Journal d’un vampire en pyjama, de Mathias Malzieu

EN DEUX MOTS. Ce vampire en pyjama nous délivre des recettes pour percevoir le monde de notre quotidien de manière positive.

Ce livre est une leçon sur l’amour de la vie !!!

A lire absolument.
Sorti en janvier 2016 chez Albin Michel, puis au Livre de Poche. 226 pages. Fragments d’autobiographie, sous forme de journal.

L’auteur. Mathias Malzieu est né en 1974 à Montpellier, il grandit à Valence. Aucun doute, il a dû tomber dans un chaudron de potion poétique à la naissance… Car tout ce que fait cet homme en est magnifié : il écrit des livres, des chansons (il est le chanteur du groupe Dionysos crée en 1993), et il réalise des films.

Et je ne le connaissais pas ! Merci à la Serial lectrice d’avoir mis ce livre entre mes mains ! Quand je l’ai sorti du sac je me suis demandé ce que c’était… un titre qui me suggérait quelque chose de totalement déjanté… j’ai failli le mettre de côté.
Je serais passée à côté d’une merveille. Hésité une deuxième fois pourtant quand j’ai compris la gravité du sujet : cet auteur a appris en 2013 qu’il était atteint d’une maladie extrêmement rare et grave, une panne de moelle osseuse comme il dit. Il tient alors le journal de ce combat contre la maladie. Je craignais un côté plombant, pathétique… Pas du tout, l’auteur réussit un tour de force : il nous fait vivre tout cela avec humour et poésie !

« Ma meilleure évasion reste la création. L’invention. Les liens fragiles et magiques à tisser entre le rêve et la réalité. La poésie est le dessert de l’esprit, l’humour en est le fruit. »

Et si c’était cela, cette créativité poétique qui l’avait sauvé côté mental, à part égale avec la fameuse greffe côté médical et physique ? Galvanisé par une volonté hors du commun il résiste à des mois passés en chambre stérile, aux quelque cent cinquante transfusions diverses. Il pédale sur un vélo d’appartement (avec quelle force ?).
Et il écrit ce journal qui ne peut que nous entrainer à nous remettre en question : comment pouvons-nous nous plaindre pour des peccadilles ? Lui a côtoyé la mort de si près ! Il personnalise cette menace sous la forme de Dame Oclès femme vénéneuse, sexy dans les bras de laquelle il serait si aisé de se laisser aller plutôt que de combattre ! Mais les nymphirmières sont là aussi pour l’aider, l’encourager.

« Puisque je suis prisonnier de mon propre corps, je dois plus que jamais apprendre à m’évader par la pensée. Organiser ma résistance en mobilisant les ressources de l’imagination. Je vais travailler dur au rêve de m’en sortir. Il me faudra une volonté en fer forgé. Un truc de marathonien. Foulée après foulée. Rythme et constance. Trouver l’équilibre entre la rigueur d’un moine et la fantaisie créative. Apprendre à faire le con poétiquement dans le cadre austère du couvre-feu que je dois respecter. Doser l’espoir au jour le jour. Transformer l’obscurité en ciel étoilé… ».

De mémoire je cite Aragon : « La souffrance enfante des songes plus beaux que les anciens mensonges », ce qui me parait en parfaite osmose avec la façon de vivre de Mathias Malzieu, même si ce n’est pas le même contexte. Il sait aussi s’entourer d’un cocon d’amour et d’amitié.

Ce vampire en pyjama nous délivre des recettes pour percevoir le monde de notre quotidien de manière positive. Ce livre est une leçon sur l’amour de la vie !!! A lire absolument.

par | 4/10/2020

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