Romans noirs / Policiers

Dès l’introduction, le lecteur est pris en otage, prisonnier des pages à venir. Après l’arrivée d’un homme inconnu quelque part dans une région pauvre française, après une confrontation surréaliste inachevée entre un tout jeune enfant et un cheval fougueux dans sa stalle,
Une disparition d’enfant… Le sujet, poutant casse-gueule est presque banal, traité souvent en littérature. Le drame, l’empathie avec les parents, la folie et la violence du ravisseur,
Après la guerre… c’est encore la guerre. Une autre guerre, mais LA guerre. Il faut bien du courage pour remuer les boues noires de ces périodes troublées, surtout en ce qui concerne la guerre d’Algérie. Hervé Le Corre s’y colle avec ardeur et sensibilité, n’épargnant ni les bons, ni les méchants, ni le lecteur.
640 pages, même si elles se tournent toutes seules, c’est beaucoup trop ! Un agréable moment de lecture pourtant car fatalement le lecteur veut savoir qui est a commis tous les meurtres. Et Joël Dicker est plutôt doué pour faire durer le suspense jusqu’au bout.
Toujours le même dépaysement dans cette seconde partie. Toujours cette écriture nerveuse et riche dans les dialogues et les descriptions. Et toujours chez l’auteur cette immense culture générale et cet amour sans faille de la Mongolie et de ses habitants. Enfin la même maîtrise d’une intrigue pourtant (trop ?) complexe et aux ramifications lointaines… Avec en bonus des morts qui tombent littéralement du ciel, comme la neige. Mais comment fait-il ? A nouveau les pages se tournent toutes seules et on en redemande.
Sorti en 2013 chez Albin Michel. Puis en 2015 au Livre de Poche. 630 pages. Polar dépaysant. Prix SNCF du Polar 2014, Prix Quais du Polar 2014, Grand Prix des lectrices Elle Policier.
Dans un décor naturel à la fois morbide et imposant, une histoire de vengeance en forme de roman à tiroirs. Thriller rural descriptif et trépidant par moments, Le Verger de marbre est un premier roman à l’écriture très littéraire, au suspense renouvelé et d’une grande noirceur. Avec un zeste de gothique en sus, rien d’étonnant à ce qu’il ait obtenu les faveurs de Donald Ray Pollock…
Avec un peu d’humour noir, beaucoup de cynisme et un suspense fait de rien qui nous retient beaucoup, ce roman court est désopilant et sardonique. Tout comme son (anti)héros.
Etude psychologique, parcours initiatique d’un adolescent, parabole biblique et roman policier, Par le vent pleuré vise trop d’objectifs à la fois mais l'écriture est magnifique.
Un mari volage et la femme trompée qui va avec. Entre aléas de la vie domestique dans la classe moyenne argentine et aléas conjugaux, une histoire désopilante à l’humour grinçant racontée dans un style rapide et burlesque à la fois. Détente assurée. A lire par toutes les femmes trompées (si elles le peuvent) mais aussi par tous ceux qui les trompent...
Une écriture de haut vol, une intrigue menée de main de maître et des personnages bien croqués : pas l’ombre d’un doute, c’est du grand Fred Vargas et on en redemande !
omment continuer de vivre quand on a commis, même par accident, l’irréparable ? Comment payer sa dette à la société ? Et peut-on se racheter aux yeux des habitants d’une petite ville ? L’amour est-il plus fort que tout comme le dit la vie, peut-il favoriser l’expiation ? La réponse est dans ces pages d’une beauté stupéfiante où la violence, très présente, n’est pas toujours gratuite. Une vraie découverte que ce livre aussi beau dans la forme que dans le fond.
Encore un livre qui m'a échappé ! Encore un roman qui m'est tombé des mains tout seul, sans même que je m’en mêle. Sans que j’aille jusqu’à la page 99, cette page fatidique qu'il faut atteindre avant de vouer un livre aux gémonies littéraires. Les 63 premières m'ont suffi. Faute tempes bien sûr...
De retour d’Afghanistan, deux vétérans français tentent par des moyens différents, de retrouver une vie civile « normale ». Mais la normalité n’a pas forcément le même sens pour les deux amis et leurs moyens de tenter de réussir seront bien différents. Une histoire noire et impossible.
Sur fond de conflits raciaux larvés, un suspense savamment entretenu et distillé au goutte-à-goutte, une tension palpable à chaque page, une fin proprement inouïe et une écriture impeccable. Un livre noir inlâchable qui se lit d’une traite !
Dans une prose lyrique incantatoire frôlant la perfection, l’auteur nous livre une histoire d’une grande noirceur dans laquelle l’amour règne en maître et côtoie la folie. Une lecture qui flatte l’esprit et le cœur, dont le lecteur ressort bouleversé, ébloui et grandi. La magie des mots, le bonheur de les lire...
Babylone atteste une fois encore que son auteure est « la spécialiste du dérapage ». Elle décrit avec justesse le caractère de ses personnages, sans doute grâce à une excellente maîtrise de la psychologie de nos contemporains.
Suspense inattendu, rythme soutenu, humour grinçant, vengeance et final surprenant, un livre court mais dense, très agréable à lire en ces jours de canicule, un verre d’eau gazeuse à portée de main...
Pédophilie, corruption au plus haut de l’état et de la bourgeoisie, prostitutions et ballets roses… Le sujet de cette troisième enquête du commissaire brugeois est noir, très noir. Mais Van In et sa garde rapprochée ne se laissent ni impressionner ni corrompre par les notables de Bruges. Un livre osé, efficace et agréable à lire en dépit de sa noirceur.
Ecriture fluide, suspense soutenu grâce à des chapitres courts et des indices habilement semés dans les pages, réflexions profondes et lucides sur des sujets sérieux : religion(s), relations humaines en temps de guerre, on est dans un roman d’Armel Job. Et on en redemande. Et en un mot : inlâchable !
Thierry Jonquet, Fred Vargas, Pierre Lemaître, Didier Daeninckx, Gérard Mordillat même... les pointures du roman noir français... Il y a un peu d’eux tous dans Les salauds devront payer. Mais bien plus encore : il y a Emmanuel Grand. Un roman noir social bien sous tous rapports avec un final haletant jamais vu. Du grand art. Et une rare efficacité. A lire absolument cet été.
Un policier écrit avec humour et légèreté : Le carré de la vengeance joue la carte de l’enquête pure qui aboutit à de sombres secrets de famille. Un suspense original, malin et bien ficelé, avec des personnages attachants aux manettes de l’investigation. Et Bruges comme si on y était... Premier essai transformé et belle première découverte. Bien écrit, plein d’humour et prenant, voici une lecture idéale pour les vacances (puisqu’il paraît qu’il y a des livres «Spécial vacances»).
Une histoire sombre et triste, racontée avec une plume aussi aride et aussi belle que la nature et les cœurs qu’elle dépeint. Un thriller rural étonnant et poignant qui met en scène des personnages secrets, farouches et terriblement malheureux. Et, paradoxalement, une très grande humanité.