Tuer le fils, de Benoît Séverac

par | 19/05/2020

Sorti en janvier 2020 à la Manufacture du Livre. Roman policier et/ou roman noir. 281 pages

Matthieu Fabas, « un gamin, un pauvre gosse maltraité, débordé par sa haine pour son père », perd sa mère à 6 ans, dans un accident de voiture dont le père est responsable. Il sera élevé par une brute épaisse qui ne l’aime pas.

En prison à Poissy où il purge une longue peine, il s’inscrit à un atelier d’écriture qui lui apportera beaucoup.

Recherche du père, flic accro à la confiture, malaise dans la police avec conflits générationnels, gestion de cécité avec chien d’aveugle mais un rebondissement final un peu lourd.
Dommage car c’est un polar plutôt bien mené que j’ai lu avec plaisir.

LE GRAIN DE SEL DE LA SL
Dernier roman paru de cet auteur prolixe de romans noirs dont plusieurs ont été primés, et présenté à sa sortie à La Grande Librairie, Tuer le fils est en effet une lecture agréable.
J’ai moi aussi trouvé la fin un peu « lourde ». Cela dit, ça manquait un peu de personnages côté suspects ; et quand deux pistes sont éliminées au premier tour et tôt dans les pages – les alibis c’est indiscutable -, il ne reste plus que deux suspects en lice. Alors si ce n’est pas l’un… c’est l’autre. E si ce n’est pas l’autre c’est… l’un.
On l’a bien compris, l’enquête policière n’est pas le plus important. Le roman est plus noir que policier au sens strict. L’énigme est résolue, le coupable découvert, mais l’auteur a opté pour une étude psychologique approfondie de ses personnages ; Mathieu, « le fils » en particulier. Les rapports humains sont soignés, tant les relations anxiogènes voire toxiques entre le père et le fils que celles de l’enquêteur Cérisol et de Sylvia son épouse aveugle. Les flics ne sont pas oubliés. Nous les suivons de près, jusque chez eux et découvrons des hommes et des femmes comme nous : avec des états d’âme, des conflits, des sentiments, des problèmes, des addictions et une vie personnelle parfois compliquée.
J’ajouterai quelques autres sujets à la liste de Cunégonde, traités avec justesse et humanité : le besoin de reconnaissance et d’amour chez un enfant, l’importance de l’écriture : Mathias rédige un journal en prison, le travail d’investigation de la police…
Au passage, une définition plutôt juste de l’intuition, celle des enquêteurs en tout cas : « L’intuition, ça n’existe pas. Une intuition, c’est un détail que vous avez remarqué sans y prêter attention et que votre inconscient n’arrive pas à oublier ».
Pour cette attention que l’auteur porte à ses personnages et l’analyse qu’il en fait, je lirai à coup sûr un autre de ses romans. Bientôt bien sûr…

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