Littérature internationale

Une véritable claque, un roman noirissime et somptueux ! Dans Le diable, tout le temps, Donald Ray Pollock nous plonge au cœur d’une Amérique rurale, puritaine et féroce. On y croise un tueur en série, un prédicateur fou et des destins brisés qui finissent par se percuter. Le contraste est brutal entre l’horreur des faits et la beauté d’un style flamboyant confinant au lyrisme. Une œuvre monstrueuse et jouissive que j’ai adorée bien qu'elle soit la quintessence du mal.
Dans une Italie meurtrie par Mussolini, “Les jours de Verre” est d’abord un drame relaté par deux voix féminines dont les destins finissent par se croiser. Puissant et traversé d’un souffle romanesque ininterrompu, d’un réalisme rare, il nous empoigne pour nous jeter aux côtés de ses personnages et devient addictif au point d’être inlâchable, inoubliable. Sous forme de tragédie familiale et historique, “Les jours de Verre” est avant tout un hymne à la vie contre la mort et à l'espoir envers et contre tout, qui ne laissera personne indemne. Un livre extraordinaire qui relate des faits devenus ordinaires, un livre qui nous mérite et se mérite.
Premier épisode d’une série de onze enquêtes menées par un duo d'inspecteurs choc, “Miséricorde” rencontre un succès mondial immédiat à sa sortie et se voit couronné par des prix littéraires prestigieux. Le livre oscille entre le polar d’investigation, le thriller et la satire sociale, que du bon pour qui aime le noir. Lira bien qui lira le dernier… Ouf, il m’en reste dix.
L’histoire de l’Ukraine stalinienne de 1930 à 1953. Vingt-trois ans d’une intensité folle dans un pays qui va de guerre en guerre et de dictature en dictature. La constante : des services secrets efficaces pour une répression faite de haine et de violence omniprésentes. Et une jeune femme, juive ukrainienne qui tente de survivre et de sauver sa famille.
Un premier roman qui, après avoir rencontré un grand succès aux Etats-Unis, semble conquérir le cœur de la France qui lit. Son format épistolaire est un atout majeur à l’heure où les échanges ne sont quasiment plus que numériques… Une vraie réussite et un premier roman prometteur.
Dans un contexte historique lourd, les méfaits de la colonisation et de l’évangélisation forcée vécus au jour le jour par une famille américaine. Ce roman riche, courageux et tragique, aussi puissant que bouleversant et écrit avec un talent fou, raconte une page importante de l’histoire du Congo et l’échec absolu de la mission. Une fresque familiale et historique humaniste avant tout, inoubliable ; un chef-d'œuvre, un vrai qui donne à réfléchir sur des sujets toujours actuels : la religion et ses dérives, l’amour, la corruption, la culpabilité, la rédemption, la révolte, la résilience et… l’injustice des hommes. Entre autres.
Écrit comme un conte cruel, un récit d’épouvante, Baignades n’épargne rien ni personne car le mal ne surgit pas forcément d’où et de qui on pourrait l’attendre. Un livre à la plume intense qui se lit en apnée du début à la fin et nous met en face d’une anatomie de toutes les violences. Une fiction, ouf !
Des personnages forts, un rythme trépidant ou pictural, de l’action pure entremêlée à la réflexion et une histoire d’un grand intérêt font de ce premier roman une belle réussite romanesque et de son jeune auteur une voix nouvelle incontournable de la littérature britannique.
Dans une Irlande rurale paisible des seventies, régie par les convenances religieuses, une histoire d’amours qui courent sur trois générations. Sans mièvrerie et sans manichéisme. Juste de l'émotion pure. Un plaisir de lecture rare et trop court.
En moins de deux cents pages, Robert Seethaler raconte d'une plume poétiquement concise la "vie entière” d’un homme de la campagne qui la prend comme un simple devoir à accomplir. Une déclaration d’amour pas ordinaire, un départ à la guerre, une avalanche meurtrière, un travail dur et permanent... et un personnage simple, intègre et courageux qui suit sa route avec obstination dans les montagnes autrichiennes et suscite notre admiration.
Les loups et les femmes. Les femmes et les loups. Deux “espèces” maltraitées. Les femmes par les hommes, les loups par les humains en général. En mêlant habilement les deux sujets, Charlotte McConaghy réussit à les conjuguer en une seule histoire qui toujours oscille entre l'éco-thriller et le drame conjugo-familial. Belle, dramatique, inattendue, humaine. Servie par une plume poétique, cette pépite romanesque ne laissera personne indemne.
Aussi hyperréaliste que surréaliste tant la tension est forte et le récit puissant, Les raisins de la colère donne tout leur sens aux mots chef-d’œuvre absolu. Tom, personnage principal au charisme et à l’humanité inouïs, tient avec sa mère Ma les rênes de l’histoire et de la famille Joad en exode sur la Route 66, qui n’a pas encore la gloriole qu’on lui connaît aujourd’hui. Un des plus grands romans sur la misère de l’Amérique des années 30 et sur son rêve éperdu, écrit par un auteur à la fois témoin de son temps et visionnaire
Portées chacune par une voix féminine, quatre femmes d’une famille autochtone de Winnipeg nous relatent à leur manière et avec leurs mots l’histoire de leur famille déchirée par les souffrances du passé et la fatalité du présent. Une histoire intergénérationnelle qui nous bouleverse par sa tristesse et nous révolte par son injustice.
Situé fin 1943, dans le périmètre du Vatican pendant l’occupation de Rome par les Allemands, “Dans la maison de mon père” est un thriller littéraire et historique de haut niveau. Avec des personnages caritatifs dont un prêtre hors normes, Monsignore. Histoire, suspense et émotions, l’immersion est totale, le rythme effréné et le bonheur de lecture garanti. Et les faits véridiques.
Un premier roman qui marie un destin de femme tragique, un contexte historique et des thématiques contemporaines essentielles… Une héroïne lumineuse et bouleversante et une plume poétique pour décrire une nature grandiose omniprésente… C’est beau à pleurer.
1984, Big Brother. En Irlande. Aujourd’hui. En France : demain ? Espérons que cette prophétie ne sera pas aussi vraisemblable et réaliste que ce que nous lisons ici. Mais, après avoir assisté à ce chaos purement humain - le réchauffement climatique en est totalement absent - est-ce que l’espoir peut exister encore en refermant le livre…
Un roman pour le moins surprenant, bellement écrit et traduit, dont les thèmes et la tournure finale de l’histoire nous poursuivront longtemps, tout comme les personnages, forts, faibles, secrets et pétris d’humanité. Un coup de cœur.
Avec sa constance inébranlable, Louise Erdrich revient sur les souffrances du peuple amérindien, en général, qu’elle raconte sans misérabilisme (de sa part) mais avec empathie, compassion et lucidité.
Des personnages inoubliables, décortiqués à l’os, une Histoire tourmentée et des histoires poignantes, un souffle épique puissant et une reconstitution historique intense font de La lumière vacillante un livre lumineux, profond, addictif. Un livre magique, éblouissant, qui se mérite à chaque page et laisse son lecteur orphelin de lecture pendant bien longtemps.
Après minuit est un roman policier qui utilise plusieurs ficelles : celles du thriller domestique, de la science-fiction et d’une enquête policière en parallèle. Efficace et addictif avec un suspense constant, des personnages attachants et une temporalité fracturée.
Avec ce premier roman noir qui nous bouleverse par le destin tragique de ses personnages et sa plume poétique, Ron Rash s’est révélé une des plus belles voix de la littérature américaine du Sud aujourd’hui, un auteur à lire sans réserve aucune. Plongeant toujours au plus profond de l’humain et abordant toujours des sujets d’actualité, la suite de son œuvre le consacre.
Dans un français littéraire parfait, Shan Sa nous offre un broie le cœur. Amour(s) impossible(s), Histoire et histoires cruelles, guerre sino-japonaise... Un destin tragique et un roman poignant.
Deux frères “séparés” à l’adolescence par la schizophrénie du cadet s’aiment d’un amour profond et indéfectible. Écrit avec une plume pudique, délicate et intense, “Le roitelet”, impossible à oublier, est un condensé d’amour et de mélancolie dont la poésie se savoure mot après mot, un goût de sucré-salé dans la bouche.
1865. Dans la période trouble qui suit, presque au jour près, la fin de la guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage en Amérique, deux frères noirs découvrent une liberté aussi difficile à vivre que l’esclavage dont ils sortent. Ces deux-là et un couple de fermiers blancs anti-esclavagistes essoreront votre âme et broieront votre cœur tout au long des pages. Un coup de cœur garanti.