Littérature française

Sorti en janvier 2018 chez Albin Michel. 544 pages. Roman, suite d’Au-revoir là-haut, fidèlement adapté au cinéma (sauf la toute fin puisqu'Edouard se réconcilie avec son père dans le film) l’an passé avec Albert Dupontel, absolument génial, dans le rôle principal.
Kaouther Adimi retrace deux histoires en parallèle. L’aventure intellectuelle romancée, entre hier et aujourd’hui, entre Alger et Paris d’Edmond Charlot, jeune Algérois qui en 1936 ouvre une librairie-maison d’édition. Et l’Histoire de l’Algérie sur plus d’un siècle. Bien (et habilement) écrit, un hommage d’amour à l’Algérie, à Alger et à leurs habitants, à la littérature et à ceux qui la « produisent » et la diffusent. Une réussite.
Sorti en août 2017 chez Actes Sud, Collection Un endroit où aller. 154 pages. Récit, basé sur l’Histoire vraie. Prix Goncourt 2017.
Un grand coup de cœur pour un roman émotionnellement très fort, que Jean-Luc Seigle aurait pu écrire à la première personne tant il a su se glisser dans la peau de son héroïne avec brio. Un roman féministe, social et humaniste. Merci.
Sorti en 2015 au Rouergue. Sorti en poche en août 2017 chez Actes Sud, Collection Babel. 112 pages. (Premier) roman, basé sur une histoire vraie.
Avec son écriture sobre, sensible, éloquente mais presque sans emphase pour parler des faits et une grande pudeur pour dire tous les sentiments, Brigitte Giraud aborde, d’un point de vue peu banal en littérature, un sujet grave, difficile encore : la guerre d’Algérie vue et vécue par les conscrits et les traces qu’elle a laissées dans leur esprit. Avec la mort qui rôde et menace partout et, en face, un enfant à naître.
Sorti en 2017 aux Editions Écorces, Collection Territori. 180 pages. "Nature writing" noir et poétique.
Une histoire drôle et tendre, racontée dans un style jubilatoire pour le plus grand plaisir des lecteurs, jeunes (à partir de 8 ans) et moins jeunes.
Avec un peu d’humour noir, beaucoup de cynisme et un suspense fait de rien qui nous retient beaucoup, ce roman court est désopilant et sardonique. Tout comme son (anti)héros.
Sur un fond historique moyenâgeux très documenté et largement présent, Aline Kiner raconte avec délicatesse et compassion le moment le plus difficile de la vie d’une communauté parisienne de béguines et la fin de sa liberté : le Concile de Vienne et les années qui l’ont précédé. Un livre d’une grande érudition, écrit d’une plume majestueuse et qui, en abordant ce pan peu connu du Moyen-Age, nous permet de réaliser que ces femmes, les béguines, étaient non seulement des personnes d’une grande spiritualité, altruistes et solidaires, mais aussi les ancêtres des féministes.
Roman très court écrit comme une fable féroce, avec un ogre et une fée, et dont la « morale » laïque, brève et pourtant édifiante, confirme ce que l’auteur disait dans son précédent roman des responsabilités de l’Occident dans ce qui l’oppose aujourd’hui aux islamistes fondamentaux.
Un homme ne réussit pas à faire l'amour. Sa solution, inspirée des conseils d'un voyant, consiste à traquer la femme qui l’a rejeté seize ans plus tôt pour se libérer de son impuissance. Un polar psychanalytique, décalé et très bien écrit, doté d'une écriture vertigineuse de beauté et d’un humour frôlant le burlesque. Ce roman sort des sentiers battus en explorant la frontière mince qui sépare la folie de la normalité.
Une histoire bouleversante d’humanité, d’une écriture majestueuse de sobriété et de justesse. Poignant. Pour moi un véritable chef-d’œuvre hors compétition pour tous les prix littéraires.
Une bonne histoire menée tambour battant, un final inattendu. Tous les ingrédients sont réunis pour un bon moment de lecture.
Une écriture de haut vol, une intrigue menée de main de maître et des personnages bien croqués : pas l’ombre d’un doute, c’est du grand Fred Vargas et on en redemande !
Un mélange de poésie sauvage et de violence inouïe. Un livre terriblement actuel et déchirant. À pleurer de rage depuis premières lignes belles, dures et chargées de menaces et de tragédie..
De retour d’Afghanistan, deux vétérans français tentent par des moyens différents, de retrouver une vie civile « normale ». Mais la normalité n’a pas forcément le même sens pour les deux amis et leurs moyens de tenter de réussir seront bien différents. Une histoire noire et impossible.
Avec des mots de tous les jours et des formules qui font mouche, Marie-Sabine Roger nous propose une histoire courte « drôlement » funeste. Les personnages sont touchants et l’intrigue, vaguement cousue de fil blanc, nous emmène là où il faut pour passer un bon moment de lecture le sourire aux lèvres !
Avec une écriture sobre pour parler des faits et une grande pudeur pour dire les sentiments, Brigitte Giraud aborde des sujets graves : la dictature portugaise des années Salazar, la perte du père et la possibilité de résilience, la construction de soi. Et, surtout, le déracinement. Une très belle découverte.
Entremêlant avec virtuosité l’histoire, l’art et les sentiments, Michel Bernard dresse un portrait de Claude Monet le peintre et celui, plus intime, de Claude Monet l’homme. Une longue tranche de vie qui nous permet de rencontrer sa première épouse Camille ainsi que tous ses amis peintres. Avec une écriture de haut vol, le livre éveille notre intérêt, suscite notre émotion et notre admiration. Un superbe livre et un grand coup de cœur.
Trente ans après les faits, une nouvelle inattendue amène l’auteur à se remémorer sa première histoire d’amour. Probablement le meilleur de l’auteur.
Dans une prose lyrique incantatoire frôlant la perfection, l’auteur nous livre une histoire d’une grande noirceur dans laquelle l’amour règne en maître et côtoie la folie. Une lecture qui flatte l’esprit et le cœur, dont le lecteur ressort bouleversé, ébloui et grandi. La magie des mots, le bonheur de les lire...
Babylone atteste une fois encore que son auteure est « la spécialiste du dérapage ». Elle décrit avec justesse le caractère de ses personnages, sans doute grâce à une excellente maîtrise de la psychologie de nos contemporains.
D’une écriture fluide et élégante, Eux sur la photo est un roman épistolaire qui se lit comme un thriller. Avec pour thèmes les secrets de famille bien gardés, les problèmes de la mémoire et l’importance de celle qui est conservée tout ou partie par la photo. Une belle histoire d’amours, aussi. Un véritable « tourne-pages » qui se lit d’une traite et nous offre un grand moment de détente.