Littérature française

Dans ce premier roman, Elisa Shua Dupin relate une parenthèse. Une parenthèse entre deux cultures et deux mondes totalement différents, entre deux personnes. Et entre deux lectures ardues. Ecrit sur un mode poétique épuré et suspensif, ce court roman laisse rêveur et nostalgique une fois refermé avec, peut-être aussi, un sentiment d’éphémérité et d’inachèvement dans le final surprenant...
Une approche inhabituelle de l’événement historique le plus connu des Français : la prise de la Bastille par ceux qui l'ont faite, les miséreux, à qui l'auteur rend justice en les sortant de l'anonymat et de l'oubli. Merci à l'auteur.
Après sa propre Berezina, en août 2014, Sylvain Tesson nous revient cabossé de partout mais alerte, farouche et plein d’allant. Avec sa générosité et son écriture si personnelles, il trace un tableau mitigé des chemins de traverse français et des petits villages oubliés qu’ils desservent. Drôle, avisé, humain, poétique. Jouissif, toujours. On en redemande !
Dans ce deuxième roman, Jean-Paul Didierlaurent aborde des sujets de société sérieux sur un ton faussement léger. J'avoue m'être un peu ennuyée au début. Mais l'histoire rebondit pour notre plus grand bonheur ! L'écriture est fluide, parsemée de touches humoristiques, et le dénouement totalement inattendu m'a épatée. C'est un conte moderne, un roman sucré-salé plein de bons sentiments qui fait jaillir l'espoir là où on ne l'attend pas. Un vrai bon livre de détente que l'on referme décontracté et souriant.
Au moment où je rédige cette chronique Adélaïde de Clermont-Tonnerre vient de se voir décerner le Grand prix de l’Académie française. De gustibus non est disputandum !
L’amour et les forêts traînait dans ma bibliothèque depuis sa parution quand j’ai été amenée à l’en sortir. La première chose que j’ai comprise au bout de quelques pages, c’est pourquoi il dormait sur mes étagères. La seconde, c’est qu’il aurait dû y rester. Je n'ai aimé ni l'écriture, ni les personnages, ni l'histoire. Mais tout est affaire de goût, en littérature aussi.
Poignant et vibrant roman d'amour entre une mère et son fils, Continuer est aussi un bouleversant road-movie de la dernière chance. Premier roman d'aventure de l'auteur, c'est probablement son livre le plus dense, le plus fort. Palpitant. Sidérant. Époustouflant. Épique. Oui, ça fait beaucoup d’adjectifs, j'assume.
Original et très bien écrit, ce premier roman mêle la fantaisie, l’extravagance et la magie à la gravité d’une abomination de l’Histoire. Un personnage attachant qui, par peur d’affronter son passé, le délivre jour après jour dans son bar habituel, devant un auditoire composé d’amis et de parfaits inconnus. Émotion, rire et larmes sont au rendez-vous. Une belle réussite.
Mélancolie. Solitude. Inéluctabilité. Un roman original, grave et drôle à la fois même si le côté sombre l’emporte. Une famille mortifère, un personnage touchant, un livre inoubliable. Encore un coup de cœur ! Jean-Paul Dubois est un de mes grands chouchous.
a guerre vue par les yeux et l’âme d’un enfant de dix ans qui ne veut pas grandir mais que le conflit ethnique transforme malgré lui en homme. Une écriture sensible, tendre et candide pour une histoire qui oscille entre l’imaginaire de l’enfance et la réalité de la guerre. Avec en sus une certaine rudesse lorsque la gravité l’emporte, et la rencontre avec une Afrique remplie d’odeurs, de couleurs et de saveurs. Un premier roman ? Oui ! Et une immense réussite avec en prime un hommage aux livres "refuges".
Dans une prose poétique écrite avec des mots de tous les jours, Marie-Sabine Roger nous propose une histoire sans violence excessive, intéressante pour la description du travail de création et ses atermoiements, aux personnages attachants et même didactiques. Un livre chaleureux, idéal pour les amoureux de la BD. Et qui, rempli de "vrais" bons sentiments, nous fait un bien fou ! Lire Marie-Sabine Roger, c'est le plaisir de lecture garanti, toujours et sans facture.
Avec son empathie naturelle et sa plume majestueuse, Valentine Goby retrace dix ans de la vie de Mathilde et de sa famille, dont les parents sont atteints de tuberculose. Un livre sombre au sujet tabou mais où l’amour est omniprésent grâce à Mathilde qui nous entraîne vers la lumière, sa lumière. L’émotion nous submerge à chaque page et le documentaire est de qualité. Un livre nécessaire.
Sur fond de crise agricole, de critique du monde du travail et de la finance, une belle étude psychologique, une intrigue dont la tension va crescendo et une histoire d’amour totalement improbable entre deux êtres que tout oppose.
1981. Mitterrand au pouvoir. Et, pour Magyd Cherfi, l’obtention de son baccalauréat. Une première pour un jeune Arabe des quartiers nord de Toulouse. L’occasion de revenir sur son enfance et son adolescence dans un récit drôle, lucide, intelligent et sans aucune concession. Ni pour les Gaulois ni pour les Arabes... Utile, très utile, plus encore aujourd’hui que dans les années 80.
Inclassable. Saisissant. Littéraire. Hypnotique. Un premier roman écrit comme un conte, tout en puissance et en promesses. Vite, un deuxième !
D’une logique et d’une clarté redoutables, ce livre est surtout d’une grande efficacité . Fustigeant la bêtise et le fanatisme, il nous incite à retirer nos œillères et à réfléchir sur l’une des origines de nos maux d’aujourd’hui, peut-être (ou sûrement) déjà présents dans « notre »Histoire, celle que nous avons écrite avec « nos » mots... Un livre à faire lire à tous les jeunes à partir de treize ans ! Et aux autres... car il est utile, indispensable même.
Par petites touches poétiques, George Bonnet nous raconte l’histoire douce-amère d’une rencontre amoureuse inattendue. Une grande nostalgie et une belle émotion se dégagent du livre que l’on repose doucement en souriant un peu tristement. C'est juste simple, et beau.
Suspense inattendu, rythme soutenu, humour grinçant, vengeance et final surprenant, un livre court mais dense, très agréable à lire en ces jours de canicule, un verre d’eau gazeuse à portée de main...
Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L’Express, dans sa Préface : « C’est à la fois un pan d’Histoire qui défile sous nos yeux et un formidable feuilleton littéraire. C’est surtout l’épopée de trois êtres humains déchirés entre leur génie, leurs ambitions et leurs amours. Cette confrontation Sand-Hugo-Balzac est inédite à la scène et méritait une telle attention ».
Dans une centaine de pages très bien écrites, Michel Quint rend hommage à une librairie. Et plus encore aux libraires qui s’y sont succédé. Au point d’en faire des acteurs importants de la lutte contre la pensée unique ou, pire, l’absence de pensée. En même temps, un éclaircissement historique sur un pan méconnu de la guerre d’Algérie. Un roman trop court mais très dense. Une superbe et juste phrase : "Les livres, c’est comme les chats, on habite chez eux, pas l’inverse". Les amoureux des chats et des livres apprécieront.
Thierry Jonquet, Fred Vargas, Pierre Lemaître, Didier Daeninckx, Gérard Mordillat même... les pointures du roman noir français... Il y a un peu d’eux tous dans Les salauds devront payer. Mais bien plus encore : il y a Emmanuel Grand. Un roman noir social bien sous tous rapports avec un final haletant jamais vu. Du grand art. Et une rare efficacité. A lire absolument cet été.
A la fin de la Première Guerre mondiale et après, dans une famille bourgeoise de province, la maladie incurable d’un enfant ravage les cœurs et balaie conventions, non-dits et petites mesquineries familiales.
Une histoire triste et dure racontée sur un ton léger et fantaisiste. Le thème de la folie et celui de la mort revisités dans un conte moderne où le rire et la joie le disputent à la tristesse et aux larmes. Premier roman original et prometteur.