Impact, d’Olivier Norek

EN DEUX MOTS. Comme pour Entre deux mondes, Olivier Norek déborde un peu-beaucoup du genre thriller ou 100 % polar » et s’attaque à bras le corps à un thème d’une grande actualité : l’écologie. Il le fait à merveille, se questionne, nous questionne et, surtout, interroge les grands de ce monde : politiques, lobbyistes de l’industrie et de l’énergie, banques. Impact, écrit pendant le premier confinement, relie les deux problèmes essentiels de ce début de siècle : les migrations et le réchauffement climatique en mettant en lumière la cause numéro un : l’homme et sa volonté de toujours consommer et posséder plus. Un plaidoyer impressionnant pour l’humain.
Les cinq premières lignes : « 2020. Delta du Niger. Nigéria. Routes des oléoducs. Ogoniland. À chaque virage, la voiture de tête, un pick-up militaire, soulevait des nuages de terre fine qui s’insinuaient partout où ils le pouvaient. Derrière elle, les dix camions à la file créaient une traîne trois fois plus imposante. De loin, on aurait pu penser qu’un brouillard vivant et menaçant avançait à toute vitesse vers les prochains villages, prêt à les dévorer ».
Sorti en octobre 2020 chez Michel Lafon. Thriller écologique, dystopie, voire docufiction. 368 pages.

L’auteur. Après avoir travaillé dans l’humanitaire en ex-Yougoslavie, Olivier Norek a exercé comme lieutenant au SDPJ 93 (Service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis) pendant une quinzaine d’années. Depuis, il s’est mis à l’écriture et publie des romans policiers noirs, dont une trilogie relatant les enquêtes en milieux difficiles du capitaine Victor Coste : Code 93, à la fois le premier de la trilogie et son premier roman, puis Territoires et Surtensions. Après Entre deux mondes, Surface, début d’une autre série d’enquêtes avec cette fois une jeune femme à la barre vient de sortir en poche. Plusieurs de ses romans ont été primés. Tout en écrivant, il a collaboré comme scénariste à la série française « Engrenages », ce qui n’a rien d’étonnant quand on lit ses romans à l’écriture et au rythme si… scénaristiques.
Impact n’est pas un simple thriller, comme le promet l’exergue de l’auteur : « A ceux qui n’ont jamais connu cette planète… autrement qu’en danger ».

LA phrase du livre : Toutes, qu’elles soient écrites ou citées par Olivier Norek. Pourtant, celle-ci me semble particulièrement juste. Elle est de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd : « En 1965, l’eau était gratuite. Bientôt, elle coûtera plus cher que l’essence ».
Et une autre, difficile à choisir : « À cet endroit de la planète comme en tant d’autres, il semblait que l’on avait secoué le calendrier et les saisons puis jeté le tout au hasard ».

Côté écriture, là aussi c’est du direct. L’ensemble, incisif, est écrit avec des mots simples. C’est clair, précis et largement documenté, juste. Ça claque ! Personne ne pourra dire qu’il n’a pas compris, ou qu’il ne savait pas. Pas un mot à retirer, c’est une démonstration, une preuve par neuf. Avec ce langage, ce ton passionné quasiment désespéré et quelques pointes d’humour teinté de noir, Olivier Norek se fait l’éloquence même. De quoi persuader ceux qui ne le sont pas…
Pour les amoureux du suspense, j’ajouterai que le texte est écrit comme une série. Les événements s’enchaînent à la vitesse grand V, il n’y a pas de temps mort, chaque chapitre se termine sur un suspense trépidant, qui semble d’autant plus soutenu que le sujet est grave. Ce livre est évidemment destiné à être tourné en série (à gros budget pour certaines scènes !) et si c’était le cas, ce serait bien plus efficace encore : les séries sont essentiellement vues par les jeunes. Leur contenu est davantage crédible si elles dénoncent quelque chose de juste, il faut peut-être utiliser ce mode pour à la fois dénoncer ce qui ne va pas, informer les jeunes et les inciter à tenter de faire quelque chose puisque ce sont eux les plus concernés par le déclin du monde que nous leur laissons.

L’histoire commence fort avec une scène d’ouverture – 2020, dans le Delta du Niger (Nigéria) – particulièrement dure, qui donne le la de tout l’ouvrage. « Ce delta est un des premiers endroits au monde où la vie a tout simplement disparu ».
Virgil Solal, ancien gradé français des forces spéciales, est chargé d’y récupérer une missionnaire humanitaire d’Amnesty. Elle refuse de partir avant d’avoir mis en sécurité (dans un bidonville) les quelque trois cents habitants mourants. Et pire encore, un peu plus loin d’enterrer les milliers de corps d’enfants entassés dans un charnier. Des enfants « nés dans le pétrole, nourris au pétrole, morts à cause du pétrole, brûlés par le pétrole ».
Solal revient en France peu après. Sa femme met au monde une petite fille qui ne pourra pas respirer, les poumons collés. En raison de la pollution de l’air.
Solal décide alors de s’en prendre aux responsables de la mort de sa fille qui pour lui sont les mêmes que ceux qui ont ravagé l’Afrique et le reste du monde : les dirigeants des compagnies pétrolières et des sociétés CaC 40, les banques et… bien évidemment les politiques.

Solal laisse tomber toutes ses activités. De militaire il devient militant et rallie la branche dure d’un mouvement écologique, GreenWar. Les GreenWars ont pour emblème un panda balafré. L’image du panda est attendrissante, symbole de douceur et de persécution ; c’est une espèce à surveiller si l’on veut qu’elle survive. Ce choix de l’auteur n’est pas gratuit.
Virgil Solal n’hésite pas à frapper fort. Sa première action : l’enlèvement pur et simple du nouveau directeur de la société Total, contre une « rançon-caution » de 25 milliards d’euros. Il est amusant de voir que jamais l’auteur (ni ses personnages) n’appelleront l’otage par son nom. C’est la fonction qui devient son nom et son prénom à la fois. Il ne s’appelle pas Monsieur le président, Monsieur le PDG, Monsieur Paul ou Monsieur Tartempion, pas même Monsieur tout court, il s’appelle PDG. La fonction a déshumanisé l’homme, elle l’a rebaptisé.
PDG est enfermé dans un cube de verre relié à un pot d’échappement de voiture. Et sa famille devra payer la lourde rançon pour que le moteur ne soit pas allumé et PDG asphyxié… « par sa propre essence ».

Après PDG, Solal kidnappe un membre éminent de la direction de la Société Générale, Cécilia Varan. Avec demande de rançon-caution de dix milliards. Et c’est un nombre impressionnant de choses incroyables que nous apprenons sur les banques et « leur » pollution. Là encore, Solal ne mâche pas ses mots quand il lui parle.

L’histoire se déroule en divers endroits et sous deux aspects : l’action et l’environnement dans lequel elle se déroule, qui alternent dans les pages. Ici l’action est moins prépondérante que dans les précédents romans car la partie thriller sert de moteur au message que porte Olivier Norek. Oh, pas un message d’espoir, ça non, ni un « avertissement » – même si l’auteur nous « avertit » non pas de ce qui risque d’arriver, mais de ce qui va arriver. L’avertissement ne se veut pas moralisateur pour tout le monde. C’est une mise devant nos yeux, une évidence cachée aux petits de ce monde. Cachée par les grands de ce monde.

Après avoir inventorié – par l’intermédiaire de son personnage auquel il s’est attaché autant que le commissaire qui lui court après (et probablement le lecteur lui-même) – la somme de malversations commises par les élites du monde civilisé, Olivier Norek a réparti quelques-uns de leurs scandaleux effets dans des mini chapitres intitulés « Nouvelles du monde ». Des pages qui volontairement nous heurtent, nous surprennent, nous remplissent de honte et de responsabilité. Car nous avons chacune et chacun joué un rôle dans la destruction de la planète et un autre à jouer pour tenter d’enrayer la progression.

Parmi ces Nouvelles du Monde, la première a lieu dans le sud de la Loire où il fait particulièrement chaud, juste avant qu’une tornade tue une adolescente en la frappant de grêlons de la taille d’une orange ; l’auteur relate l’instant qui précède immédiatement cette scène, en une belle mais crépusculaire description du lieu : « Inamical, le soleil faisait du zèle et brûlait tout sans distinction, des toits des maisons jusqu’à l’asphalte des routes. Sur le parterre de pelouse face à la clinique, les fleurs penchaient de fatigue et les arbres n’étaient vêtus que de feuilles au vert épuisé. »
Les autres, plus folles encore certaines se déroulent en « Absurdie » – mais totalement véridiques (voir les Références en fin d’ouvrage) ne font que rapporter des événements ahurissants en des scènes inénarrables et des situations à la fois grotesques et gravissimes mettant l’accent sur les dangers encourus par les peuples du monde entier : il y est notamment question d’un « océan de plastique », d’ours polaires et de crocodiles affamés… Et des promesses du gouvernement, le nôtre en l’occurrence, jamais tenues.

Et puis, comme il s’agit d’un thriller, je n’en dirai pas davantage de l’histoire et ne dévoilerai strictement rien de la fin. Après des rebondissements incessants, la conclusion d’Impact m’a semblée habile. Comme l’auteur. Stop.

Impact est le sixième roman de l’auteur. Il est fondé sur une documentation scientifique impressionnante, dont les auteurs ou les organismes sont cités et remerciés en fin d’ouvrage. Signe de la modestie qui caractérise Olivier Norek mais aussi et surtout de son grand professionnalisme et de son sérieux car les recherches ont dû être longues et entraîner de nombreux déplacements.

C’est le Olivier Norek d’Entre deux mondes qui parle ici : l’homme engagé pour les causes graves comme une planète, la nôtre, en voie de perdition, et le flic pour étayer son texte d’arguments juridiques. Cet homme d’abord très impliqué pour les migrants l’est maintenant pour l’écologie. Ayant compris que la crise migratoire et la crise écologique étaient en réalité un seul et même combat, Olivier Norek l’écrivain se déclare très concerné par le sujet de l’écologie et met son nom, sa fonction, ses talents et ses idées au service de la cause.
Une telle lecture me fait dire deux choses : Olivier Norek ne doit pas rester « catalogué » dans le registre policiers bien ficelés ou thrillers purs. Son ancien métier l’aide beaucoup dans ses investigations, c’est vrai, mais en outre, sa vision du monde va très au-delà d’une enquête policière aussi bien ficelée soit-elle. Olivier Norek écrit haut et fort ce que beaucoup pensent tout bas et ce que peu refusent purement et simplement de penser et de voir.

Finalement, ce court « roman » est tellement fort et tellement juste que je vais oublier de le commenter en détail pour seulement en citer quelques passages éloquents. Tout commentaire serait plagiat. Il n’y a rien à ajouter. Tout est dit et bien dit.

Je sais, je sais, c’est long et c’est de la copie. Bah oui, mais ça vaut tous les commentaires ! Je n’ai pourtant sélectionné que les passages les plus significatifs concernant la situation écologique. Mais comme toujours, cet auteur généreux donne à réfléchir sur des sujets aussi divers qu’importants : le malaise dans la police qui ne peut se charger de tout, surtout quand les policiers se sentent concernés par les slogans lors d’une manifestation ; l’impact de plus en plus prégnant des réseaux sociaux dans tous les domaines, les valeurs humaines, le rapport de l’homme à la nature, etc. Le nombre de vérités énoncées est inouï.


Voilà, je leur laisse la parole à tous : l’auteur, son « héros » borderline et les scientifiques qu’il a rencontrés ou seulement lus et étudiés. Parmi eux, j’ai un faible pour Fred Vargas et Olivier Barrau. Il y a là tout pour vous convaincre en même temps que vous trépignerez sur l’action. Promis, je vais essayer de faire court.

Cela commence par PDG, à qui Solal déclare : « Je ne supporte plus les mensonges. 90 % de votre chiffre d’affaires provient des combustibles fossiles et vos émissions carbone sont toujours à la hausse malgré les accords sur le climat. Allez-vous prétendre à votre tour que le réchauffement est dû aux consommateurs de votre pétrole et non pas à vous, qui ne faites que le produire ? Vous semblez vous moquer des conséquences, comme si vous saviez que quelque part, cachés sur la Terre, vous attendaient un dôme d’air pur pour vous et votre descendance, une ville souterraine privée ou un vaisseau prêt à vous emporter vers une planète B ».
Ce n’est pas la première fois que j’entends cette idée de fuite « ailleurs » pour les plus « ultrariches ».

Et Solal continue : « Du pétrole, du schiste, du gaz fossile, plus c’est sale, plus vous gagnez d’argent. Une liste de vos chantiers, même incomplète, donnerait le vertige au plus féroce des climatosceptiques. Vous gangrenez la planète dans plus de cent trente pays différents, bien installés dans votre indifférence, à observer votre système de destruction durable.
(…) Pour extraire vos 500 millions de litres de pétrole brut par jour, vous prospectez agressivement et sans retenue, comme si la Terre était un malade inanimé que vous vidiez de son sang. Et vous êtes prêts à prendre tous les risques, surtout lorsque, protégés, vous ne risquez justement rien. En Afrique, berceau du monde, vous faites déplacer par l’armée des populations entières qui viennent grossir les bidonvilles, vous construisez des oléoducs géants en pleine zones sismiques en espérant naïvement que la terre ne grondera pas, vous défigures de gigantesques parcs nationaux et menacez des centaines de milliers d’espaces animales. Au lieu de freiner, au lieu de vous modérer et d’inventer un avenir meilleur, vous accélérez vers la catastrophe, pied au plancher, bandeau sur les yeux ».

Et le plus dur à entendre peut-être, pour PDG car cela LE concerne : « Je me demande si vous les voyez, dans votre miroir, à chacun de vos matins, les cadavres des neuf millions de morts annuels par pollution. Pollution de l’air, des sols. Vingt-cinq mille morts par jour qui hurlent dans votre reflet. Mais surtout, comment ne vous vient pas l’envie de vous tirer une balle dans la tête, à chacun de ces matins, quand vous réalisez quel sera votre héritage ? Qui peuvent bien être vos amis ? Comment votre femme ou vos enfants réussissent-ils à distinguer l’assassin du mari ou du père ? Comment quelqu’un de sensé peut-il vous aimer ? ».
Peut-on vraiment être insensible à cet argument ? Et peut-on aimer un homme qui s’enrichit grâce aux morts qu’il provoque ? En se mettant quoi devant les yeux et quel genre de bouchon dans les oreilles ?

Puis, toujours dans la bouche du ravisseur : « Imaginez que nous ayons découvert ce matin, sans avertissement aucun, l’extinction massive des espèces animales, l’explosion de la mortalité infantile, l’anéantissement des grandes forêts, la fonte des glaciers, la raréfaction de l’eau potable, les tempêtes, les inondations et les étés qui se transforment en mortelles canicules. N’aurions-nous pas été assez terrorisés pour décider d’agir vite, sans aucun délai ? Malheureusement, tout cela a pris des générations, nous permettant de panser les blessures précédentes avant de subir les nouvelles. De nous accoutumer, comme des grenouilles dans de l’eau qui se réchauffe doucement. De nous accoutumer jusqu’à en crever. J’ai donc décidé de provoquer un choc. D’ébouillanter les consciences, en quelque sorte. D’obliger ceux qui ne voient rien, ou ceux qui refusent de voir, à quitter le bocal. Quitte à leur forcer la main ».

Maintenant, l’énonciation claire de ce qui va arriver incessamment, le lien direct et incontestable entre l’afflux migratoire et la crise écologique, déjà souligné clairement par l’auteur dans Entre deux mondes : « Nous connaissons l’histoire à venir d’un monde à quatre degrés supplémentaires. Depuis cinquante ans tous les scientifiques nous alertent. Même des enfants nous alertent et s’époumonent en vain. Ce que nous semblons ignorer, c’est le conflit planétaire qui arrive. Qu’adviendra-t-il lorsque la moitié de la planète sera exsangue, privée d’eau, de nourriture, de lieux habitables ? Que feront ces populations quand nous leur aurons tout pris ? Lorsque nous aurons épuisé et souillé leurs terres ? Lorsque notre activité aura transformé leurs villes en fours à micro-ondes ou aura inondé leur pays sous les océans ? Elles feront ce que nous ferions. Elles viendront chercher asile. D’ici une trentaine d’années, ce sont entre 200 et 500 millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui arriveront à à nos portes pour que nous les sauvions. Mais vous avez que nous n’en ferons rien. Au contraire. Nous les repousserons. L’Europe se contractera comme un organisme se défend et ne resteront que les partis politiques de la peur et du rejet. Nous construirons des murs qui ne tiendront pas. Nous posterons nos armées aux frontières et nous engagerons des milices privées pour nous protéger de l’intérieur. Mais ni les autres ne résisteront, car aucun pays ne possède une armée de cinq cents millions d’hommes et aucun de nos soldats n’a la rage et le courage de ceux qui n’ont plus rien à perdre. L’eau et l’air seront en vente, et ils auront le prix du sang. Voilà les certitudes d’un monde à quatre degrés de plus. Les certitudes du monde que vous nous proposez ».
(…) « Je n’ai rien d’un utopiste. Et je connais les faiblesses des énergies renouvelables. Le rendement des éoliennes est trop variable. Les panneaux photovoltaïques sont faits de métaux rares, recouverts du sang des gosses qui les sortent des mines. Les voitures électriques ont leurs batteries et le nucléaire a ses déchets. Pourtant… Vous avez bien relevé tous les défis de votre époque. Lorsqu’il a fallu forer au plus profond des abysses des océans, ou exploiter des gisements entre deux zones sismiques, vous avez su trouver le temps de la réflexion. Vous avez fait preuve de patience, d’intelligence, de maîtrise des technologies et des sciences, d’audace, et de génie, même, je l’avoue. C’est cette même motivation, cette même intelligence qu’il faut maintenant porter sur les énergies de demain pour trouver les solutions et arrêter de se lamenter sur les obstacles.

Et là aussi, le constat est sans appel : « La rapidité des modes d’expression s’accélère et nous rapproche de plus en plus des émotions primaires. Par exemple, une lettre est un acte réfléchi, civilisé. On l’écrit, on la relit, on la corrige, ça prend du temps et le temps apaise les mots. Le mail, c’est différent. On pianote plus vite qu’avec un stylo, on rédige en quelques minutes, on envoie sans y penser, on s’en veut parfois le lendemain. Mais les réseaux sociaux transmettent des expressions réflexes, des cris, des réactions à chaud qui traduisent ce que nous avons en nous de primitif et d’animal, et je crains qu’ils soient plus fidèles à nos intentions que vous ne le pensez ».

Puis Solal s’adresse à Cécilia Vara, directrice de la Société Générale :
« Vous faites partie des assassins invisibles. Invisibles car on ignore tout de leurs activités. Qu’une entreprise pétrolière pollue, cela ne nécessite aucune explication. Mais d’autres font pire, en toute discrétion, comme vous, comme d’autres banques. Sur les marchés financiers, pour un euro consacré aux énergies renouvelables, les banques françaises en consacrent huit aux énergies fossiles. De cette manière, les quatre premières banques françaises, dont vous faites partie, émettent quatre fois plus de CO2 que la France entière. J’ai dû relire cette information à deux reprises pour pouvoir y croire.
– Nous ne sommes pas les pires pollueurs, se défendit-elle.
(…) Vous avez raison. La première place, en termes de financement fossile, revient à la BNP Paribas. Mais c’est bien vous qui déréglez le mieux la planète en termes d’impact écologique. Vous cochez toutes les cases les plus sales : charbon, pétrole bitumineux, gaz de schiste et forage en haute mer. C’est comme si vous cherchiez à nuire volontairement. Juste après l’accord de Paris, quand le monde a tenté de réguler ses émissions de gaz à effet de serre, les plus grandes banques ont immédiatement augmenté leurs investissements dans les énergies fossiles et baissé ceux des énergies renouvelables. C’est quoi votre souci ? C’est l’énoncé du problème que vous n’avez pas compris ? ».


Vous en voulez encore ? C’est toujours le ravisseur qui parle à miss Société Générale : « En Europe, la dépendance aux combustibles fossiles est presque invisible. Pas de tuyaux, pas d’oléoducs, pas de stations de forage, pas de puits. Invisible, comme les morts qu’elle cause. Et c’est seulement parce qu’elle est invisible qu’elle est encore supportable. Il en va de même avec les fumeurs. Ils ne voient pas le goudron qui suinte à l’intérieur de leur corps. Mais si ces mêmes fumeurs avaient les poumons à l’extérieur, s’ils voyaient à chaque bouffée leurs organes se contracter et flétrir sous l’effet du poison, combien de temps fumeraient-ils encore ? Plus les effets sont lointains, moins ils nous touchent. Cent mille morts africains prendront toujours moins de place aux informations que quatre gamins français décédés dans un accident de manège. L’argent du pétrole n’aura jamais l’odeur des cadavres qu’il fabrique à travers la planète. Mais les morts se rapprochent, ils sont même déjà ici. Aujourd’hui, vous allez faire face. Vous ne serez plus à distance, vous aurez le nez dessus ».

Sur l’étendue des problèmes de pollution (c’est Laura, l’ex-femme de Solal, qui raconte comment et pourquoi est mort son bébé) : « Certains endroits de Paris connaissent les mêmes taux de pollution que la Chine ou l’Inde, et la France fait partie du trio de tête des pays européens pour la mauvaise qualité de son air. Ainsi, des maladies respiratoires touchant principalement les pays sous-développés commençaient à se multiplier ici. Virgil et Laura Solal vivaient dans un appartement coincé entre les voies sur berge, le périphérique parisien et de nombreux fabricants de ciment. L’organisme censé protéger le fœtus avait donc absorbé le CO2 des voitures à essence, de dioxyde d’azote des diesels, mais aussi toutes les poussières de benzène, d’ammoniac, de zinc et de monoxyde d’azote issus de la combustion du pétrole, du charbon et des pneus dont on se sert pour la cuisson du ciment. (…) La pollution de l’air dans le monde tue 600 000 enfants par an. Votre bébé a contracté une grave infection respiratoire. Une fibrose pulmonaire due à l’action de toxiques environnementaux, comme ce que l’on suppose des bébés sans bras, pour le glyphosate.
(…) L’esprit de Virgil le porta aux rives du delta du Niger, face à la fosse, face à ces enfants morts empoisonnés. Là-bas, des gosses anonymes, ici, sa fille. Une même cause. Et pour Solal, une raison de se battre pour ne pas sombrer à l’instant même ».


Plus tard, au cours d’une manifestation qu’il a organisée : « Mais avant de vous quitter, je voudrais vous parler de demain. Vous le savez, la montée des eaux, les famines, l’absence d’eau potable, les inondations et les sécheresses provoqueront des déplacements massifs de population. Et les conflits qui les accompagneront ne feront qu’ajouter de l’horreur aux drames. Cette histoire ne se déroule pas dans un siècle, pas dans cinquante ans, mais là, dans une vingtaine d’années, assez tôt pour que nous en soyons tous témoins. Ou victimes, en fonction de l’endroit du globe où vous regardez cette vidéo. Certains disent 200 millions de réfugiés climatiques, d’autres vont jusqu’à 500 millions. Je vous ai parlé du premier scénario, celui de nos armées européennes aux frontières, pour repousser l’Afrique. Mais il y a aussi celui des États-Unis, pour repousser l’Amérique du Sud. Et celui du Moyen-Orient pour repousser l’Asie du Sud. Une guerre de protection où des peuples terrifiés attaqueront des peuples affamés. Pourtant, il existe un second scénario. Moins meurtrier, certes, mais bien plus profitable… ».

Suit le passage le passage probablement le plus fort du roman qui est en même temps prémonitoire, précis et catastrophiste, dans lequel le pseudo-terroriste prévoit une certaine forme de fin du monde. Le pire étant la date à laquelle les événements qu’il semble annoncer pourraient se produire de manière certaine. Cet avertissement visuel et sonore a lieu Place de la Bastille, très emblématique pour les Parisiens et tous les Français. Voici ce que dit Solal :
« Le scénario dont je vous parle est celui des grandes entreprises qui imaginent comment tirer bénéfice du flux de réfugiés que provoquera le dérèglement climatique. Du profit dans la misère, voilà ce qu’elles proposent. Même les gouvernements sont terrorisés et réfléchissent à la manière dont ils réussiront à fixer ce raz de marée de populations déracinées dans des camps, dans des pays voisins moins touchés. Mais comment les y faire rester et surtout, comment générer du profit là où il n’y a que pauvreté et détresse humaine ? C’est là que le génie néolibéral entre en jeu. Ce ne sont plus des ONG qui vont gérer ces camps, mais bien des entreprises privées qui vont les construire, dans le but d’utiliser ces populations déplacées comme main-d’œuvre. La main-d’œuvre la moins chère et la moins protégée de toutes, aux mains de multinationales accusées de torture, d’esclavagisme, de maltraitance et d’exploitation d’enfants pour un dollar par jour, dans des usines au bout du monde, hors de tout contrôle et de surveillance. Ces réfugiés, forcés de quitter leur pays à cause de catastrophes climatiques provoquées par l’action collatérale des entreprises polluantes, se retrouveront ainsi dans les camps qu’elles auront fabriqués, sans autre choix que de travailler pour elles. Un cercle vicieux parfait où la victime est son bourreau. Tout cela existe déjà et se nomme l’industrie de l’aide, avec un chiffre d’affaires de plus de vingt-cinq milliards de dollars par an. Ne me faites simplement confiance, vérifiez par vous-mêmes ! Visitez les Salons de l’humanitaire où exposent ces géants de l’industrie, visitez la foire commerciale internationale de l’assistance où l’on parle de climat et bénéfices, visitez enfin le Salon de l’aide humanitaire et internationale de Dubaï où même des ministres français traînent leurs guêtres à l’affut de ces stratégies d’avenir ».

Ça fait froid dans le dos ? Qu’importe ! La terre se réchauffe et va nous réchauffer ! C’est le déshonneur de l’humain.

Et la conclusion de Solal :
« Ne croyez pas que ceux à qui vous avez donné le pouvoir, ou ceux qui l’ont réellement, cherchent une manière de nous sauver de la catastrophe mondiale climatique. Ils ne font que sélectionner ceux qui seront épargnés. Et si vous vous demandez qui seront les élus, c’est que vous n’en faites pas partie. L’ONU reconnaît 197 pays. La totalité des milliers de camps de réfugiés devient alors le pays numéro 198, peuplé d’une nouvelle génération d’esclaves. Bienvenue dans le “Pays 198”. Bienvenue dans votre monde. Un monde qui vous appartient encore et que l’on peut changer. »

Bien plus tard, quelques paroles, en guise d’outrage à la cour, de l’avocat de Virgil Solal : « L’Organisation mondiale de la santé nous informe que la seule pollution atmosphérique provoque neuf millions de morts par an. Un décès sur six dans le monde. Et la Justice, face au tueur en série le plus dévastateur de toute l’histoire de notre planète, reste silencieuse. Elle regarde. Elle laisse faire. Le mot « complicité » me vient même aux lèvres ».

(…) Autant vous dire que l’inquiétude ne règne pas au Cac 40, dont personne n’ignore que 1450 filiales parfaitement identifiées s’évadent dans des édens à la fiscalité accommodante. Les plus riches entreprises sont les plus polluantes. Et même si elles ont l’obligation de rendre compte de leur bilan carbone, personne ne les oblige à le baisser. Nous survivons dans un monde de financiers où les 1 % les plus riches détiennent deux fois plus que tout le reste de l’humanité, mais où 100 % de la population subit leur pollution. Nous survivons dans une Europe où mille milliards d’euros par an disparaissent en évasion fiscale, et même si vous vouliez poursuivre ces fraudeurs, les maigres moyens que vous octroie l’État sont inadaptés ».

(…) Et c’est bien parce que ces grandes entreprises craignent de perdre leur bel argent, leurs actions, leurs dividendes et leurs monopoles que la transition écologique ne se fait pas. Tout le monde le sait, mais ni l’État ni les tribunaux ne les punissent. Économie et écologie sont étroitement liées, leur avenir est le nôtre, mais pour la première, vous êtes sans effet, et pour la seconde, vous êtes en sommeil. C’est un déni de justice, puisque jamais aucun des patrons de ces grandes firmes ne sera inquiété pour les dommages écologiques collatéraux de ses activités. »

Un peu plus loin, l’avocat enchaîne : « Car notre économie ne fonctionne pas. Ou plutôt elle fonctionne à merveille, pour un groupe infime. En France, sept milliardaires possèdent plus que le tiers des Français les plus pauvres. Ainsi, économiquement, sept personnes en valent vingt-trois millions. Outre l’échec du fameux ruissellement économique, c’est à l’échec de la morale, de la fraternité et de l’égalité auquel nous assistons. Un échec pour nous, mais une réussite pour ces patrons qui jugent le débat sur le réchauffement climatique trop manichéen et assurent que la durabilité des dividendes est la seule chose qui intéresse leurs actionnaires. Et notre appareil politique, désarmé, n’est plus que le syndic des ambitions des plus puissants. L’écologie n’est pas un sujet, c’est le sujet qui doit infuser toutes les futures lois. Pourtant, ces « lois vertes » sont repoussées, amendées, vidées de leur sens et de tout ce qui pourrait froisser les grandes puissances du Cac 40 et leur éternelle menace de s’installer dans un autre pays. Ça, c’est du terrorisme ! Du terrorisme financier ! Notre politique de transition écologique manque cruellement d’ambitions, et même si ambitions il y avait, voilà longtemps que nos États ont perdu les leviers pour les défendre. « Quelque chose ne fonctionne plus dans ce capitalisme qui fonctionne de plus en plus pour quelques-uns », « C’est un capitalisme devenu fou », « La crise que nous vivons peut conduire à la guerre et à la désagrégation des économies », a déclaré le président de notre République lors de son discours de Genève. Voilà tout ce qu’il a pu faire. Le dire, et s’en désoler, peut-être même sincèrement. Quel aveu d’impuissance !
(…) « Dans trente ans, entre la pollution, le manque d’eau potable, les famines et la montée des eaux, cinq milliards d’êtres humains seront en péril, et nous sommes huit milliards. C’est bien l’Homme la victime, et pas la planète. La planète n’a que faire de ses habitants. La Terre a 4 milliards 600 millions d’années et nous, à peine trois millions. Nous existons depuis 0,0002 % de son existence. Nous sommes un mauvais rhume, une intoxication passagère, et nous disparaîtrons pour la laisser tourner encore des milliards d’années. Elle ne craint rien, elle patientera jusqu’à notre mort. »


Pour finir, quelques déclarations médiatiques scientifiques, littéraires, philosophiques, sur lesquelles s’est appuyé Olivier Norek, recensées et reprises par lui-même. Toutes vérifiées, indéniables, avérées, répétées par plusieurs intervenants dans une redondance voulue. Et toutes pas forcément récentes. Un grand plus : nombre d’informations ne figurent pas dans le « roman ».

  • The Guardian, 3 juin 2010 : « Les marées noires oubliées du delta du Niger ». Le Figaro International du 15 juin 2010 : « Au Nigéria, une catastrophe écologique passée sous silence ».
  • AFP/Le Monde, 13 mars 2018 : « Nigéria : Amnesty International accuse Shell et ENI d’avoir caché les causes de la pollution des eaux ». Les articles ne manquent pas sur le delta du Niger, baptisé capitale des marées noires par Le Figaro International.
  • « Neuf millions de morts annuels par pollution. Pollution de l’eau, de l’air, des sols. ». Une étude de The Lancet du 20 octobre 2017. La même dans Le Monde de la même date.
  • « Et qu’on ait découvert que Monsanto avait créé des faux groupes d’agriculteurs en France pour communiquer en faveur de ce produit n’est certainement pas pour rassurer. »
  • Croix-Rouge et Croissant-Rouge, Le Point, mai 2019 et programme 2018 des Nations unies pour l’Environnement : « Alerte climatique. En 2050, 200 millions d’assistés humanitaires ».
  • Greenpeace : « Monsanto : faux groupes de fermiers, vrais lobbyistes », 16 mai 2019, Envoyé spécial : « Les fichiers secrets de Monsanto », et Brut : « Les pratiques de Monsanto pour défendre le glyphosate ». Là encore, les infos recensées ne manquent pas sur ce poison prétendument interdit en 2015 pour 2020 mais qui, en mars 2019, a bénéficié d’un report d’interdiction en 2025 passé à l’Assemblée comme une lettre à la poste. Elle est pas belle vie pour Monsanto ?
  • C News : « Inde : un bar à oxygène pour mieux respirer à New Delhi fait fureur », 21 novembre 2019
  • L’Obs : « Inégalités : 1 % de la population mondiale possède plus que les 99 % restants », 18 janvier 2016, et Novethic, 20 janvier 2020 : « Inégalités : 1 % des plus riches détiennent deux fois la richesse de 92 % de la population mondiale ».
  • « Nous survivons dans une Europe où mille milliards d’euros par an disparaissent en évasion fiscale. » L’Humanité du 11 avril 2019 : « Évasion fiscale, 1 000 milliards d’euros dans l’os ».
  • Novethic, 2 avril 2019 : « Depuis la COP21, les grandes banques françaises ont encore investi 124 milliards d’euros dans les énergies fossiles ».
  • Futura Santé, 8 mars 2020 : « La pollution de l’air est le fléau qui réduit le plus l’espérance de vie dans le monde ».
  • Le Monde, 12 février 201 : : « Des ours polaires investissent des villes pour se nourrir ». Et AFP/Le Parisien, 6 décembre 2019  : « Un village russe cerné par les ours polaires affamés ».
  • Le Monde, 2 août 2019 : « Dans la ville indienne de Vadodara, des crocodiles écument les rues après des inondations ».
  • Marianne, 1er avril 2020 : « L’esprit de solidarité façon Total : 1,8 milliard pour les actionnaires, 15 millions pour les infirmières ».
  • AFP/Sciences et Avenir, 15 jenvier 2020 : « Le PDG de Total juge le débat sur le réchauffement climatique « trop manichéen ».
  • Et le pire du pire pour moi : les gros profits tirés des réfugiés. Le Monde, 8 septembre 2018 : « Réfugiés : un marché sous influence. Comment l’industrie privée cible les réfugiés ».

Je vous laisse découvrir les prévisions récentes (le temps d’une Covid) des instances liées de près à l’écologie en ce qui concerne notre avenir proche. Si vous êtes frileux, vous allez être comblés !

Et les « Remerciements » de l’auteur, que je ne mentionne jamais d’habitude. Mais le sujet est devenu une cause mondiale urgentissime et il est bon de savoir qui et quoi consulter… Non, pas consulter, il faut les lire et y réfléchir.

  • Aurélien Barrau pour Le Plus Grand Défi de l’histoire de l’humanité, aux Éditions Michel Lafon.
  • Jared Diamond pour Effondrement, aux Éditions Folio Essais.
  • Yuval Noah Harari pour Sapiens, aux Éditions Albin Michel.
  • Fred Vargas pour L’Humanité en péril, aux Éditions Flammarion.
  • Le rapport Meadows du MIT Les Limites à la croissance dans un monde fini.
  • Le rapport Clean it up d’Amnesty International et du CEHRD : Shell’s false claims about oil spills in the Niger Delta.
  • Les rapports annuels du programme des Nations unies pour l’environnement.
  • Harald Welzer pour Les Guerres du climat, aux Éditions Folio.
  • Les rapports du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
  • Les rapports de l’OMS sur le climat et la pollution.
  • André Gorz pour Écologie et Politique, aux Éditions Galilée.
  • Lola Le Duff et Stéphane Aussel.

A souligner une fois encore l’immense collecte de réflexions, de documentations et de recherches qu’a fait l’auteur qui pour écrire ce livre s’est tourné vers les plus grands spécialistes scientifiques de l’écologie et du climat, renommés pour leur authenticité et la justesse de leur propos.


Ouvrez les yeux, regardez autour de vous, lisez ce livre, relisez certains passages et réfléchissez. Parlez-en autour de vous à vos enfants, à vos amis, à vos parents. Demandez-leur s’il n’est pas vraiment temps de réagir. La théorie du complot bat son plein en France et ailleurs dans le monde en ce temps de pandémie, mais si complot il y a, c’est celui qui existe depuis la nuit des temps : celui des riches contre les pauvres, celui de ceux qui ont tout et veulent prendre à ceux qui n’ont rien le rien qu’ils possèdent. C’est ce complot-là qui perdure : les intérêts financiers et le pouvoir qui va avec pour les uns, ceux qui précisément n’en ont pas besoin, la misère et la pauvreté pour les autres. C’est le moment ou jamais d’essayer d’agir, de ne plus subir et d’être des soumis-dominés.

En guise de conclusion,
je dirai que ce livre
est IN-DIS-PEN-SA-BLE

Bah oui, qu’on soit de gauche ou de droite modérées, force est pour nous d’admettre que les faits sont là. La planète Terre n’en peut plus de l’homme. Elle a commencé à se venger. À la hauteur de ce qu’elle a subi mais pas sur les bonnes personnes. Ses victimes, pauvres et innocentes à tous les coups, ont payé deux factures puisqu’elles ont d’abord été celles des « grands » de ce monde qui ont au minimum détruit leur habitat, au maximum provoqué directement leur mort. Le constat est sans appel.

Si tous les écrivains, de tout genre littéraire, les plus connus, les plus lus mais aussi les moins connus, les moins lus pouvaient écrire collectivement sur le sujet urgentissime de l’écologie, tout sauf un essai (en tout cas officiel) pour rameuter un maximum de lecteurs, peut-être quelque chose de positif pourrait-il en sortir, notamment persuader leurs lecteurs de se bouger et de faire bouger autour d’eux avant qu’il soit trop tard… Avant que la dystopie devienne réalité.
Écoutons nos écrivains (et ce et ceux qui les inspirent), ils sont la voix de la raison, ils ont raison, ils sont la raison car ils observent le monde avec attention, bienveillance, et sans a priori. Ils font des recherches, ils lisent quand ils n’écrivent pas. Et ils ont les mots pour le dire.




Je sais, mea culpa, j’ai menti. Je voulais faire court et j’ai fait très long. En espérant que ceux (les malheureux !) qui n’iront pas jusqu’à acheter Impact et le lire, en auront au moins lu les extraits cités. Comme « un mieux que rien ». Et que ceux qui le liront le prêteront, l’offriront, le recommanderont.

A l’heure où je termine ce texte, me tombe sur l’écran un reportage sur une invasion de mygales consécutive à des montées d’eaux inhabituelles, elles-mêmes découlant du dérèglement climatique. Ce doit être en Absurdie ?! me suis-je dit. Non, c’est en Australie ! Que tous les arachnophobes (dont je suis) se lèvent et scandent : « Non aux mygales en ville ! Non à la montée des eaux ! Non au réchauffement climatique ! ».
Pour ceux qui n’ont pas peur des tueuses poilues à huit pattes, voici le lien :

Australie : alerte à l’invasion de mygales « dans les maisons » après les inondations

par | 26/03/2021

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