Sorti en français une première fois en 2012 aux Editions Noir sur Blanc. Puis en novembre 2014 chez Libretto et enfin, réimprimé en 2019 chez le même éditeur. Traduit (de fort belle manière) du polonais par Margot Carlier. Roman. 285 pages. Sur les ossements des morts a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2017 : Spoor, d’Agnieszka Holland, réalisatrice et avec Olga Tokarczuk en co-autrice du scénario.

L’auteure. Olga Tokarczuk, née en 1962 à Sulechow en Pologne, d’un père bibliothécaire et d’une mère professeure de littérature, est l’écrivaine la plus populaire et la plus lue de son pays. À la fois poétesse, essayiste et romancière, elle a reçu, entre autres distinctions littéraires, le Prix Nobel de Littérature en 2018 pour l’ensemble de son oeuvre. Végétarienne et écologiste convaincue, elle milite ardemment pour la « cause animale », sujet essentiel dans le roman. Ces dernières années, elle est très mal vue du gouvernement polonais issu d’une droite conservatrice et nationaliste.

Les cinq premières lignes (qui donnent sacrément le ton général !) :
« Je suis à présent à un âge et dans un état de santé tel que je devrais penser à me laver soigneusement les pieds avant d’aller me coucher, au cas où une ambulance viendrait me chercher en pleine nuit ».

LA phrase la plus juste : « De longues années de malheur dégradent l’homme bien plus qu’une maladie mortelle ».

EN DEUX MOTS
Dans une région reculée de la Pologne, pendant l’hiver. Une héroïne généreuse, écologiste « à la racine », férue d’astrologie et de psychologie… Une série de meurtres étranges vient bousculer la petite communauté ; l’enquête piétine. Un polar étrange pétri d’humour noir, de suspense et d’humanité, foisonnant de mentions « métastrologiques » et de sujets graves comme la cause animale aujourd’hui, écrit d’une plume poétique hautement littéraire. Un énorme coup de cœur à lire absolument.

L’histoire se déroule sur un an au début du XXIe siècle dans les Sudètes, région polonaise très proche de la Tchéquie, dont la frontière se franchit à pied ou presque et qui nous est décrite comme un eldorado. Janina Doucheyko, la narratrice, vit dans une petite communauté rurale, un hameau de quelques maisons. Ingénieure des Ponts et chaussées à la retraite, elle donne bénévolement des cours d’anglais aux enfants du village et garde les maisons de ceux qui n’y viennent qu’occasionnellement, à la belle saison. En totale osmose avec la nature et les animaux qu’elle défend mordicus contre les chasseurs que sont tous les hommes qui l’entourent – l’un d’eux élève des renards pour vendre leur peau, elle ne se remet pas de la disparition soudaine de ses « deux petites filles ». Elle pratique la randonnée en solitaire ainsi que l’astrologie, pour laquelle elle est passionnée et incollable. Persuadée que tous les événements de la vie découlent de notre date de naissance et de notre ascendant, et qu’ils sont par conséquent entièrement prévisibles dans le temps, elle dit connaître le jour et l’heure de sa propre mort, tout en ajoutant : « et cela me rend libre ».
Alors bien sûr, avec toutes ces « qualités », elle ne fait pas l’unanimité dans le village, surtout auprès des hommes. Mais les quelques amis qu’elle a – Matoga, un voisin de son âge entiché d’elle, « Bonne Nouvelle », une jeune fille qu’elle a sauvée de la dépression, Dyzio, un jeune policier, passionné de William Blake autant que Janina des signes astrologiques et qui rêve de traduire avec elle toute son œuvre poétique –, lui suffisent. D’autant que les enfants de l’école l’aiment beaucoup et qu’elle le leur rend bien.

La vie suit le cours des saisons, les hivers sont rudes et les communications difficiles. Un jour, l’un de ses voisins, qu’elle avait baptisé Grand Pied et n’appréciait pas particulièrement car il braconnait, est retrouvé mort chez lui par Matoga, son voisin-ami. Cette mort, qui s’avère un meurtre, va marquer le début d’une série d’autres tout aussi étranges, les scènes de crime comportant toutes des traces de pattes animales, de sabots peut-être. La petite communauté commence à s’émouvoir, à s’inquiéter même. Qui sera le suivant ou la suivante ? Est-il possible que les animaux, que l’homme chasse et mange depuis toujours, las d’être les chassés, soient passés en mode Vengeance pour chasser à leur tour les chasseurs ?!

Voyant que la police ne fait pas grand-chose pour découvrir le coupable, Janina décide de mener sa propre enquête. Et celle-ci nous réserve bien des surprises et un dénouement i-ni-ma-gi-na-ble ! Inutile et impossible d’en dire davantage sur l’intrigue qui avance à pas de tortue pour notre plus grand plaisir tant les contours de l’histoire sont passionnants.
La part du mystère n’est pas oubliée, bien au contraire mais c’est à vous de le découvrir ; si vous devinez avant la toute fin qui tue dans la forêt, me le dire dans un commentaire serait sympa (il est très facile de s’inscrire et de partager sur Bouquivore)… Je suis très curieuse de le savoir car la frontière est, dans ces bois, mince et filante entre plusieurs notions, entre le monde « animal » et le monde « humain ».

L’écriture, à la hauteur supérieure du contenu qu’elle relate, composée de mots tantôt simples, tantôt érudits, est toujours juste et poétique. On se demande comment c’est possible mais c’est ainsi. La traduction est forcément excellente elle aussi pour un tel rendu dans notre langue. Olga Tokarczuk, incollable comme sa narratrice en matière d’astrologie ainsi que sur les habitudes des animaux de la forêt (y compris les insectes et les oiseaux), réussit par sa plume à nous emmener partout avec elle, à nous faire rire tout en nous décrivant un beau paysage ou en invectivant un chasseur (par exemple).
Comme ici, mêlant tristesse et paysage hivernal : « En contemplant le paysage noir et blanc du plateau, j’ai compris combien la tristesse était un mot important dans la définition du monde. Elle se trouve à la base de tout, elle est le cinquième élément, la quintessence.
Le paysage qui s’ouvrait devant mes yeux se composait de nuances de blanc et de noir qu’entrecoupaient des lignées d’arbres aux lisières des champs. Là où l’herbe n’avait pas été fauchée, la neige ne parvenait pas à recouvrir la terre d’une surface blanche et unie. Des brins séchés transperçaient la couche neigeuse, donnant l’impression qu’une main gigantesque commençait à esquisser un motif abstrait, qu’elle s’exerçait à effectuer des touches rapides, délicates et subtiles. Je regardais les belles figures géométriques des champs, leurs tracés et leurs rectangles, différents dans leur structure, pourvu chacun d’une teinte particulière, et qui s’inclinaient à présent devant la brusque tombée du jour »
.

Et tout est à l’avenant. Jamais on ne se lasse. J’ai fini, oui, par m’intéresser aux considérations « métastrologiques » de Janina, alors que l’alignement des planètes (ou leur déplacement, leur conjonction) ne fait guère partie des sujets que j’aborde régulièrement avec passion. Juste pour cette si belle plume, Sur les ossements des morts, premier roman que je lis d’Olga Tokarczuk, le plus « accessible » paraît-il, n’est certainement pas le dernier.

Mon regard sur le livre. C’est bien simple : ici tout est excellent, jouissif. De l’écriture à l’étude psychologique en passant par le suspense et son final assez hallucinant. Oui. Cependant, tout l’intérêt de Sur les ossements des morts repose sur la personnalité de Janina. Exclusivement et quand bien même le dénouement en laissera plus d’un sur le carreau ! Sans Janina, pas de roman. Ou juste une histoire sans plus, insipide.
Janina (une petite soixantaine active, pêchue bien que douloureuse dans ses os) est la femme que tout homme d’âge mûr rêverait d’avoir ou d’avoir eue et que toute femme rêverait d’être, à condition d’en être digne et de pouvoir, aussi, supporter au quotidien la femme et ses extravagances. À moins que ce ne soit le contraire : tout homme s’enfuirait à son approche pour ne pas subir ses reproches ou ses invectives toujours franches et toujours directes.
Car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est passionnée et n’a pas peur des mots. Avec personne. Son épaisseur psychologique conséquente flirte avec les deux extrêmes. C’est une femme hors normes, un peu comme si elle avait les qualités et les défauts de ses qualités et/ou des défauts et leurs qualités. La soixantenaire parfaite ? Mouais mais oui… Car la liste de ses qualités « morales » est plus longue à établir que celle de ses défauts. Son amour incoercible de la nature, sa franchise, son caractère trempé mais juste, sa générosité naturelle, son sens de l’humour (caustique certes), sa langue fleurie, sa défense de toutes les espèces animales (par respect, elle enterre tous les animaux morts, et leur prête de véritables pensées, notamment aux chiens)…
Janina est unique en son genre et ne laisse personne indifférent, ni dans l’histoire ni chez les lecteurs. Avec elle, on est dans l’empathie absolue. Détail amusant : les êtres et les objets, qui pour elle ont une âme : maison, voiture, sont rebaptisés par ses soins quand leur prénom ne lui sied pas s’il ne les définit pas justement. Ainsi l’agréable Bonne-Nouvelle, le méchant voisin mort Grand Pied, sa voiture Samuraï Suzuki. Très cultivée (à l’image de sa créatrice), elle est incollable en botanique, en météorologie et en astrologie (nul doute qu’Olga Tokarczuk a fait « quelques » recherches dans ce domaine avant d’entreprendre l’écriture) et elle ne craint aucunement la mort. De tous ces sujets elle parle librement et longuement, avec un lyrisme quasi mystique, sans jamais nous lasser.

À côté d’elle, tous les autres personnages, dotés pourtant d’un charisme certain, font pâle figure. Tout juste l’accompagnent-ils, avec plus ou moins d’efficacité, dans sa quête de la vérité. Matoga, pendant masculin de Janina, est son exact contraire ; nonobstant leur solitude individuelle, qui les rapproche à l’occasion, les deux personnages sont aux antipodes l’un de l’autre : elle est désordonnée et fantasque quand il est d’une propreté et d’un ordre frôlant la maniaquerie, elle est aussi bavarde qu’il est taiseux, révoltée quand il est juste réservé, placide… Leurs relations, de bon voisinage, sont amicales.
Les autres, les personnages secondaires, sont peu nuancés dans leur caractère et leur comportement. Les plus nombreux sont aussi les plus âgés ; chasseurs et policiers pour la plupart, ce sont les pointures sociales du village ; ils s’avèrent franchement antipathiques et « respirent » la mort à plein nez. Quant au curé, c’est à voir… Les jeunes : Bonne-Nouvelle, une jeune fille que Janina a sauvée de la dépression, Dysio, mi-étudiant mi-policier-informaticien et les enfants de l’école du village, sont au contraire pleins de vie et de bonnes intentions.
Cette petite communauté rurale est scrutée à la loupe par Olga Tokarczuk qui n’omet rien dans les portraits psychologiques qu’elle en fait. Une belle galerie de personnages au fond des bois, qui nous livre une histoire incroyable… mais vraie.

Par ailleurs, traités avec un humour souvent caustique (notamment une scène avec le dentiste du village), de nombreux sujets tangibles, métaphysiques ou psychologiques sont abordés, par l’intermédiaire des réflexions de Janina et l’avancée de l’enquête. Des sujets qui tous dénotent énormément de connaissances et de recherches de la part de l’auteure.

Je dirai pour finir que contrairement à son titre, Sur les ossements des morts n’est pas seulement un roman noir bourré d’humour (noir lui aussi) et de mélancolie, ou même un polar très original. Il est cela, mais d’abord un brûlot pour la préservation de la faune et de la flore ; un plaidoyer pour la cause animale et contre les chasseurs, qui mêle habilement l’écologie, les beaux (et les moins beaux) sentiments à des considérations générales intéressantes sur le monde, sur la vie, l’astrologie, sur l’histoire et l’avenir incertain de l’humanité si l’homme ne fait pas preuve de plus de jugeote et de solidarité. Sans oublier la place de cette femme au charisme inouï : Janina qui, d’Ingénieure des Ponts et chaussées, devient institutrice puis professeure de langues et gardienne de maisons, vivant en solitaire dans un lieu perdu et peu praticable en hiver. Oups, j’allais l’oublier : Sur les ossements des morts est un énorme coup de cœur et je le relirai !

À l’heure où je termine cette chronique, le monde est à l’isolement. Confiné. À Wuhan en Chine, quelques personnes mal avisées ont mangé une viande « défendue », du pangolin. Un petit animal charmant, une espèce protégée car en voie de disparition. Il est dit aussi que des chauves-souris seraient les « complices » des pangolins. Cherchez l’erreur. Ou plutôt le coupable : le pangolin, la chauve-souris ou l’homme ?
L’Australie brûle à grand feu, les glaciers et les icebergs fondent à grande eau, la Méditerranée est devenue le plus grand cimetière du monde, des îles de rêve renferment des tonnes de déchets nucléaires provenant des essais américains de bombe H pour la plupart dans des réservoirs qui ne demandent qu’à s’ouvrir, et une pandémie est en train de ravager le monde, venue des tables chinoises… La Terre est malade de l’homme.

Tiens donc, « Les animaux malades de la peste », ne fut-ce pas le titre d’une fable de La Fontaine (1678, Livre VII, Fable 2) ? Si bien sûr. Et si les rôles avaient fini par s’inverser ?
Des romans, de plus en plus nombreux, écrivent en toutes lettres que « notre » Terre et tout ce qui la compose va bientôt se rebeller contre celui qui la tue : l’homme. Nous y sommes, depuis un bon bout de temps.
Hier, ces romans étaient dits « de genre » et ce genre s’apparentait à l’anticipation, la dystopie, la science-fiction voire un beau mélange. Ils parlaient de demain. Aujourd’hui, ils ne sont plus « de genre », ils sont contemporains, réalistes, et parlent d’aujourd’hui.
Cherchons l’erreur, à nouveau. Ou plutôt le coupable : le pangolin, la chauve-souris, d’autres animaux, ou l’homme ?
Sans oublier le réchauffement climatique qui continue inexorablement à nous réchauffer et les volcans qui meurent d’impatience… Des maladies graves et endémiques là aussi, nous guettent
. La nature nous a à l’œil.

DES EXTRAITS, qui ont force d’aphorismes et qui vont je sais vous faire dévaler les escaliers ou courir dans l’allée, monter en voiture, pour vous le procurer… Dans quelques semaines maintenant.

Sur l’adolescence et les adolescents (avis tout personnel d’Olga mais intéressant)  : « Les enfants m’avaient toujours bien plus intéressée que les adultes, moi-même je suis restée un peu infantile. Il n’y a pas de mal à cela. L’essentiel, c’est de s’en rendre compte. Les enfants sont flexibles, souples, ouverts et sans prétention. Ils ne vous assomment pas des banalités dont se servent volontiers les adultes pour mieux escamoter leur vie. Hélas, plus ils sont grands et plus ils succombent à la domination de la raison ; dès lors, il n’est plus aussi facile ni naturel de les remettre sur la bonne voie. C’est pourquoi seuls les petits me procuraient de la joie. Les enfants plus âgés, disons au-delà de dix ans, je les trouvais plus répugnants encore que les adultes. C’est l’âge auquel l’enfant perd toute son individualité. Je les voyais se figer à l’approche inévitable de l’adolescence, devenir peu à peu soumis à l’idée d’être comme les autres. Certains, peu nombreux, étaient encore tiraillés par des luttes intérieures, opposant une résistance à cette forme nouvelle, mais eux aussi finissaient par capituler presque tous ».

Sur le sentiment de colère « positive » (est-ce un sentiment ?) : « La colère fait que l’esprit devient plus clair et pénétrant, elle permet de mieux voir. Elle domine les autres émotions et exerce une maîtrise sur le corps. Pas de doute, c’est de la colère que vient la sagesse, car seule la colère est capable de dépasser toute frontière ».
Et bien plus loin, presque à la fin : « La colère laisse toujours derrière elle un vide qui, très vite, est inondé par la tristesse dont la vague coule comme une rivière, se déversant sans début ni fin« .

Sur la lumière éternelle (c’est ainsi qu’Olga nomme la mort), une réflexion d’une très grande pertinence sur l’(in)utilité des prières pour éloigner la mort  : « Nous chantions la lumière, invisible à nos yeux, mais que nous allions percevoir, une fois morts. Aujourd’hui, nous la voyions comme dans un miroir déformant, mais le jour viendrait où nous présenterions devant elle. Et elle nous envelopperait, car elle était notre mère à tous, nous en étions issus. Chacun de nous portait en soi une particule infime de cette lumière. Tout bien réfléchi, la mort devrait plutôt nous réjouir. Voilà à quoi je pensais en chantant, même si je ne croyais pas à une distribution personnalisée de la Lumière éternelle. Dieu ne s’en occupera pas, ni aucun comptable céleste. Jamais une seule personne, surtout si elle est omnisciente, ne pourrait supporter tant de souffrances, me semble-t-il, elle s’effondrerait sous la pression de cette douleur, à moins de constituer des mécanismes d’autodéfense, à l’instar de l’homme. Seule une machine serait capable d’endurer tout le malheur du monde. Un mécanisme simple, efficace et juste. Mais si tout devait se faire de façon mécanique, nos prières ne servaient strictement à rien ».

Sur la cause animale et les rapports (idéaux) homme-animaux ; l’auteure va loin, très loin et très juste : « C’est pourtant simple, l’homme a un devoir à accomplir envers les animaux : les aider à vivre leur vie jusqu’au bout ; quant aux espèces apprivoisées, il doit leur procurer amour et tendresse, car les bêtes nous donnent bien plus qu’elles ne reçoivent de nous. Il est important qu’elles puissent vivre leur vie dignement, qu’elles se mettent en règle avec leur milieu naturel et valident leur semestre dans le registre karmique : « J’ai été un animal, j’ai vécu et mangé ; je suis allée dans les pâturages verts, j’ai mis bas, et j’ai réchauffé mes petits de mon corps ; j’ai construit des nids, j’ai fait ce qui était de mon devoir ». Quand on tue des animaux et qu’ils meurent dans la peur et la terreur, comme ce sanglier dont le corps s’étalait hier à mes pieds, avili, couvert de boue et de sang séché, transformé en charogne, alors on les condamne à aller en enfer, et le monde entier devient l’enfer. Est-ce que les gens ne le voient pas ? Est-ce que leur esprit est capable de dépasser leurs petits plaisirs égoïstes ? Le devoir que nous avons envers les animaux, c’est de les mener – à travers leurs vies successives – vers leur libération. Nous allons tous vers cette même direction, de la dépendance à la liberté, du rituel au libre arbitre ».

Enfin, bien d’autres passages que je ne peux vous livrer sans trop en dire, sur un grand nombre de sujets passionnants, bien traités par une femme au charisme fort et engagée jusqu’au bout des ongles. Au premier rang desquels la cause animale… Sur les ossements des morts est une grande réussite, un véritable petit chef-d’œuvre de générosité, de « multiculture », de lucidité, de justesse et de suspense. Ecrit d’une plume poétique, humoristique véritablement littéraire, ce qui enchante notre esprit.
Ce roman est depuis quelques semaines d’une grande actualité. Les médecins des corps sont à l’oeuvre sans relâche au péril de leur vie.
Les médecins de l’âme, ce sont les écrivains. LISONS-LES ! Eux aussi travaillent sans relâche. Pour nous éclairer, nous guider, nous mener un à « dieu » qui ne tue pas, ou ne laisse pas tuer : la nature, seule déité à révérer, respecter, aimer, et que nous martyrisons ! Et non, je ne suis pas moraliste, seulement réaliste. L’homme a-t-il vraiment besoin de manger du kangourou, du hérisson, du porcelet, du veau, du pangolin ?
Enfin, en cette période aussi trouble, aussi troublante, pourquoi ne pas consacrer sa lecture aux œuvres « anticipationnistes », science-fictionnelles ou « dystopistes » ? Les chefs-d’oeuvre ne manquent pas en ces domaines littéraires, les titres foisonnent sur internet, allant du thriller le plus terrifiant à l’essai le plus rigoureux en passant par des romans éclairés, tous comportant une grande vraisemblanceIl y en a pour tous les goûts. Promis, je m’y mets moi itou ! Même si je suis certaine que je vais lire là des romans d’une grande actualité !