Si la littérature devient passion, c’est bien que tout est dans les livres !

Art et décès, de Sophie Hénaff

LES CINQ PREMIERES LIGNES (Prologue) : « Paris, Maternité Jeanne d’Arc, le 9 février 2013. Anne Capestan reprit sa respiration. La douleur avait reflué, le monde avait cessé de disparaitre, la souffrance et l’angoisse ne reviendraient pas avant vingt minutes, dix-huit si tout se passait bien. La sueur perlait sur son front, se mêlant aux gouttes du brumisateur d’eau ».
EN DEUX MOTS. Cette fois-ci, l’équipe de placardisés de la commissaire Capestan démêle une affaire dans le milieu du cinéma. Humour et suspense sont au rendez-vous et la toute nouvelle recrue est prometteuse.
Par le 8 Avr 2022
Sorti en 2019 chez Albin Michel, puis au Livre de Poche en 2020, version lue. Roman policier. 320 pages.
Sophie Henaff
Art et décès, de Sophie Hénaff 2

L’auteure. Avant d’écrire cette série policière dont celui-ci est le troisième opus, après Poulets grillés (2015) et Rester groupés (2019), tous chez Albin Michel puis au Livre de Poche, Sophie Hénaff était journaliste à Cosmopolitan. Elle y tenait une chronique humoristique. Elle est également traductrice anglais-français. Poulets grillés a reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix des Lecteurs du Livre de Poche

Comme annoncé dans les premières lignes du Prologue, Anne Capestan a accouché d’une petite Joséphine, conçue à la fin du dernier tome, juste avant que son mari purge sa peine de prison (dans le quartier VIP mais quand même).

Au tout début de l’histoire, Anne est toujours en congé maternité et n’a pas du tout envie de reprendre du service avant la fin de celui-ci. Le pouponnage 24/24 lui va à merveille, elle ne s’ennuie pas une seule seconde. Sa vie d’avant Joséphine ne lui manque pas, en tout cas pas encore. Ces derniers dix-huit mois ont même passé trop vite et l’ont attachée viscéralement à son bébé, plus qu’elle ne s’y attendait. Il faut dire que la petite est irrésistible : drôle à souhait, va-t-en-guerre, joyeuse et belle à croquer, elle emporte toutes les sympathies, tous les sourires et les gâtismes sur son passage.

Oui mais, lorsque son amie Eva Rosière est accusée d’avoir assassiné au couteau un réalisateur sur le lieu de tournage du film dont elle est scénariste, Anne Capestan vole à son secours, Joséphine aux premières loges, accrochée dans son porte-bébé. Même si elle avait déclaré vouloir le tuer, ce qui la place au rang de suspecte, Eva clame son innocence en arguant que des paroles même menaçantes, n’ont pas valeur de meurtre. Forcément, toute l’équipe la croit et nous aussi.

Toute la bande  va se démener pour le prouver et la vérité éclatera, après bien des péripéties, à la fin, dans une scène réunissant tous les protagonistes de l’enquête, inspirée par Hercule Poirot que la commissaire apprécie beaucoup.

L’écriture est en tous points identique à celle des précédents tomes. Dialogues savoureux, plume fluide  et pleine d’à-propos, plaisante toujours. Et drôle, surtout. Un peu redondante parfois dans les détails, c’est vrai, ou plutôt insistante.

Mon regard sur le livre. Nul besoin d’inventorier l’équipe nombreuse, variée et solidaire de la commissaire, l’auteure le fait autrement mieux que quiconque. Ses Poulets grillés, elle les aime, elle les liste et les cite dans un Pré-Prologue. Bref, ils sont tous là, la commissaire Anne Capestan et son charisme, la capitaine Eva Rosière et ses succès livresques et scénaristiques inattendus, le lieutenant Torrez et sa poisse, toujours mon préféré… et tous les autres. Pas de nouvelles recrues en vue et ce n’est pas plus mal. Si ce n’est Joséphine, un peu jeune mais trės prometteuse pour le futur.
A eux se joignent tous les membres de l‘équipe de tournage, nombreux eux aussi. Et là, ça fait vraiment beaucoup… Mais l’on finit par s’y faire bon an mal an, d’autant que Pilou (le chien d’Eva Rosière) et Joséphine se chargent du service d’ordre : lui de faire rentrer un suspect dans le rang en aboyant, elle en le poursuivant bille en tête.
Côté enquête, une seule intrigue cette fois. Qui a tué au couteau le réalisateur du film d’Eva Rosière ? Est-elle innocente ? La présentation des participants au tournage est longue, et j'ai trouvé que l’intrigue peinait à démarrer, ce qui a d’emblée freiné mon plaisir.
Oserai-je dire que j’ai été déçue ? J’ose. Peut-être parce que j’en attendais trop après les deux premières aventures. Voyons les choses d’un peu plus près. Vrai, c’est un bonheur de retrouver Anne Capestan en mère attentive et pour le moins gaga de sa fille Joséphine. Une Joséphine qui marche (avec un youpala) dans les traces de sa mère et n'hésite pas à courser le coupable à fond le trotteur. Les scènes où elle entre en jeu sont particulièrement joyeuses et drôles, elle est devenue en quelques pages et du haut de ses premiers mois la véritable vedette de l’histoire, attendrissante au possible, les gestes et attitudes d’un enfant prêt à marcher sont fort bien rendues par Sophie Hénaff, ainsi que les sentiments maternel et paternel. Et c’est plaisir de le lire.

Pourtant, j’ai trouvé cet opus moins étourdissant que les autres. Peut-être parce que, même si j’adore aller au cinéma voir de bons films, le milieu des tournages et des stars n’est pas ma tasse de thé et que tous ces "people" hypocrites et imbus de leur personne m’exaspèrent en général. Je dois avouer qu’il est fort bien décrit et sacrément mis à mal par l’auteure, qui le fréquente pour la réalisation de la série Poulets grillés. Acteurs aigris,  jaloux de leur meilleur ami s’il réussit mieux qu’eux, malaise de l’acteur qui réussit “trop” vite, trop bien, réalisateurs retors, problèmes de drogues et mesquineries en tout genre… tout y est, y compris l’argent bien sûr.

Peut-être aussi parce que le dénouement, entre Cluedo et Agatha Christie m’a semblé long et désuet au niveau des détails et des explications, souvent redondants. Certains passages m’ont franchement ennuyée et je crois que j'aurais laissé tomber ma lecture après le test de la page 99, avec remords c‘est vrai pour cette auteure que j’apprécie énormément, si n’était présente à cette fameuse page 99 (de la version poche) la petite Joséphine en train de pleurer et hurler. c'est elle qui m'a entraînée vers le dénouement. Du bonheur pour la suite des aventures des Poulets grillés sans nul doute. C’est avec plaisir que les lecteurs la verront grandir. Mais je n’ai pas été conquise par l'histoire cette fois-ci.

Ou bien parce que le dénouement, entre Cluedo et Agatha Christie m’a semblé long et désuet au niveau des détails et des explications, souvent redondants. Certains passages m’ont franchement ennuyée et je crois que j'aurais laissé tomber ma lecture après le test de la page 99, avec remords c‘est vrai pour cette auteure que j’apprécie énormément, si n’était présente à cette fameuse page 99 (de la version poche) la petite Joséphine en train de pleurer et hurler. c'est elle qui m'a entraînée vers le dénouement. Du bonheur pour la suite des aventures des Poulets grillés sans nul doute. C’est avec plaisir que les lecteurs la verront grandir. Mais je n’ai pas été conquise par l'histoire cette fois-ci.

Sans doute un peu de lassitude de ma part, parce que j’ai lu les trois à quelques semaines d’intervalle, ce que je ne fais que lorsque j’ai eu un grand plaisir de lecture.
Vous l’aurez compris, pas de vrai coup de cœur cette fois-ci, mais je vais bien évidemment lire le dernier roman de Sophie Hénaff, En voix d’extinction, dont le registre est totalement différent.

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