Le dernier des nôtres ⇜ Adélaïde de Clermont-Tonnerre


Dans un billet récent, Cathy la SL mentionnait qu’il ne saurait y avoir de rentrée littéraire sans premiers romans. J’ajouterai ni sans nanar officiel, la notion de nanar étant hautement et purement subjective.

C’est pourtant vierge de tout a priori que j’abordai la lecture de ce roman, n’ayant jamais rien lu d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre auparavant.

Je n’irai pas par quatre chemins : ce livre me serait tombé des mains dès la fin du premier chapitre si je n’avais pas tourné la page. Malheureusement, le vague intérêt suscité par le second chapitre a été anéanti dès les premières lignes du suivant.
Je décidai de ne pas continuer, ni même de lire la page 99, éprouvant d’autant moins de scrupules qu’une pile de bons livres attend toujours que je les lise.

L’histoire se déroule à deux époques différentes, et ce que j’ai pu en lire se résume ainsi : dans une trattoria de Manhattan en 1969, un jeune homme tombe raide amoureux d’une inconnue aux sandales bleues. Je n’invente rien, nous lisons :
« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… ».

En parallèle, en 1945 à Dresde, une femme agonisante donne naissance à petit garçon qu’elle confie aux bons soins du médecin qui l’a aidée. Je n’invente rien, nous lisons :
« Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d’un petit garçon. »


Que dire du style sinon qu’il est insipide et que les dialogues sonnent creux ? Aucune emphase, aucun lyrisme, pas même dans la description du coup de foudre, qui pourtant s’y prêtait. L’écriture peine à traduire l’intensité dramatique réelle du chapitre 2 qui, sous une autre plume, aurait pu pourtant me prendre aux tripes.

En outre, sur un plan plus anecdotique, la petite-fille et fille d’Italiens que je suis ne peut s’empêcher d’être agacée à la lecture du mot « spaghettis », spaghetti étant déjà un pluriel.

Vous l’aurez compris, le gros point faible de ce livre est son écriture, ce qui pour moi est rédhibitoire et nuisible à la meilleure des histoires.

Une citation pour la route :
« Tu es conscient que je t’ai posé une question, il y a déjà une minute quinze ? » me demanda Marcus qui regardait sa montre neuve, cadeau d’anniversaire de son père, dont il avait lancé le chronographe.
Je ne pouvais me détacher d’elle, même si Ernie, de sa grande stature molle, tentait de la soustraire à mes regards. Elle s’assit dos à la salle. Dans un demi rêve, je répondis :
« Tu ne la trouves pas sublime ? »
Marcus, qui avait compris l’origine de ma distraction depuis une minute quarante-cinq à présent, répondit, sans lever les yeux du cadran :
« Effectivement, elle est très jolie, et très accompagnée, cela ne t’aura pas échappé… ».


Ah ! Poésie, quand tu nous tiens !

 

Note de la SL. Je suivrai tes conseils et ne lirai pas ses quatre cent quatre-vingt seize pages. Quand même ! Même si elles sont de la veine de celles que tu as citées. Tant pis pour moi !

Une réponse

  1. Bravo à Janette, digne descendante de la Serial Lectrice et Fabuleuse Chroniqueuse, pour cette critique de nanar ! Et d’autant plus d’admiration de ma part que je n’ai pas réussi à dépasser les 20 pages. Les romans dont les personnages sont tous odieux de prétention suffisante m’exaspèrent et je n’arrive jamais à les lire. Ne perdons pas de temps avec de telles nullités !

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