fort que les précédents. Merci Ma Dame Morrison.
Une cinquantaine de pages de poésie pure qui exaltent la campagne et la nature et tissent un lien ténu mais fort entre l’art de la paysannerie et l’art tout court, en particulier celui de l’écriture. L'alchimie du verbe, au sens littéral.