Littérature internationale

Difficile quand on a dix ans de conserver son innocence, de trouver sa place et de comprendre le monde adulte. Tout l’intérêt de Un bon garçon est justement ce garçon «différent», bouleversant, Mickey Donnelly. Et le regard tout à la fois décalé et juste qu’il porte sur son pays livré à un conflit religieux et aux problèmes sociaux.
Sous couvert de légèreté dans le style et l’histoire, Maria Ernestam aborde des sujets sérieux. Ici, la guerre entre voisins et l’influence des animaux domestiques sur les relations humaines. L’ensemble est agréable à lire bien qu’un peu léger. Entre deux gros pavés et avec une couverture pareille, c'est tentant et à tenter. A recommander à ceux qui ne connaissent pas bien le chat avec lequel ils vivent...
A l’aube des années 80 en Californie, un portrait juste et tendre de l’adolescence féminine sur fond de traque policière d’un étrangleur en série. Parfaitement à l’aise dans les deux registres, Joyce Maynard réussit à nous attendrir, à nous faire sourire et frémir en même temps. Original, émouvant et captivant.
Premier roman d’une puissance absolue. «La Grande guerre» montrée comme jamais dans ce qu’elle a de plus petit, de plus bas, de plus horrible. Et une réflexion sur ce qu’elle nous montre de nous, notre humanité et ce qu’il peut en rester après son passage. Mais aussi l’exaltation de la nature et de la terre, de l’amitié et de l’amour «filial». On en ressort choqué et murmurant «Plus jamais ça». Et pourtant... Un grand moment humain, historique et littéraire.
Des sentiments et des liens familiaux très forts, un drame humain, des hommes (et des femmes) avec leurs forces et leurs faiblesses, une nature glorifiée et des Indiens aimés et respectés, Légendes d’automne (la nouvelle) est une sorte de saga miniature retraçant le destin d’une famille de 1914 aux années 80. Une histoire forte, bouleversante avec, en prime, un petit goût de western actuel.
Qu’y a-t-il de pire pour une mère que la mort d’un enfant ? Que cet enfant se tue ? Qu’il se tue en tuant des victimes ? Et quand cela arrive, peut-elle toujours l’aimer ? Doit-elle se sentir coupable, responsable ou complice involontaire de ce qu’il a fait ? Aurait-elle pu voir venir le drame ? Ces terribles questions, une femme est obligée de se les poser et d’essayer d’y répondre. Elle le fait en toute franchise et en toute violence. Ce livre est une véritable claque, un coup de poing dans le cœur. Un tout petit livre immense.
Eloge vibrant de l’auteur pour son grand-père, homme digne et bon avant, pendant et après la guerre de 14-18. Une vie qui couvre tout le siècle dernier. Loin des livres d’histoire, avec une plume classique, picturale et très littéraire, Guerre et térébenthine donne à réfléchir tout en dépaysant le lecteur même si le chemin est très sombre. Une belle leçon d’Histoire et d’Humanisme.
Ecrite sous la forme d’un long monologue, La Lettre à Helga est la confession d’un homme qui fera le pire choix de sa vie en se privant à jamais de l’amour de la femme qu’il aime et qui l’aime. Un hymne à la nature sauvage de la terre islandaise et à ses traditions. Mais surtout l’histoire de deux vies gâchées.
A la manière du chœur antique dans une tragédie grecque, Julie Otsuka convoque en portrait groupé les milliers de femmes japonaises émigrées aux Etats-Unis au début du XXè siècle, croyant y trouver amour, bonheur et réussite. Et ne trouvant que malheur, brimades et désillusion. Un volet pas très glorieux et tabou de l’histoire américaine et une belle réhabilitation de ces femmes.
Faut-il, en contrevenant à la loi fédérale, prendre le risque de détourner une rivière sauvage pour récupérer le corps d’une fillette coincé sous un rocher ? Ou non. Riverains, élus, parents, médias et investisseurs ont leur mot à dire…
Le revenant relate l’histoire vraie d’un homme hors du commun traquant, sur des centaines de kilomètres et dans des conditions extrêmes, les deux hommes qui l’ont abandonné blessé à mort par un grizzli. Un récit qui nous tient en haleine grâce à une écriture fluide et animée et met en lumière certains aspects de l’histoire américaine du XIXe siècle pas forcément connus. Encore un premier roman prometteur !
La neige noire est une œuvre incantatoire, puissante, sublime, à la fois tragédie antique et long poème en prose.
Autobiographie informelle et décousue, testament littéraire, «petites» leçons d’histoire et considérations philosophiques, Sable mouvant est tout cela et plus encore. Ce livre superbe, servi par une écriture au sommet de sa beauté, est d’abord un formidable hommage à la vie…
Premier opus d’une série de douze, Le loup dans la bergerie met en scène un détective fauché, sympa et assez doué qui jette sur Bergen et la société norvégienne un regard honnête mais désabusé et sur les hommes un œil critique et compréhensif.
Une femme déguisée en homme sur les champs de bataille américains… Ecrit de façon magistrale, ce roman peu banal nous fait peur, nous émeut, nous fait rire, nous fait horreur et fait de nous les témoins muets d’une guerre jusqu’ici peu narrée en littérature.
Trois rencontres brèves, inattendues et inachevées… Une écriture inégale avec de belles envolées poétiques… Pas assez pour me séduire. A vous de juger. Ceux qui aiment les nouvelles et les belles lettres seront ravis. Et moi, je lirai un autre roman de cet auteur.
Tempête dans la vie d’une femme qui doit en même temps gérer une grave crise conjugale et rendre un verdict urgent et délicat conditionnant la mort ou la survie d’un adolescent. Racontée avec la si belle écriture ciselée de l’auteur.
Beau roman choral aux styles multiples, Le cœur qui tourne évoque avec une grande humanité les conséquences du chômage dans la vie sociale et relationnelle. Auteur à suivre…
Avec une attention permanente et une grande pudeur, Alice McDermott dresse un portrait tout en douceur et en délicatesse de la population modeste de Brooklyn des années 1930 à aujourd'hui. Une belle histoire de femme (s). Par les temps qui courent, ce genre de lecture, ça fait un bien fou !
Servi par une plume incantatoire sublime, Un ciel rouge, le matin est une histoire d’une intensité dramatique exacerbée. L’ensemble est fascinant et nous sommes happés de la première à la dernière phrase. Ce livre est beau à pleurer. Véritablement.
Une histoire poignante, une héroïne lumineuse, des personnages attachants, un fond historique passionnant et un style éclairé… La lecture de ce livre est un moment magique dont on sort ébloui et démoli. Une merveilleuse découverte.
Formidable roman de tous les amours, de tous les désamours, de toutes les violences et de toutes les rédemptions, ce nouvel opus est au moins aussi beau et aussi fort que les précédents. Merci Ma Dame Morrison.
En deux mots En peu de pages remplies de mots simples mais beaux, La Couleur du lait est un roman lumineux, riche et marquant grâce à une héroïne bouleversante et à une histoire imprévisible… mais logique.
La guerre, l’exode, la faim, la mort… et l’amour ! Le parcours initiatique d’un jeune orphelin de la vie par un auteur habité.