Littérature américaine

Sorti en août 2017 chez Albin Michel, Collection Terres d’Amérique. 397 pages. Roman. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin, qui a traduit tous les romans de Colson Whitehead.
Etude psychologique, parcours initiatique d’un adolescent, parabole biblique et roman policier, Par le vent pleuré vise trop d’objectifs à la fois mais l'écriture est magnifique.
omment continuer de vivre quand on a commis, même par accident, l’irréparable ? Comment payer sa dette à la société ? Et peut-on se racheter aux yeux des habitants d’une petite ville ? L’amour est-il plus fort que tout comme le dit la vie, peut-il favoriser l’expiation ? La réponse est dans ces pages d’une beauté stupéfiante où la violence, très présente, n’est pas toujours gratuite. Une vraie découverte que ce livre aussi beau dans la forme que dans le fond.
EN DEUX MOTS, qui sont ceux de Toni Morrison : « Un roman admirable et déchirant, subtil et envoûtant, où s’entrelacent les destins tragiques d’une famille et de toute une communauté ».
A quoi peut bien conduire le viol de sa mère et tout ce qui en découle quand on a treize ans et qu’on vit dans une réserve ojibwé ? A une soif de justice à tout prix. Mais aussi et surtout à la perte définitive de l’innocence. Encore un très grand roman de Louise Erdrich, juste, sobre et engagé pour un peuple opprimé depuis plusieurs siècles.
Le dédoublement de personnalité vu par une virtuose du thriller et du roman de mœurs noir, une grande dame de la littérature qui aime elle aussi parfois écrire sous un pseudonyme... Glaçant.
Sur fond de conflits raciaux larvés, un suspense savamment entretenu et distillé au goutte-à-goutte, une tension palpable à chaque page, une fin proprement inouïe et une écriture impeccable. Un livre noir inlâchable qui se lit d’une traite !
On n’abandonne jamais sa famille". Certains personnages citent et recitent cet aphorisme. Le respectent. Ou pas... Un roman noir d’une grande intensité dramatique, des personnages déchirants et une plume sobre et lyrique, Les animaux est une très belle découverte et un énorme coup de cœur. Un nouveau venu de la littérature américaine qui place la barre très très haut.
Un livre qu’il faut avoir lu car il fait du bien au moral. Si l’auteure y raconte un épisode peu évoqué en littérature, l’occupation de l’île de Guernesey par les Allemands, elle le fait de manière positive grâce à ses personnages, témoins directs ou indirects...
Un suspense sur fond historique, des personnages forts, une ville martyre, une malédiction légendaire qui plane sur un diamant, une histoire d’amours, dont l’un est impossible… Toute la lumière que nous ne pouvons voir, roman multiple, joue sur tous les tableaux pour tenir son lecteur en haleine. Le résultat est probant et... « hollywoodable ». Une réussite qui l’a mené tout droit au Pulitzer.
Dans une nature inhospitalière, un épisode climatique exceptionnellement violent provoque un drame familial et fait basculer une famille dans le chaos. Les personnages dévastés, pétris de sentiments forts et contradictoires, se lancent dans une quête éperdue de l’amour et du bonheur, aux accents de tragédie antique. L’écriture, simple et intense, reflète à merveille la nature, les personnages et l’aventure. Un magnifique western sans Indiens ou presque.
En trois parties qui vont et viennent entre passé et présent, l’auteur dresse le portrait réaliste et désenchanté de deux personnages qui pourraient très bien être sa mère et lui-même. Un livre sur la quête de reconnaissance, sur la fin des illusions, mais pas celle de l’espoir. Et un regard acerbe mais d’une grande justesse sur les relations mère-fils et sur la société américaine. Le tout servi par une belle prose, des dialogues fins et percutants. Du grand art.
A l’aube des années 80 en Californie, un portrait juste et tendre de l’adolescence féminine sur fond de traque policière d’un étrangleur en série. Parfaitement à l’aise dans les deux registres, Joyce Maynard réussit à nous attendrir, à nous faire sourire et frémir en même temps. Original, émouvant et captivant.
Premier roman d’une puissance absolue. «La Grande guerre» montrée comme jamais dans ce qu’elle a de plus petit, de plus bas, de plus horrible. Et une réflexion sur ce qu’elle nous montre de nous, notre humanité et ce qu’il peut en rester après son passage. Mais aussi l’exaltation de la nature et de la terre, de l’amitié et de l’amour «filial». On en ressort choqué et murmurant «Plus jamais ça». Et pourtant... Un grand moment humain, historique et littéraire.
Des sentiments et des liens familiaux très forts, un drame humain, des hommes (et des femmes) avec leurs forces et leurs faiblesses, une nature glorifiée et des Indiens aimés et respectés, Légendes d’automne (la nouvelle) est une sorte de saga miniature retraçant le destin d’une famille de 1914 aux années 80. Une histoire forte, bouleversante avec, en prime, un petit goût de western actuel.
A la manière du chœur antique dans une tragédie grecque, Julie Otsuka convoque en portrait groupé les milliers de femmes japonaises émigrées aux Etats-Unis au début du XXè siècle, croyant y trouver amour, bonheur et réussite. Et ne trouvant que malheur, brimades et désillusion. Un volet pas très glorieux et tabou de l’histoire américaine et une belle réhabilitation de ces femmes.
Faut-il, en contrevenant à la loi fédérale, prendre le risque de détourner une rivière sauvage pour récupérer le corps d’une fillette coincé sous un rocher ? Ou non. Riverains, élus, parents, médias et investisseurs ont leur mot à dire…
Le revenant relate l’histoire vraie d’un homme hors du commun traquant, sur des centaines de kilomètres et dans des conditions extrêmes, les deux hommes qui l’ont abandonné blessé à mort par un grizzli. Un récit qui nous tient en haleine grâce à une écriture fluide et animée et met en lumière certains aspects de l’histoire américaine du XIXe siècle pas forcément connus. Encore un premier roman prometteur !
Une femme déguisée en homme sur les champs de bataille américains… Ecrit de façon magistrale, ce roman peu banal nous fait peur, nous émeut, nous fait rire, nous fait horreur et fait de nous les témoins muets d’une guerre jusqu’ici peu narrée en littérature.
Avec une attention permanente et une grande pudeur, Alice McDermott dresse un portrait tout en douceur et en délicatesse de la population modeste de Brooklyn des années 1930 à aujourd'hui. Une belle histoire de femme (s). Par les temps qui courent, ce genre de lecture, ça fait un bien fou !
Formidable roman de tous les amours, de tous les désamours, de toutes les violences et de toutes les rédemptions, ce nouvel opus est au moins aussi beau et aussi fort que les précédents. Merci Ma Dame Morrison.
La guerre, l’exode, la faim, la mort… et l’amour ! Le parcours initiatique d’un jeune orphelin de la vie par un auteur habité.
Blessés est à la fois un livre sur les chevaux, un western romanesque et un roman noir. Retraçant des événements violents, il confirme s’il en était besoin que l’Amérique ne s’est toujours pas débarrassée de ses vieux démons nommés racisme et homophobie. Un livre à lire absolument et un auteur à suivre.