Fantômes, de Christian Kiefer

EN DEUX MOTS. Un sujet de l’histoire mondiale peu connu et encore moins évoqué en littérature, des personnages poignants et une plume lyrique et retenue… Fantômes est un roman que l’on n’est pas près d’oublier une fois refermé. Triste à pleurer, inéluctable, il a la beauté d’une perle noire.
Sorti en mars 2021 chez Albin Michel, Collection Terres d’Amérique. Roman. 275 pages. Traduit de l’anglais (américain) par Marina Boraso. Titre original : Phantoms.

L’auteur. A la fois poète, musicien et romancier, Christian Kiefer vit en Californie et enseigne l’écriture créative dans l’Ohio. Fantômes est son troisième roman. Le premier, The Infinite Tides, en français littéral Les marées infinies, n’ayant pas été traduit, le second Les animaux est paru en français chez Albin Michel, Collection Terres d’Amérique en 2017 ; il a été finaliste du Grand Prix de Littérature américaine et du Grand Prix de Littérature américaine après avoir été très bien accueilli par la presse et le monde littéraire, dont Richard Ford, ce n’est pas peu dire.

Les premières lignes, qui donnent le ton général. « Ray Takahashi revint au mois d’août. A ce moment-là, nous avions relégué cette histoire dans le passé – ou du moins avions-nous essayé de le faire –, et ce que l’on pouvait éprouver d’inquiétude ou même de culpabilité avait cédé la place à un mélange d’exultation et de désespoir, car nos garçons étaient maintenant de retour, transformés par la guerre. Chez certains, il ne subsistait plus qu’une absence là où s’était trouvé un bras ou une jambe ; d’autres revenaient brisés par des expériences dont nous ne saurions jamais rien. Et puis il y avait ceux, bien sûr, qui ne rentreraient pas, et dont les familles recevaient via la Western Union un télégramme signé par un général au nom inconnu de tous. Plus tard arriverait le cercueil drapé dans les plis de la bannière étoilée ».

L’histoire commence en deux fois. Avec changement de narrateur : nous pour la première partie, je pour la seconde. L’une, très courte, moins de trente pages, l’autre courant sur le reste avec des rappels du passé concernant la première partie, à la fin de laquelle elle revient, bouclant l’histoire tout entière. Ce principe d’une situation installée au démarrage et s’éclaircissant à mesure que la chronologie de l’histoire progresse est courant. Mais ici c’est un peu différent avec le changement de personne (et de personnage principal) et ces quelques lignes pourraient vous éviter d’être dérouté. Il est difficile d’entrer dans l’histoire tout de go et de s’y installer pour de bon, avec ces « deux » narrateurs qui n’en sont qu’un.

Soit. Dans la première partie, nous sommes en août 1945. Kay Takahashi, un soldat américano-japonais rentre de la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle il a combattu pour les Alliés en Europe du Sud, France et Italie notamment. Il sait que sa famille et ses proches n’habitent plus où il les a laissés, mais il est tout de même revenu là où il a grandi.
Depuis le début des années 20, des petites communautés japonaises avaient traversé pratiquement le monde et finalement posé leurs valises en Amérique du Nord ? Oui, l’Amérique était aussi un rêve pour des Japonais en mal-être chez eux, un Eldorado… Ils habitaient des petites localités agricoles et vivaient dans une mixité harmonieuse, certes un peu froide mais réelle avec les Blancs. A l’annonce de Pearl Harbor, le pays assiste à un rejet des Américains blancs pour les Japonais, qu’ils ont chassés de leurs habitations avant de les interner dans de véritables camps en 1942, ici celui de Tule Lake.

Si Ray décide de rester, c’est pour comprendre ce qui s’est réellement passé entre sa famille et celle des Wilson, leurs voisins, loueurs et amis. Avec leurs deux aînés, Jimmy et Helen (qui est aussi sa petite amie), ils formaient un trio inséparable et les relations entre leurs parents, les deux pères surtout, étaient amicales. À Chantry Ville en Virginie où vivait la communauté, il y avait un temple bouddhiste (Penryn) et une église méthodiste (Loomis), tous deux très fréquentés le dimanche, notamment par les enfants « qui partageaient la curieuse expérience de grandir simultanément en Amérique et au Japon, sous cette double influence qui rythmait leur vie comme les marées ».
Après quelques semaines sur les lieux de son enfance, Ray est de plus en plus dérouté, il dort la plupart du temps dehors, sur une colline, vêtu de son uniforme. Au moment où il décide de partir enfin retrouver les siens, il disparaît. Purement et simplement.

La seconde partie commence vingt-sept ans plus tard, en 1969, avec le retour d’un autre jeune vétéran d’une autre guerre. John Frazier revient du Vietnam où il a vécu un an de folie destructrice. La tête peuplée de fantômes, de cauchemars et de remords. Cousin éloigné de Ray Takashashi, il ne l’a jamais rencontré et ne le connait que par ouï-dire. C’est d’ailleurs de cette manière indirecte qu’il reconstitue petit à petit l’histoire et la raconte, encore bien des années après, une fois sûr qu’elle est d’évidence terminée.

Très peu de temps après être rentré, il tente de se remettre en alternant alcool et drogue puis en les mélangeant. Il n’ose retourner chez ses parents sans avoir évacué son passé proche et c’est sa grand-mère qui l’héberge le temps qu’il voudra. Il trouve, sans vraiment chercher, en déambulant dans le village, un travail dans une station-service.
S’y arrête un jour Mrs Wilson, sa tante Evelyn, qui feint au départ de ne pas le reconnaître mais revient peu après lui demander un service.
John Frazier est écrivain dans la vraie vie. Pour exorciser ses démons, il rêve d’écrire un livre sur ce qu’il a vécu au Vietnam, dont il a ramené des carnets et des notes, mais n’en trouve pas le courage, les événements étant encore trop proches, il en chasse le moindre souvenir. Alors, le jour où sa tante vient le voir chez sa grand-mère pour lui demander de l‘emmener à San José voir une personne, il accepte. Et quelques heures plus tard, il se retrouve chez Kimiko Takahashi, la mère de Raymond, le jeune soldat disparu des premières pages.
Cette rencontre sera la première d’une longue série. Des entretiens au cours desquels l’histoire des deux familles amies puis ennemies s’imposeront à lui comme sujet de roman, en attendant de pouvoir écrire sur son propre vécu. Principalement la disparition de Raymond à son retour de la guerre, les secrets bien cachés qu’il devine dans les propos d’Evelyn Wilson et la lourdeur des faits qu’il pressent et redoute de comprendre. Pourtant il a du mal à commencer à écrire l’histoire d’une famille dont les personnages sont encore vivants et avec laquelle il n’entretenait quasiment pas de relations.

Cette quête de la « vérité » va durer plusieurs décennies. Le lecteur comprend tout au long de l’histoire que le dénouement risque d’être malheureux. Il en ressort bouleversé et repose le livre se disant : encore des camps d’internement dont on a peu entendu parler, y a-t-il un pays dans le monde qui n’ait pas pratiqué la politique de l’intolérance liée à la peur de l’autre et parqué ses immigrants innocents au moindre soubresaut guerrier ? Même si Pearl Harbor et les attaques nippones en Asie n’ont pas été vraiment des soubresauts, en quoi Ray et les siens en furent-ils responsables ? Ray qui a combattu pour son pays d’adoption a été rejeté, lui et toute sa famille par ceux qui les ont accueillis. Et dans un pays où ne vivent que des anciens colons…

La plume de Christian Kiefer, encore plus belle que celle des Animaux, est également extrêmement maîtrisée dans sa construction narrative. Cela n’a pas dû être facile car la diversité est de mise : deux narrateurs, ou plutôt, un seul narrateur qui se présente dans le premier chapitre à la première personne du pluriel « nous ». Un sujet pas évident en littérature, qui peut représenter plusieurs des personnages issus de groupes familiaux ou sociaux totalement différents. Ici, cette personne plurielle regroupe la communauté américaine pure souche dont le narrateur, John Frazier, qui en est issu.

Le « je » de tout le reste porte le même nom. Même personnage, mais pas tout à fait le même rôle. Il n’est que le rapporteur de ce qu’il a entendu de « factuel » sur le retour de Ray. De témoin indirect, il est devenu témoin direct, confident de chacun des personnages ou presque. Et de confidence en demi-aveu, de non-dit en mensonge, de dérobade en récit lacunaire, il avance lentement mais sûrement vers la vérité « vraie ».

L’utilisation de ce narrateur qui contribue d’une certaine façon à l’intrigue, en tout cas à la faire avancer, est une astuce stylistique qui permet à l’auteur de contrôler la chronologie un brin disloquée de l’histoire et de garder un certain détachement avec le personnage principal véritable, Ray, souvent absent des pages….

Lorsqu’ils se parlent, les personnages (peu nombreux) le font différemment. Chacun a son vocabulaire et sa manière de parler. L’unité, c’est la distance que prend le narrateur avec sa narration qui l’installe. Parmi les personnages essentiels, Ray parle peu ; encore étonné d’être en vie, il va à l’essentiel. John Frazier pose des questions à la seule personne capable d’éclaircir le mystère de la disparition de Ray : Mrs Wilson, mère de Jimmy et d’Helen. De manière générale, les dialogues sont très fins (la traduction n’a pas dû être aisée) et souvent à sens multiples ou sous-entendus. La situation, difficile, est racontée par Evelyn Wilson avec beaucoup de réticences. Elle nous livre un récit de « vérités » détournées à son avantage, incomplètes et de détails « oubliés ».

Mon regard sur le livre. Fantômes m’a bouleversée au plus haut point, d’un bout à l’autre. Du « faux » retour de Ray à son « vrai » départ. Les personnages, bons ou pas, tous perfectibles, sont faits de chair et de sang. Humains. À une exception près que vous découvrirez facilement, nous les aimons, nous les comprenons mêmes dans leurs faiblesses. Certains sont si émouvants qu’ils nous obligent à lire les yeux mouillés. Sans misérabilisme gratuit. Tous les sentiments sont exaltés avec force et pudeur. L’amitié exubérante pendant l’enfance des jeunes, chaleureuse et profonde entre les deux pères de famille Hiro Takahashi et Homer Wilson. L’auteur réussit à rendre dicible l’amour (fondé sur une amitié enfantine) pour les toujours adolescents que sont Raymond et Helen. D’autant que le temps presse pour les amoureux : la très belle scène d’amour est en même temps la scène d’adieu. Elle a lieu au moment du départ de Ray et sa famille pour le camp de Tule Lake, entre l’arrivée des bus et leur départ.
Cette scène tragique est visuellement bien rendue et bien écrite. C’est sans doute l’une des plus importantes, voire LA plus importante car elle symbolise tout le drame des personnages. Ce sont les yeux de Kimiko qui, enregistrant le tableau, réalise que c’est une deuxième expropriation qu’ils sont en train de vivre. Et ce faisant elle comprend tout : sans rien savoir, juste en voyant l’instant qu’ils sont train de vivre, elle pressent clairement le futur (celui de leurs enfants, surtout) et son inéluctabilité. Traduites avec une langue sobre et des mots simples, les pensées de Kimiko dégagent un sentiment de grande tragédie antique mêlé d’une grande pudeur pour exprimer l’amour filial pour son « garçon ». Et en même temps, le regard de Kimiko nous explique le passé de ces Japonais exilés.

Nous lisons : « Quelque chose d’autre dans ce tableau avait capté son attention, l’impression, plus précisément, d’assister à une scène qu’il ne lui serait pas donné de revoir. Ils ne reviendraient jamais à Newcastle. On allait les évacuer en tant qu’ennemis de l’Amérique et quel effet cela aurait-il sur les enfants ? »

Christian Kiefer aborde ici un pan ignoré de l’histoire mondiale : le traitement des Japonais vivant aux Etats-Unis, qui se sont vus interner dans des camps après Pearl Harbor en similitude avec les déportations d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale (et celles d’avant d’ailleurs, l’homme a toujours joué cette carte : miser sur l’expulsion des indésirables en cas conflit armé).

Une réflexion intéressante égalementsur la guerre. Le narrateur se refuse à parler de ce qui s’est passé au Vietnam, même avec son copain Chiggers qui a vécu cet enfer avec lui. Il préfère garder la main en écrivant de la fiction, avec des personnages fictifs simulant (étant ?) ses copains de compagnie. Il exprime des remords mais ils sont mitigés : il chasse de son esprit les souvenirs gênants dès qu’il les trouve envahissants car il n’est pas prêt pour assumer la culpabilisation qui le taraude mais qu’il tient à distance. Il nous dit sur le poids des secrets. « Sans en saisir tous les tenants et les aboutissants, je comprenais cependant que ma tante rechigne à révéler les raisons de sa venue, car je connaissais mieux que quiconque le potentiel de terreur démesuré que renferme la vérité. (…) Nous nous ressemblions, elle et moi ; elle savait probablement qu’elle avait mal agi, mais si la situation s’était de nouveau présentée, elle se serait exactement comportée exactement de la même manière ».

En même temps, Fantômes est – encore un – plaidoyer contre les méfaits rédhibitoires de la guerre. Celle du Vietnam, particulièrement sournoise, a laissé des marques profondes sur tous les jeunes soldats. Ils en sont revenus marqués à vie : fous, alcooliques, drogués, inadaptés dans leur vie d’après, absents au monde ; avec un dérèglement comportemental : crises de panique, cauchemars, insomnie… Même s’ils sont physiquement en un seul morceau, leurs quatre membres au complet, leur mental est, lui, en pièces. La guerre EST la guerre, la même, la pire que toutes les autres. Comme le sont toutes les autres. Ne dit-on pas à juste et malheureux titre : « A la guerre comme à la guerre » ? Ici, les Japonais vivant aux USA sont devenus pendant la Seconde guerre mondiale l’équivalent des Tirailleurs sénégalais (aux côtés de la France pendant la Première et la Seconde guerres mondiales, puis l’Indochine et l’Algérie !) : de la chair à canon, des « premières lignes ». Comme eux, ils ont quitté leur terre (l’Amérique pour ces jeunes Japonais, ce sont leurs parents qui ont fait la première génération d’exilés japonais) pour aller combattre les Allemands aux côtés des Alliés et surtout de la France… sans aucune reconnaissance ni les uns ni les autres, ignorés avant, pendant et après. Fantômes n’est pas un nième roman sur la Guerre du Vietnam, mais la toile de fond qui sous-tend les propos du narrateur puisqu’il en revient tout juste, et une réflexion en forme de fiction différée aux allures autobiographiques (emploi de la première personne), même si le narrateur ne prend jamais la vedette, ni ne se met en avant. Il est totalement pris dans l’histoire de Ray et deux familles amies devenues ennemies, de plus en plus investi dans sa recherche de la vérité et dans la narration qu’il en fait.

Outre les relations nippo-américaines, la Guerre du Vietnam et les camps américains, nous découvrons aussi quelques détails de la vie des Japonais avant le rêve américain et les raisons de leur exil (la misère chez eux, la plupart du temps). Sur le ressenti des Japonais exilés dans un pays dont ils ne parlent pas la langue et sur lequel ils ne savent rien des us et coutumes. Sur les conditions des femmes japonaises, dont certaines sont mariées (très jeunes) à des inconnus, souvent étrangers, comme Hiro et Kimiko, mariés « à distance » par le frère d’Hiro.

Enfin, Fantômes est un roman sur les secrets de famille, les secrets datant de plusieurs décennies. Faut-il les ignorer, feindre de les ignorer, ou au contraire les faire éclater au grand jour et ce faisant avec quelles conséquences pour toutes les personnes concernées ? Un sujet souvent lu en littérature romanesque sauf qu’ici la narration est faite, en tout cas écrite dans sa presque intégralité du vivant des deux familles, et juste « publié » après la mort de la dernière personne, la plus concernée. Je dois donc ajouter intéressant à la liste des éloges dont je qualifierai ce superbe et bouleversant roman. Et avouer que j’ai eu un faible pour le beau Ray au destin tragique. Il a juste « aimé » et été aimé en retour, et cet amour il va le payer très cher. Un coup de cœur absolu.

UN EXTRAIT, un seul car j’ai encore écrit long. Il concerne Ray, quelques semaines après son retour de la guerre : « Ray a continué à porter l’uniforme, comme si, en le gardant toujours sur lui, il lui était possible de l’incorporer à sa chair et de devenir enfin un véritable Américain. N’était-ce pas dans ce but qu’il avait boutonné la chemise militaire sur son torse nu, enfilé le pantalon et lacé les bottes ? Dans ce but qu’il avait tiré sur les nazis en France, regardé ses camarades se faire réduire en charpie jour après jour et nuit après nuit, dans tout le sud de l’Europe ? Est-ce que cela ne faisait pas de lui, au bout du compte, un Américain ?

Nouveau dans Bouquivore : A quoi ça sert de lire ? Episode 2.
Quelques mots en fin de chronique pour proposer une « réponse » à cette question récurrente. Ici, lire sert à découvrir un pan de l’histoire mondiale avec les relations nippo-américaines après Pearl Harbor, à pleurer sur le destin tragique d’un jeune homme beau comme un dieu, à se laisser par la musique des mots tristes et beaux. A comprendre la nécessité de lire tout simplement.

QUELQUES COURTS REPERES SUR LES RELATIONS ENTRE LE JAPON ET LES USA
(Source Wikipédia)

Les relations entre les Etats-Unis et le Japon ont toujours été complexes et dépendantes de la situation mondiale, essentiellement celle de la Chine, sa grande rivale, et l’Europe tout entière.
Le Japon mène une politique très expansionniste depuis le début du XXe siècle, afin de s’approvisionner en matières premières, et plus particulièrement pendant la Seconde Guerre mondiale : invasion de la Mandchourie puis de l’ensemble de la Chine avant de conquérir l’Indochine française, la Thaïlande, la Birmanie, les Philippines et les Indes orientales néerlandaises.
Enfin, en décembre 1941, le Japon bombarde Pearl Harbor, ce qui provoque l’entrée en guerre immédiate des Etats-Unis aux côtés des Alliés, un tournant capital dans la mondialisation du conflit déjà bien généralisé et un immense espoir pour les Alliés de gagner la guerre. Le sentiment anti-japonais grandit aux Etats-Unis : peur de l’espionnage, d’un débarquement japonais… Cette peur conduisit les Américains à se méfier des Japonais présents sur le sol. Et à un sentiment bien plus fort : le racisme anti-« jap ». « Bridés », Japs », c’est ainsi qu’on nommait les Japonais depuis Pearl Harbor.

Les Américains commencèrent à ouvrir des camps d’internement pour les Japonais et Américains d’origine japonaise, dont celui de Tule Lake sur la côte californienne où ont été transportées les familles chassées des petites villes proches, celle de Ray par exemple. Des camps qui ressemblaient à bien d’autres érigés dans le monde entier par la folie des hommes. Sans chambre à gaz ou autre mode d’extermination massive, mais avec miradors et barbelés et des bus pour remplacer les trains (on est dans des petits villages) de sinistre mémoire. Des gens effarés regroupés autour de leurs bagages, l’ambiance est identique.

Certains Américano-Japonais furent, comme Ray, enrôlés dans l’armée américaine pour combattre en Europe, où ils subirent de lourdes pertes.
Le 8 mai 1945, l’Allemagne a capitulé, ce qui a mis fin à la guerre en Europe. Mais des combats continuent entre l’Amérique dans le Pacifique. Après le largage de deux bombes atomiques américaines en août 1945 : Hiroshima puis Nagasaki, le Japon, en ruines, se rend sans condition. Et se voit occupé par les Etats-Unis jusqu’en 1952. Le général américain Douglas Mc Arthur, commandant en chef des forces alliées dans le Pacifique, devient gouverneur militaire du Japon.

La suite, elle ne concerne pas Fantômes.

par | 20/05/2021

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