Sorti en août 2019 aux Editions de l’Olivier. Roman. 256 pages. Prix Goncourt 2019.

L’auteur.
Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse, où il vit actuellement. Après avoir été journaliste spécialisé dans le sport (Sud-Ouest), la justice et le cinéma (Le Matin de Paris) puis, en 1984, grand reporter au Nouvel Observateur, il est romancier, auteur de récits de voyages et d’une quinzaine de romans, dont plusieurs ont été adaptés au cinéma (Kennedy et moi, Prix France Télévisions). Une vie française (2004) a obtenu le prix Femina et le prix du roman Fnac. Comme de nombreux auteurs français, il est passionné par les Etats-Unis et tous ses héros rêvent à un moment de leur vie d’y aller. Autre particularité, tous ses personnages s’appellent Paul, comme s’ils avaient tous quelque chose en eux de Jean-Paul Dubois… Celui qui nous intéresse ici ne faillit pas à la légende.

EN DEUX MOTS
Récit, roman (ce mot ne figure pas sur la couverture), fragments (d’auto)biographie, témoignage indirect ? Un texte. Bellement écrit et fait de deux cent cinquante pages bouleversantes, remplies d’humanité, de fraternité, de compassion bienveillante, d’amour. D’humour et de suspense. Et de bien d’autres choses. Le tout enrobé de douceur et de tendresse. Un vrai « bonbon » littéraire au beau milieu d’un monde pourtant cruel qui mène le « héros » droit à l’échec.

Les cinq premières lignes : « Il neige depuis une semaine. Près de la fenêtre je regarde la nuit et j’écoute le froid. Ici il fait du bruit. Un bruit particulier, déplaisant, donnant à croire que le bâtiment, pris dans un étau de glace, émet une plainte angoissante comme s’il souffrait et craquait sous l’effet de la rétraction. A cette heure, la prison est endormie ».

LA phrase du livre (la plus belle) : « Durant les onze années que dura notre drôle de mariage je ne pense pas avoir cessé d’aimer Winona Mapachee, ne serait-ce que le temps d’une respiration. Depuis cette journée au bord du lac, elle est devenue une part de ma chair, je la porte en moi, elle vit, pense, bouge dans mon cœur, et sa mort n’y a rien changé ».
Un aphorisme (peut-être ?) : « Il disait souvent que de toutes les nations qu’il connaissait, la France était le pays qui avait le plus de difficulté à s’appliquer à lui-même les vertus républicaines et morales qu’il exigeait des autres. Surtout l’égalité et la fraternité ».

Après une enfance passée à Toulouse entre deux parents, Johanes et Anna, aussi dissemblables qu’il est possible de l’être : un père danois, pasteur protestant, posé et doux, et une mère athée, fantasque et survoltée, gérante d’un petit cinéma d’art et d’essai, Le Spargo, qui vécut ses plus belles heures pendant la période post soixante-huitarde. Les relations du couple sont de plus en plus tendues et lorsque son père, dégagé de ses fonctions en raison de la programmation jugée trop libertine du cinéma de son épouse, est nommé pasteur principal à Thetford Mines – haut-lieu de la production d’amiante au Québec, dans les Appalaches –, pour y prêcher la bonne parole aux mineurs, il le rejoint un an plus tard.
A la mort de son père, il s’installe à Montréal et, après une série de petits boulots dans la quincaillerie et la réparation automobile trouve un emploi d’intendant-concierge dans un imposant condominium, L’Excelsior. Très vite il devient indispensable aux soixante-huit propriétaires devenant le plombier de l’un, le confident de l’autre, l’électricien de tous ; celui qui entretient, répare, remplace et nettoie les ascenseurs, le jardin, les câbles électriques, les produits de piscine, les ampoules ou les fours, qui débouche les lavabos ; et celui qu’on appelle quand on a le bourdon… L’homme à tout faire, le factotum, ce qu’il fait avec sérieux et un certain plaisir.

Paul rencontre Winona, une Indienne algonquine, en tombe amoureux dans l’instant et l’épouse à la mode algonquine. Ils ont une chienne, Nouk, à qui il ne manque que la parole. Winona pilote un Beaver, aéroplane-taxi, dans lequel ils survolent la région lorsque Paul en a le temps. C’est le temps de l’amour, de l’aventure, du travail, c’est la belle vie. Winona l’initie aux coutumes indiennes : le respect absolu de la nature bien sûr, mais surtout la relation à la mort. Ces coutumes sont encore vivaces chez les Amérindiens et leurs descendants. Elle le prépare « à la légende de cet inframonde algonquin, à l’intérieur duquel se côtoient les vivants et les morts. Elle disait qu’il n’y avait rien de plus normal que d’accepter ce dialogue avec les défunts qui vivaient désormais dans un autre univers ».
On retrouve ici l’intérêt, le respect et l’amour de Jean-Paul Dubois pour les populations indiennes telles qu’elles vivaient avant 1492, avant les missionnaires blancs. Si les morts sont déclarés physiquement morts, ils ne le sont qu’à moitié et si leur corps n’est plus, leur âme continue de vivre et leur permet de s’entretenir avec leurs vivants. Ce que font Winona et le père de Paul en le visitant et en conversant souvent avec lui dans sa prison, transformant son désespoir – la mort de Winona, que l’on apprend dans les premières pages, l’a anéanti – en tristesse lourde puis en nostalgie infinie.
Entre le travail auquel il s’adonne avec dévouement, ponctualité et rigueur et la belle histoire d’amour avec son Algonquine, les mois et les années passent et ni l’un ni l’autre ne les voit filer. Jusqu’au jour où un changement de direction à l’Excelsior et un accident bouleversent brutalement l’équilibre des choses.
La suite est à lire gaiement, tristement ou les deux à la fois selon les pages, mais avec un plaisir fou jusqu’à la fin.

La qualité de l’écriture est une fois encore à souligner et contribue à faire de ce roman une œuvre littéraire émérite. Tant pour la construction que pour les mots. Présent et passé sont relatés dans une alternance régulière : un chapitre au présent, un au passé, le premier fatalement plus court que le second. Les deux périodes progressent à ce rythme en parallèle pour se court-circuiter à la fin bien évidemment.
L’écriture est parfaite, et je ne cède pas à l’enthousiasme de mise en ce moment pour qualifier le style de certaines écrivaines (et écrivains). Le ton général, totalement dépourvu de grandiloquence ou d’étalage de culture générale, dégage une poésie simple et musicale, faite de mots de tous les jours juste joliment placés et assemblés. Certains pourtant, c’est vrai, sont à lire à proximité d’un dictionnaire, notamment dans les passages fouillés, précis et détaillés se déroulant dans les mines ou touchant à toutes sortes de technologies, et qu’on le veuille ou non, la curiosité nous y pousse et nous apprenons en souriant des choses apriori sans intérêt pour nous. J’avoue m’être sentie moins bête en refermant le livre.
Autre élément important concernant le style : l’humour omniprésent et l’auto-dérision du personnage, même en prison (surtout en prison même, dirais-je !), et y compris dans les passages les plus tristes. Les larmes, jamais très loin, ne sont jamais chagrin pur ou hilarité flagrante. Même si les passages avec Patrick Horton sont à faire non pas mourir de rire, mais au moins sourire un garde républicain en faction. Et il faut bien une telle dose d’humour (et de poésie tendre) pour faire passer la dureté de la prison et l’amertume de l’histoire.

Mon avis sur le livre. En premier lieu, la galerie de personnages vaut le détour. Tous ont quelque chose de touchant et l’auteur les bichonne ; y compris Patrick Horton, le codétenu, sorte de colosse aux pieds d’argile dont la plus grande peur est… de se faire couper les cheveux, ce qui donne lieu à des scènes proprement burlesques. L’étude psychologique est fouillée tant par l’auteur que par son personnage, très observateur lui aussi. Les rares méchants de l’affaire font du mieux qu’ils peuvent pour le rester et c’est forcément par eux que le malheur arrive.
Quant à Paul, le personnage principal, c’est un homme aimant, serviable, généreux, bienveillant, attentif, bon ; très humain. Pratiquant l’humour et l’autodérision. Sachant parler de tout comme de rien, la tête remplie d’idées sans jamais coqueter. L’homme que toute femme souhaiterait avoir et garder dans sa vie. Avec des failles quand même, ouf : les « défauts » de ses qualités, pouvant le mener à l’indécision ou, pire à de mauvais choix de vie…

Si Paul et Patrick sont confinés dans leur cellule, les autres évoluent dans des cadres variés et Paul les y rejoint pour parler du passé. Quand ce ne sont pas ses morts qui viennent lui rendre visite. Cette construction en allers et retours pourrait faire l’objet d’une belle filmographie. Ainsi, avec son grand talent de description, l’auteur nous amène à traverser bien des paysages, certains réalistes comme les mines d’amiante (« une aberration géologique doublée d’une curiosité esthétique »). Nous voyageons à travers la France, le Danemark et le Canada, sur terre et dans le ciel avec l’aéroplane de Winona.
Nombre de thèmes de société, de justice, de techniques variées, sont abordés, nombre de considérations d’ordre général sont énoncées, toujours avec un sens de la minutie et du détail, et de l’humour à revendre en toute situation. Ainsi Jean-Paul Dubois nous délecte aussi bien de coutumes indiennes, d’histoires d’ascenseurs en panne et d’équilibre biologique de l’eau de piscine, que de la religion protestante ou l’extraction de l’amiante. Cette curiosité sans bornes, le souci du détail dans tous les domaines dont il est amené à nous parler sont innés chez Jean-Paul Dubois. Son attention à la nature, aux animaux, aux objets et aux gens qui l’entourent dénote au minimum un intérêt, au mieux une grande empathie pour le monde. Et Paul, son personnage, en a hérité.
Avec Jean-Paul Dubois, c’est comme si l’art, ici celui d’écrire les mots et de décrire les choses, mettait une certaine distance entre les personnes et leurs malheurs, petits ou grands, comme s’il tentait de les séparer, les éloigner et y parvenait de temps à autre.
C’est tout l’art romanesque de Jean-Paul Dubois, outre la grande qualité stylistique de ses écrits, de transformer des situations tragiques (la prison et son univers, la mort de l’aimée, l’échec d’une vie…) de pétrir des histoires tristes avec des mains si douces que le lecteur ressort des pages avec une sensation de tristesse teintée de nostalgie et d’espoir. Un sourire – un peu béat en ce qui me concerne – sur les lèvres et un geste lent pour refermer et reposer le livre. Son dernier roman La succession, au sujet pourtant pas facile (le suicide masculin par atavisme dans une famille) avait déjà cet effet double face de tragédie racontée avec poésie et humour. C’est peut-être ça, la tragi-comédie d’aujourd’hui.
Car il ne faut pas oublier que malgré les nombreux déplacements dans l’espace et dans le temps que l’auteur nous autorise, le roman se déroule presque intégralement en prison. L’univers carcéral canadien n’a rien à envier au nôtre et la situation des prisonniers y est diablement dure. Il est particulièrement bien rendu, sur un ton bigrement drôle, léger ou tendu et en des termes simples. La prison ne reste plus un mot, quand Paul en parle, nous sommes dans leur cellule glaciale et puante, dont voici quelques effluves :
« A cette époque, la prison n’était encore pour moi qu’un concept théorique, une facétie de jeux de dés vous enjoignant de passer votre tour enfermé dans la case pénitentiaire du Monopoly ».
Un peu plus loin : « Je voudrais tant trouver le sommeil. Ne plus entendre les rats. Ne plus sentir l’odeur des hommes. Ne plus écouter l’hiver au travers d’une vitre. Ne plus devoir manger du poulet brun bouilli dans des eaux grasses. Ne plus risquer d’être battu à mort pour un mot de trop ou une poignée de tabac. Ne plus être contraint d’uriner dans le lavabo parce que, après une certaine heure, nous n’avons plus le droit de tirer la chasse d’eau ».
(…) « L’enfermement a une odeur déplaisante. Des remugles de macération de mauvaises pensées, des effluves de sales idées qui ont traîné un peu partout, des relents aigres de vieux regrets. L’air libre, par définition, n’entre jamais ici. Nous respirons nos haleines en vase clos… Même les vêtements, les draps, les peaux finissent par s’imprégner de ces exhalaisons auxquelles on ne s’habitue jamais. (…) Nous vivons et respirons dans un ventre qui nous charrie continuellement, longtemps nous digère, avant, le moment venu, de nous expulser pour se libérer plutôt que pour nous rendre la liberté ».
Une dernière citation, même si je sais que j’abuse, sur les effets de la prison :
« La détention allonge les jours, distend les nuits, étire les heures, donne au temps une consistance pâteuse, vaguement écœurante. Chacun éprouve le sentiment de se mouvoir dans une boue épaisse d’où il faut s’extraire à chaque pas, bataillant pied à pied pour ne pas s’enliser dans le dégoût de soi-même. La prison nous ensevelit vivants. Les courtes peines peuvent quelque chose. Les autres sont déjà dans la fosse commune ».

Décidément, ce roman est pour moi le meilleur de son auteur. Le plus bouleversant. Il convoque tous les sentiments humains, tour à tour et ensemble dans les pages. L’amour sous toutes ses formes mais pas seulement l’amour. L’attention à autrui, la bienveillance naturelle, l’aide et le soutien aux moins bien lotis que soi. Et l’on ne peut que sourire, s’esclaffer, pleurer de rire et de tristesse, espérer, apprendre, découvrir, aimer… Se dire que l’on a bien de la chance d’avoir de tels auteurs. Qui écrivent de si belles histoires avec de si bons personnages, sans jamais verser ni dans la caricature, ni dans le misérabilisme, ni dans la mièvrerie. Et convenir là encore que les mots sont capables de faire passer beaucoup de choses car l’on ne peut pas dire que l’histoire du roman soit particulièrement gaie… Un énorme, énorme coup de cœur pour moi. J’aurais juste une petite demande à faire à Jean-Paul Dubois, la question du gamin à Monsieur Kinder : pourrait-il nous sortir de telles pépites « un tout petit peu plus souvent » ?
Un Goncourt plus que mérité aussi, que nombre de lectrices et lecteurs autour de moi lui avaient attribué avant le jour J. Moi y compris, ex-aequo avec Une joie féroce de Sorj Chalandon, mais il n’y a qu’un seul prix… Si vous ne l’avez pas lu vous avez de la chance. Précipitez-vous pour vous le procurer !

QUELQUES EXTRAITS difficilement choisis parmi une première sélection et qui bien mieux que moi vous donneront une idée de ce que l’auteur a écrit en « toute simplicité » poétique.
Sur la beauté de la nature et de la vie, vues d’en haut : « J’aurais aimé que ces flâneries aériennes durent des siècles pour avoir le temps de tout voir d’en haut, les arbres et les eaux, les terres et les animaux. On avait l’impression de vivre au-dessus d’un monde sans fin, qui déroulait à l’infini le catalogue de ses beautés. Tout était vaste, le ciel, l’eau, les forêts dont on devinait qu’elles grouillaient d’une invisible vie sauvage que nous avions un jour quittée pour vivre dans des maisons de six niveaux, équipées d’interphones, et d’un petit lac artificiel où personne ne venait jamais boire. Nous vivions et marchions en bordure de ces eaux artificielles sans laisser la moindre empreinte, si ce n’est sur les claviers de nos digicodes ». C’est tellement vrai !

Sur l’amour d’un animal (et forcément de tous les animaux) et vice et versa : « Elle me faisait comprendre tout un tas de choses que les hommes ont souvent beaucoup de mal à dire. Parfois elle entrouvrait un œil vers moi, juste pour me prévenir que maintenant, elle allait se taire et faire un petit somme. Il y avait tellement de confiance et de loyauté dans ce petit animal qu’au fil du temps je pris l’habitude de m’adresser à lui exactement comme à un humain, lui faisant partager le rythme et l’encombrement de mes journées. Et le plus étonnant, c’est que cela n’avait rien d’incongru. Je débloquais dans mon coin et Nouk m’écoutait et à sa façon me comprenait. L’effort qu’elle avait sans doute consenti pour décrypter le sabir des hommes, je le fis à mon tour pour déchiffrer toutes ses sortes d’aboiements et lire son langage corporel. Comme en toute chose, passé le temps d’apprentissage, je parvins à un résultat assez satisfaisant qui nous permit de traiter les choses essentielles de la vie courante, puisque nous parlions maintenant la même langue. Elle lisait en moi à livre ouvert, j’étais attentif à elle, multipliant les gestes de tendresse comme on le fait naturellement quand on aime quelqu’un ».
Mouaf ! M’est avis que l’auteur a du sang indien même lointain dans les veines…

Pour finir, les rencontres-conversations entre Paul et ses morts bienaimés. Winona, Joanes son père et Nouk sa chienne qui, dès sa mort postérieure à celle de Winona, a rejoint les rangs des fidèles de Paul. Purement jouissif, plus concret et efficace qu’une messe ou des anti-dépresseurs, mieux qu’un film ou un jeu de zombies. Et sûrement mieux aussi que de penser à ses morts en pleurant sur soi. Mais cet infime aspect de la sagesse indienne n’est pas donné à tout le monde. Après réflexion et à force de retrouver ce thème des morts toujours vivants dans mes lectures, je me dis que ce rite pourrait être un remède totalement naturel à beaucoup de souffrances humaines (hormis le chagrin lié à la perte de l’être aimé) : la solitude, la dépression, l’insomnie… Nous avons tous une valise de morts aimés cachée dans un trou de notre cœur. Y penser n’est peut-être pas suffisant. Il faut réussir à entrer en contact avec eux. Non, non, je n’ai rien avalé ni fumé de spécial. C’est juste une réflexion que ce roman m’inspire. Ces conversations entre les morts et les vivants sont bluffantes, criantes de plausibilité et l’on se demande parfois si l’on est dans le bon espace-temps. Un vrai bonheur à lire. La preuve :
 Il arrivait que vers ces heures-ci, Winona, Johanes ou encore Nouk viennent me visiter. Ils entraient, et je les voyais aussi distinctement que je pouvais distinguer toute la misère incrustée dans cette pièce. Ils me parlaient, et ils étaient là, au plus près de moi. Depuis toutes ces années où je les avais perdus, ils allaient et venaient dans mes pensées, ils étaient chez eux, ils étaient en moi, ils disaient ce qu’ils avaient à dire, faisaient leurs affaires, s’efforçaient d’arranger le désordre de ma vie et toujours trouvaient les mots qui finissaient par me conduire vers le sommeil et la paix du soir. Chacun à sa façon, dans son rôle, ses attributions, m’épaulait sans jamais me juger. (…) Ils s’efforçaient seulement de reconstituer notre famille ».

Le dernier enfin, pour clore en beauté : « Ils étaient les morts les plus vivants de ce monde. Les plus fidèles, les plus aventureux aussi ». (…) J’étais bien. Je regardais les miens. Je pouvais sentir battre leur cœur et respirer leur souffle. Auprès d’eux, je me sentais en paix. J’avais le sentiment qu’ils protégeaient ma vie, tous les trois à leur façon. Je voulais qu’ils sachent à quel point je les aimais ».