Sorti en 2014 chez Gallimard, Collection Folio. 236 pages. (Premier) roman.

EN TROIS MOTS

Tombé des mains.

Les deux premières lignes, qui donnent pourtant envie de lire la suite, ou pas…) :
« Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance ».

Mon avis (tout à fait personnel comme tous ceux des romans qui finissent dans la rubrique Tombés des mains). L’avantage avec ce genre de livre, c’est qu’il se lit (ou pas) rapidement et se chronique (ou pas) tout aussi rapidement, et facilement. Temps de lecture : une vingtaine de minutes, temps de rédaction de cette chronique : itou ! J’ai été amenée à l’acheter et à le lire dans le cadre d’un groupe de lecture.
A lire la quatrième de couverture (« premier roman d’une ingéniosité rare qui nous fait voyager dans l’espace et le temps », je me suis dit : « chouette, un livre léger, rempli d’un humour probablement noir et totalement déconstruit, un empoisonnement aux raviolis ça ne court pas les livres, enfin un polar farfelu qui va me distraire sans me prendre la tête ! ». Sans parler du titre, accrocheur lui aussi, accolant un terme mathématique et un terme culinaire.

Eh bien non ! Je n’ai pas pu atteindre la fameuse page 99, celle qui nous fait patienter avant de prendre la décision de continuer la lecture ou de l’arrêter. Page 40, j’ai déclaré forfait. Sans remords. Si au moins l’écriture avait pu me retenir, j’aurais été jusqu’à cette page 99. Mais RAS de ce côté-là.

Quant à l’histoire, c’est bien simple : je n’y ai rien compris même si en quarante pages il peut sembler difficile de se faire une idée. Renonçant égoïstement à l’idée que j’étais totalement idiote, j’ai préféré me dire que ce roman était tiré par les cheveux, que l’histoire partait dans tous les sens pour, en toute logique, revenir au point de départ à la fin. Bref, « un peu » trop fractatalisé pour ce que je pensais être un simple polar déjanté comme je peux les aimer parfois. Les deux chapitres que j’ai lus (quand même) m’ont semblé malsains, surtout le premier, et incompréhensible pour le second. Je suis persuadée que tous les fragments de cette fractale ont été remis en ordre pour le bouquet final mais n’ai pas eu envie d’aller vérifier la chose…

La vérité vraie, c’est que je n’ai pas beaucoup de temps pour lire, en tout cas pas assez à mon goût. Raison pour laquelle je ne choisis que des livres triés sur le volet pour satisfaire ma gourmandise. Qui plus est, je déteste dire du mal des auteurs que je lis et de leurs œuvres et la rusée lectrice que je suis s’arrange, aussi pour ça, en sélectionnant ses lectures pour ne pas avoir à le faire… Et puis, je ne suis pas fan des raviolis, en boîte ou faits maison additionnés de fleurs de digitales… Enfin, sortant de plusieurs lectures magistrales tant pour l’écriture que pour leurs sujets, un commentaire plus long n’en eût été que plus défavorable.

Partant, j’ai bien assez écrit et ne saurais conseiller ce livre aux lecteurs revêches ou pointilleux. En revanche, les inconditionnels de raviolis maison, d’intrigue tarabiscotée, loufoque (et originale a priori) y trouveront leur compte, ainsi que tous les amateurs de premiers romans à tout prix (dont je fais pourtant partie) et de lectures distrayantes car je ne doute pas que celle-ci ne le soit.

Que les contradicteurs me rassurent, je ne demande que ça ! Je n’irais pas jusqu’à remercier l’auteur du temps qu’il m’a fait gagner… Depuis celui-ci, un second roman, La variante chilienne, est sorti en 2015, ainsi qu’un troisième, La baleine thébaïde, en 2017 et je m’en vais voir de quoi il retourne avant de radier définitivement cet auteur de mes lectures… Sinon, je risque vraiment de le devenir, idiote… Et mourir, oui, à mon tour comme tout le monde, mais totalement idiote, non !

Tous les avis de cette rubrique sont strictement personnels et n’engagent que moi.