SI LA LITTÉRATURE DEVIENT PASSION, C’EST BIEN QUE TOUT EST DANS LES LIVRES !

Mon nom dans le noir ⇜ Jocelyn Nicole Johnson

Jocelyn Nicole Johnson

Jocelyn Nicole Johnson est une jeune autrice afro-américaine. Elle vit à Charlottesville (Virginie), une ville qu’elle connaît bien, là où se déroule le drame fictionnel de ce roman. Elle enseigne l’art. Après des nouvelles publiées dans des magazines et revues littéraires, son premier roman Mon nom dans le noir (My Monticello pour la version originale américaine) est sorti en France pour cette première rentrée littéraire de 2024, dans la remarquable collection de Francis Geffard, Terres d’Amérique. My Monticello, encensé par la critique en son pays, y a également reçu de nombreux prix littéraires prestigieux.

Une fois savouré ce premier, dont les deux femmes principales et leur histoire m’ont habitée longtemps, j’attends le second avec une grande impatience.

L’histoire se déroule à Charlottesville, en Virginie, sur une courte durée, une petite vingtaine de jours. Peu importe que les faits aient lieu hier, aujourd’hui ou demain, l’histoire est contemporaine. Une sorte d’apocalypse, appelée ici “le démantèlement”, a eu lieu, avec l’effondrement du “jeune” vieux monde.
Après des tempêtes-tornades, des incendies et des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents devenus incontrôlables, un dernier plus violent que les autres a provoqué en Amérique la coupure définitive de l’électricité, entraînant un chaos total, tant social et politique que climatique (chaleur extrême, printemps caniculaire, pluies diluviennes…). Nous lisons : ”ce serait le printemps le plus chaud jamais observé, avaient annoncé les médias, du temps pas si lointain où il y avait encore des médias”.
Les Noirs sont montrés du doigt et pourchassés par des bandes de suprématistes blancs, le grand péril pour les Noirs, qui sévissent à Charlottesville comme ailleurs.
Dans le quartier de First Street vit une collectivité hétérogène : des Noirs, des Blancs, des jeunes et des gens âgés, de classes sociales différentes, mais toutes modestes. Quelques-uns réussissent à s’enfuir de justesse, à bord d’un vieux bus abandonné dans la rue.Une étudiante noire, Da’Naisha Love, prend la tête du petit groupe de fugitifs et le conduit – presque malgré elle – à Monticello. Monticello, c’est l’immense propriété de Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis (1801-1809) qui y a vécu, entouré de sa famille et de “ses” deux cents esclaves, et y est mort.
Or Da’Naisha Love connaît bien Monticello pour y avoir travaillé l’été pendant ses études ; mais surtout à titre personnel : sa grand-mère lui a révélé qu’elle était une descendante authentifiée de Thomas Jefferson. Son aïeule Sally Hemings était la maîtresse noire préférée du président Jefferson. Le fait de s’y réfugier avec son groupe a un double effet sur elle : une crise identitaire avec une colère rentrée, mêlée d’une sorte de fierté devant cette demeure construite pour partie par ses ancêtres (Monticello qu’elle appelle en solitaire “tout bas dans ma gorge, notre Monticello”). En même temps, elle éprouve de la culpabilisation d’avoir emmené les fugitifs dans un endroit si exposé aux suprématistes qui s’en croient propriétaires sans limite temporelle. Le bâtiment et ses dépendances, le site tout entier a une importance symbolique dans l’intrigue et pour les personnages, c’est un lieu chargé d’histoire, dont l’édification a peut-être “utilisé” un ou plusieurs de leurs ancêtres. Monticello est une sorte de musée indien et africain, qui recèle une multitude d’objets d’art collectés, à travers lesquels les fugitifs revoient toute l’histoire de l’Amérique depuis la colonisation européenne.

L’histoire se déroule à Charlottesville, en Virginie, sur une courte durée, une petite vingtaine de jours. Peu importe que les faits aient lieu hier, aujourd’hui ou demain, l’histoire est contemporaine. Une sorte d’apocalypse, appelée ici “le démantèlement”, a eu lieu, avec l’effondrement du “jeune” vieux monde.
Après des tempêtes-tornades, des incendies et des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents devenus incontrôlables, un dernier plus violent que les autres a provoqué en Amérique la coupure définitive de l’électricité, entraînant un chaos total, tant social et politique que climatique (chaleur extrême, printemps caniculaire, pluies diluviennes…). Nous lisons : ”ce serait le printemps le plus chaud jamais observé, avaient annoncé les médias, du temps pas si lointain où il y avait encore des médias”.
Les Noirs sont montrés du doigt et pourchassés par des bandes de suprématistes blancs, le grand péril pour les Noirs, qui sévissent à Charlottesville comme ailleurs.
Dans le quartier de First Street vit une collectivité hétérogène : des Noirs, des Blancs, des jeunes et des gens âgés, de classes sociales différentes, mais toutes modestes. Quelques-uns réussissent à s’enfuir de justesse, à bord d’un vieux bus abandonné dans la rue. Une étudiante noire, Da’Naisha Love, prend la tête du petit groupe de fugitifs et le conduit – presque malgré elle – à Monticello. Monticello, c’est l’immense propriété de Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis (1801-1809) qui y a vécu, entouré de sa famille et de “ses” deux cents esclaves, et y est mort.

Or Da’Naisha Love connaît bien Monticello pour y avoir travaillé l’été pendant ses études ; mais surtout à titre personnel : sa grand-mère lui a révélé qu’elle était une descendante authentifiée de Thomas Jefferson. Son aïeule Sally Hemings était la maîtresse noire préférée du président Jefferson. Le fait de s’y réfugier avec son groupe a un double effet sur elle : une crise identitaire avec une colère rentrée, mêlée d’une sorte de fierté devant cette demeure construite pour partie par ses ancêtres (Monticello qu’elle appelle en solitaire “tout bas dans ma gorge, notre Monticello”). En même temps, elle éprouve de la culpabilisation d’avoir emmené les fugitifs dans un endroit si exposé aux suprématistes qui s’en croient propriétaires sans limite temporelle. Le bâtiment et ses dépendances, le site tout entier a une importance symbolique dans l’intrigue et, pour les personnages, c’est un lieu chargé d’histoire, dont l’édification a peut-être “utilisé” un ou plusieurs de leurs ancêtres. Monticello est une sorte de musée indien et africain, qui recèle une multitude d’objets d’art collectés, à travers lesquels les fugitifs revoient toute l’histoire de l’Amérique depuis la colonisation européenne.

La petite communauté s’installe dans l’immense villa, sidérée par la beauté du lieu et terrifiée par ce qui pourrait y advenir. Avec la réalisation de ce qu’ils ont perdu – tout ce qu’ils avaient –, leur sensation de sécurité à  l’arrivée est de courte durée. Surtout, la peur du retour des hommes blancs avec le feu est prégnante. Assez vite, la tension devient palpable, avec des changements de rythme subits, allant d’un calme toujours précaire quand l’histoire de chacune et chacun nous est racontée par la narratrice, ou dans un passage douloureux qui se déroule dans le coffre d’une voiture, à une scène ultra violente dans laquelle l’héroïne est impliquée. Une scène parmi tant d’autres, le suspense va crescendo et l’émotion est constante, il y a des enfants dont un bébé dans le groupe.

Jusqu’au compte à rebours final, dramatique, angoissant, et à la fin déchirante (ou non selon ce que l’on y comprendra) dans les trois dernières pages. J’ai préféré y voir une lueur d’espoir, fût-elle aussi mince qu’un fil de soie… Et je serais volontiers restée longtemps aux côtés de Da’Naisha Love, avec MaViolet et Knox et tous les autres. Il est difficile de se séparer de ce groupe si humain.

Le style confère à la narration un caractère d’urgence avec une tension qui va crescendo. Jocelyn Nicole Johnson écrit dans une langue forte, sensible, avec pourtant une certaine retenue, assurément parce qu’elle parle de gens qui ont peur. Sans être totalement dans le style indirect, les dialogues sont inclus dans les paragraphes, séparés du texte courant par des virgules et un passage à l’italique, et cela passe on ne peut mieux, modernisant la forme sans pour autant en alourdir la narration. Le cadre de Monticello et les scènes violentes s’y prêtant, certains passages sont dépeints avec un grand réalisme visuel.

L’écriture mélange une belle élégance littéraire et des termes violents. Certes les mots sont forts, durs, chacun claque à nos yeux et nous fait mal à l’âme, mais pas autant que les faits qu’ils racontent.
Une question peut-être sans intérêt que je me suis posée : pourquoi ne pas avoir traduit le titre originel My Monticello par Mon Monticello ? Par souci d’esthétisme peut-être. Même si l’explication du rapport entre la bâtisse de Thomas Jefferson et la narratrice est souvent reprise, garder le nom de ce lieu si emblématique en ajoutant simplement le pronom possessif n’aurait pas démérité.

Un regard sur le livre. Mon nom dans le noir est un premier roman choc, une dystopie à la lettre qui se lit la rage au cœur et nous donne à lire, presque à voir une réalité extrême avec des mots d’un réalisme tout aussi extrême. Une réalité qui dure depuis la nuit des temps, celui du post-colonialisme-esclavagisme. Le Ku Klux Klan n’a qu’à peine changé de visage, et de comportement. Dans certains états américains dont la Virginie, le racisme fait partie intégrale du paysage, le suprémacisme blanc s’affirme et s’affiche de plus en plus ouvertement, surtout depuis la fin de la présidence d’Obama avec un point culminant au moment de l’assaut du Capitole à Washington en janvier 2021 à l’initiative de Donald Trump qui contestait la victoire électorale de Joe Biden. Les hommes en noir défilent autour des statues des “grands hommes fondateurs” de l’Amérique, Thomas Jefferson entre autres. Et cela prend encore plus de sens et de force aujourd’hui alors que Donald Trump, malgré toutes ses inculpations et ses accusations, caracole en tête des sondages et risque bien de redevenir président des Etats-Unis. Et ça, ça fait froid dans le dos.
Car l’histoire se répète ou pire, elle continue. Avec, à chaque vague houleuse, un écho contemporain tragique. Ce n’est pas le dérèglement climatique et les vagues migratoires qu’il va nécessairement engendrer qui arrangera les choses. Sans parler des changements politiques qui se profilent dans plusieurs continents…

Mon nom dans le noir ⇜ Jocelyn Nicole Johnson

En dépit de son sujet dramatique, du resserrement dans le temps de l’histoire et de la tragédie qui se déroule devant nous, notre plaisir de lecture est intense. Il découle en premier lieu des personnages qui habitent les pages. Tous les fugitifs, de simples voisins qui se sont regroupés dans le hasard de l’urgence – et ceux qui les rejoignent -, ont un passé récent qui n’appartient qu’à eux et à leurs proches. Ils sont cependant décrits avec compassion, compréhension et empathie. La narratrice parle à la première personne mais ne se met jamais en avant, et considère les personnes qui l’accompagnent avec beaucoup de bienveillance. En racontant leur vie passée et les raisons de leur présence pour ceux qui sont arrivés plus tard – certaines histoires sont difficiles à lire -, elle leur confère une grande épaisseur psychologique qui nous permet de mieux comprendre leurs comportements, et leurs liens personnels pour certains d’entre eux.

En quelques jours le groupe forme une famille disparate dont les membres (âgés de trois mois à soixante-dix-huit ans) se querellent, se réconcilient, se comprennent, ou non mais se supportent. Et s’aiment. Car oui, face à cette violence barbare des Blancs envers les minorités noires (essentiellement mais pas seulement), il y a l’amour. L’amour avec un grand A, présent partout et sous toutes ses formes. L’amour mutuel, réciproque. Son omniprésence nous réchauffe le cœur. Il y a là, dans cette petite communauté l’amour familial (fraternel, maternel, paternel, filial… celui des couples de parents, de Da’Naisha et Knox, son petit ami (blanc, étudiant et très amoureux lui aussi). Et, même quand il est physique, cet amour entre un homme et une femme relie un cœur à un autre cœur en mêlant les deux corps. Rarement les scènes d’amour sont décrites de manière si sensuelle et si pudique. 

Puis, sautant une génération, l’amour de MaViolet pour sa petite-fille Da’Naisha, le plus fort peut-être, qui personnellement m’a beaucoup touchée. Les passages racontant leurs rapports sont de plus en plus poignants à mesure que le temps se rétrécit, que le danger se rapproche. A croire que ces peuples que les Européens blancs stigmatisent depuis toujours, soit depuis la colonisation et l’esclavage, les personnes “de couleur” – expression commode pour ne pas dire les “non blancs” – sont plus amoureux, plus aimants, plus amicaux. Plus aimables. Plus sensibles, plus solidaires.
Thème que l’on retrouve dans toute la littérature amérindienne, celle dite “autochtone” pour d’autres pays (toujours vivace, oui !) et afro-américaine, dont nombre d’auteurs publient dans le giron de Terres d’Amérique.

Et les nouvelles voix, celles des femmes et celles des hommes, ne mâchent pas les mots, elles les articulent en les posant sur leurs pages avec justesse et humanisme, dans une langue superbe et acérée, comme celle de Jocelyn Nicole Johnson.

Autre sentiment fort ressenti dans les pages : l’amitié, qui lie de nombreux personnages, qu’ils se connussent ou non avant les événements. Tous ces sentiments conduisent les membres de cette famille composite à une grande solidarité presque immédiatement instaurée : une fois installé, chacun veille sur soi et les siens mais prend également soin des autres. Des sentiments si forts, reflets d’un humanisme persistant, nous mouillent eux aussi les yeux, de bonheur cette fois.

Parmi les personnages, les femmes sont à l’honneur. Plus nombreuses que les hommes, elles sont aussi plus fortes, plus organisées, et plus solidaires. Plus intuitives, telle Da’Naisha qui dit “sentir depuis toujours” les choses (et les hommes en noir) arriver. “Je le sais comme savent les fantômes, je le sais comme savent les mères”, nous dit-elle et nous la croyons. Elle et sa grand-mère malade portent bien haut le drapeau féminin parce qu’elles ont un lien “physique” avec le maître de Monticello ; mais les autres femmes sont tout aussi bienveillantes, juste un peu moins présentes. Un passage intéressant, très emblématique du rôle joué par les femmes et du danger qu’elles encourent est celui où Ms Edith les réunit toutes pour les mettre particulièrement en garde en ces termes :

“Il faut qu’on fasse très attention, a poursuivi Ms Edith. Même en ce moment. Surtout en ce moment. En fait, il faut qu’on fasse attention tout le temps. Tout le temps. C’est comme ça pour toutes les femmes, sans exception, et ce depuis la nuit des temps. Il faut qu’on veille les unes sur les autres. (…) Elle nous a exhortées à faire preuve de bon sens en nous protégeant les unes les autres des hommes que nous ne manquerions pas de de croiser à notre retour en ville ou de ceux qui pouvaient débarquer d’un moment à l’autre. Elle a dit que nous devions même faire attention avec ceux qui étaient déjà là, nos pères et nos frères. Nos amis et nos amoureux”. 
“Prenons soin de nous-mêmes et les unes des autres. Et nous avons toutes acquiescé”.

Sur la fin « du jeune monde », le démantèlement, à retenir un “détail pratique” de taille, même si c’est une évidence : le rôle majeur que joue la fée Électricité dans notre vie de tous les jours et l’importance de son absence dans tous les domaines. Sans elle, plus rien ne fonctionne, rien de rien, le monde semble irrémédiablement perdu. Le chaos ne commence résolument qu’après la dernière et définitive coupure de celle-ci. C’est ainsi que finira notre monde si nous n’y prenons garde. Ce thème est récurrent dans toutes les dystopies, et elles sortent désormais en nombre à chaque rentrée littéraire. La science-fiction n’a de fiction plus que le nom.
Pourtant, celle-ci a quelque chose de particulier. Elle se déroule dans un futur immédiat et prend racine dans des faits réels, pas seulement dans des constatations certes avérées mais d’ordre plus général.

Voilà. Je ne vous ai rien dit ou presque. Il reste tout à lire. Ce premier roman est une réussite absolue, non pas un coup de cœur même si celui-ci en prend un, mais un coup de poing, ou d’épée, ou de marteau droit dans le cœur. Son intensité de la toute première à la toute dernière page, sa plume si belle pour relater le noir, les sentiments forts qui lient les personnages, leurs réflexions et le charisme sans faille de son héroïne, tout contribue au plaisir de lecture (hormis les hommes en noir mais ils sont là).
Ces quelque deux cents pages se lisent lentement, les yeux ouverts ou fermés selon les passages et avec une émotion incontrôlable faite d’une grande peine pour la petite famille et d’admiration pour l’héroïne qui jamais ne s’apitoie sur son propre sort pourtant peu enviable en cette période.
Inutile de vous inviter à courir chez votre libraire préféré, vous comptez le faire… Et de le lire toutes lectures cessantes. De le savourer pour ses personnages, pour son écriture, et pour la réflexion qu’il nous offre. Je ne remercierai jamais assez Francis Geffard de me proposer ses si belles découvertes littéraires à côté desquelles je passerai peut-être par manque d’information (ou de temps). 

DES MOTS SI BEAUX POUR DIRE DES CHOSES SI TRISTES

La bienveillance de Da’Naisha lorsqu’elle écoute les histoires des nouveaux arrivants :
“Quand quelqu’un racontait son histoire, je sentais invariablement mon cœur gonfler comme un colosse de douleur dans ma poitrine. J’avais mal (…) et parfois le cœur si lourd et meurtri que je pouvais à peine bouger ou parler”…

L’amour absolu de Da’Naisha pour sa grand-mère MaViolet la pousse à risquer sa vie en retournant dans sa maison pour y récupérer les médicaments oubliés. Un passage qui m’a mis les larmes aux yeux :
“Il me semblait qu’il fallait que j’y aille parce que j’étais la seule à pouvoir récupérer les médicaments. Et aussi parce que j’avais besoin de voir notre petite  maison, voir si elle était encore debout. J’avais besoin de voir les étagères de MaViolet ; toute une vie d’objets collectés. Au centre, il y avait une photo de nous trois : MaViolet, maman et moi. Un matin de Pâques, bien avant que j’apprenne que maman était malade. avant même d’apprendre que les mamans pouvaient tomber malades au point de nous quitter en mourant. Sur cette photo, nous formions une trinité aux tons pastel : Momma entre nous deux, avec sa petite pochette en cuir blanc à chainette dorée. Il me semblait que la maison de MaViolet était le musée de notre petite famille rabougrie, et j’avais besoin de la revoir, entre quatre murs ou en cendres, une dernière fois”.

Le culte des fondateurs blancs à travers les hommages faits à leurs statues :
“J’ai repensé à la diversité des groupes qui se rassemblaient autour de la statue de Jefferson sur le campus universitaire, à ceux qui encerclaient les monuments anciens dans les jardins publics de la ville. La menace que constituent ces reliques statuaires m’était apparue lorsque j’en avais appris davantage sur le contexte de leur édification. Mon inquiétude a encore grandi quand j’ai vu ces hommes défiler au pas et entonner leur chant effroyable autour de ces monuments. Comme pour glorifier la mémoire d’une histoire dont ma famille espérait que l’Amérique n’oublierait jamais l’innommable”.

L’amour naturel de son prochain, qui va de pair avec celui de la nature :
“C’était ma nouvelle famille, celle que je m’étais choisie. Pourquoi aimons-nous ce que nous aimons ? J’ai ressenti tant d’amour, alors, pour chacune des âmes présentes en ce lieu, parce qu’elles m’étaient à la fois semblables et différentes. Parce que nous faisions désormais partie d’un même tout. (…) Je jure que je l’aimais, cette terre riche et limoneuse, et aussi ses arbres, les arbres surtout. Parce que nous faisons tous partie d’un même tout, absolument sacré”.

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