Dans une coque de noix, de Ian McEwan

LE GRAIN DE SEL DE CATHY LA SL Une fin inédite, de l’humour noir, du suspense et un fœtus en guise de narrateur, j’achète ! Non, je le sors de sa PAL.
Ian McEwan est né en 1948. Il est l’un des écrivains anglais les plus connus, les plus récompensés. Son œuvre est par ailleurs souvent portée à l’écran.

par | 25/05/2020

Ce roman de 212 pages est paru en 2017 chez Gallimard.

Un roman surprenant, captivant… Une prouesse littéraire incroyable puisque le narrateur n’est autre qu’un fœtus ! Un fœtus peu ordinaire mais tout de même ! Car il parle, écoute les conversations, les conférences en podcast, la musique… rien ne lui échappe, il raisonne comme un adulte des plus érudits (sortez votre dictionnaire) dans moult domaines (dont les vins français !).

Non, non ! N’imaginez surtout pas un roman bisounours dans lequel la relation fusionnelle mère enfant vous ferait fondre ! Pas du tout ! La future mère rompt avec le père, vit une relation torride avec le frère de celui-ci… et ces amants complotent pour éliminer le mari (je ne divulgue rien, c’est écrit en 4ème de couverture).

Gros suspense : le fœtus, impuissant, mais tellement intelligent pourrait-il empêcher ce crime (on s’attend à tout) ? Et si le crime est perpétré par les amants maudits, resteront-ils impunis ? Le suspense vous tiendra en haleine jusqu’aux dernières pages… Et quelle fin, totalement inédite ! Le tout écrit avec un savoureux humour noir.

CES EXTRAITS, choisis parmi ceux qui nous font vivre ce confinement pré natal :

« Mais les enfants à naître sont des stoïques aux lèvres pincées, des bouddhas en immersion, sans expression. »


« Ma mère reprend son verre. Son épiglotte monte et descend lentement lorsqu’elle boit, et le liquide se déverse par les voies naturelles, passant- comme tant de choses- près de la plante de mes pieds, et décrivant une boucle pour arriver jusqu’à moi. »


« Être enfermé dans une coque de noix, voir le monde dans un camée d’ivoire, dans un grain de sable ».


« Réfléchissez un peu : rien à faire sauf exister et croître, la croissance étant un processus à peine conscient. La joie de l’existence à l’état pur, l’ennui des journées indifférenciées. La jouissance qui dure est une forme d’ennui existentiel. Ce confinement ne devrait pas être une prison. »


Malgré son ambiance malsaine, sauvé par son humour, son imagination débridée, ce livre est un petit bijou à ne pas rater !

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