L’écrivain est dans une situation de déséquilibre, il ne sait pas à quoi il sert, hésitant entre un métier intellectuel d’intermédiaire et le métier manuel d’artisan qu’est l’acte d’écrire. Ecrire, c’est d’abord combler le vide de la personne qui écrit, c’est aussi une communication. Je ne sais pas si la littérature peut sauver le monde, mais je sais que s’il n’y avait pas eu Cervantès ou Malcolm Lowry, le monde aurait de plus grandes difficultés encore. Cervantès m’a toujours imprégné depuis qu’enfant, j’avais découvert l’exemplaire de Don Quichotte de mon arrière-grand-père qui était juge à l’île Maurice. Ce livre était rempli de feuillets où il faisait le lien entre les aventures de Don Quichotte et l’île Maurice