Sorti en janvier 2006 chez Albin Michel, Collection Terres d’Amérique. 392 pages. (Premier) Roman. Traduit de l’anglais (Canada) par Hugues Leroy.

En deux mots Livre d’une puissance absolue. «La Grande guerre» montrée comme jamais dans ce qu’elle a de plus petit, de plus bas, de plus horrible. Et une réflexion sur ce qu’elle nous montre de nous, notre humanité et ce qu’il peut en rester après son passage. Mais aussi l’exaltation de la nature et de la terre, de l’amitié et de l’amour «filial». On en ressort choqué et murmurant «Plus jamais ça». Et pourtant… Un grand moment humain, historique et littéraire.

L’auteur. Joseph Boyden est né en 1966 à Ontario. D’origine irlandaise, écossaise et indienne, c’est cette dernière qu’il revendique dans ses romans. Il est le cadet d’une fratrie de onze enfants. Son père, combattant décoré de la Seconde Guerre mondiale, décède alors qu’il a huit ans. Après une éducation dans un collège jésuite de Toronto, il connaît une adolescence chaotique et rebelle et vit un temps dans la rue. Ce qu’il retiendra comme une expérience plutôt positive. De petit boulot en petit boulot, il participe à des ateliers d’écriture. C’est dans l’un d’eux, à la Nouvelle-Orléans, qu’il rencontre celle qui deviendra son épouse, Amanda Boyden, romancière auteure, notamment, d’En attendant Babylone. Il vit en alternance à la Nouvelle-Orléans et en Ontario. Il est aussi l’auteur de Les saisons de la solitude et de Dans le grand cercle du monde, livre extrêmement puissant lui aussi. Le chemin des âmes est son premier roman. Premier roman dans l’écriture, il se situe pourtant historiquement après Dans le grand cercle du monde qui, lui, remonte à la création du Canada sur les terres indiennes.

L’histoire. 1919, dans une petite ville de l’Ontario, au Nord du Canada. Une vieille Indienne Cree, Niska, vient accueillir à la gare Elijah, l’ami de son neveu Xavier Bird, qui a survécu à la guerre en France. Elle sait qu’il a perdu une jambe et qu’il est morphinomane. Quelles ne sont pas sa surprise et sa joie de voir descendre du train non pas Elijah, mais Xavier ! Fragile sur ses deux béquilles, maigre et fantomatique, il n’est que l’ombre de l’enfant qu’elle a élevé avec Elijah pendant plusieurs années.
La première scène est belle à pleurer, tout comme la dernière. Le lecteur est ému aux larmes par les retrouvailles inattendues de Niska et son neveu. A la fois pour la confusion des deux personnages, qui se croient mutuellement morts, et pour l’émotion qu’ils ressentent.
Après un court repos, elle commence avec Xavier le chemin du retour en canoë. Trois jours pendant lesquels le blessé, plus mort que vif, revoit l’enfer des années de guerre qu’il a vécues sur les fronts belge et français en compagnie d’Elijah.
Orphelins tous les deux, Elijah et Xavier se sont connus au pensionnat tenu par les sœurs catholiques d’Ontario. Celles-ci évangélisent les enfants qui leur sont confiés à coups de fouet et de verge. Les deux garçons se protègent mutuellement de la méchanceté des religieuses et des mauvais traitements qu’elles leur infligent.
Niska recueille d’abord Xavier, puis Elijah les rejoint. Ils vivent dans la nature et deviennent des chasseurs émérites dont la réputation grandit parmi les communautés indiennes.
En 1914, ils quittent Niska et partent par le fleuve puis en bateau rejoindre l’armée canadienne pour se battre contre les Allemands. Épris d’un grand désir de reconnaissance de leurs qualités de tireurs et de leur identité indienne, ils sont persuadés qu’ils vont vivre l’aventure de leur vie et revenir chez eux en héros reconnus de tous.
Arrivés en Belgique en 1915, confiants mais inconscients, pendant quelques mois ils vont se comporter comme les chasseurs qu’ils étaient en partant et leur adresse au tir fera de nombreuses victimes dans les lignes allemandes. Mais la chasse a changé de but : le gibier est devenu l’ennemi…
Parallèlement au récit de Xavier, Niska, espérant lui redonner le goût de vivre, lui remet en mémoire les années qu’ils ont passées avec elle. Alors que les derniers Indiens non « assimilés » aux Blancs des villes étaient déjà parqués dans des réserves par les colons, Elijah et lui ont été élevés selon les modes de vie indiens ancestraux.
Niska va tout faire pendant ce voyage pour extirper le mal et les démons présents dans le corps et l’âme de son neveu et l’empêcher de mourir.
Au début, on ne comprend pas bien les liens unissant Niska et Xavier, ni l’intensité de la joie qu’elle éprouve à le revoir. Plus tard, à mesure qu’elle raconte leur histoire, la vérité se fait jour. Le livre est bien construit, les deux histoires avancent à un rythme différent pour cependant finir en une seule.
Le roman comporte trois personnages principaux. Trois personnalités fortes, plus des myriades de personnages secondaires parmi le corps de l’armée. Les deux amis sont aussi différents qu’on peut l’être mais la passion de la chasse et de la vie au grand air les a rapprochés au point d’en faire des frères plutôt que des amis. Xavier est calme et enjoué, Elijah révolté et fougueux. C’est la guerre qui va mettre à jour leurs différences de caractère et leurs divergences de vue. Tous les deux chasseurs émérites, ils sont devenus tous les deux tireurs d’élite et d’embuscade. Mais Xavier est pacifiste et tue pour ne pas être tué. Elijah, lui, chasseur-né, tue par devoir, comme si la guerre était une chasse sans fin et l’ennemi un gibier inépuisable ; puis (morphine aidant) par besoin et par plaisir…
Niska, la tante de Xavier, est une Indienne Cree pur-sang. Refusant d’être assimilée aux Blancs, elle fuit leurs villes et leurs moyens modernes et vit dans les bois, dans ses campements d’hiver et d’été, seule ou en compagnie des derniers résistants. De chasse, de pêche et de troc de fourrures. Comme son  père, elle a un don de guérisseuse et peut prévoir l’avenir sous forme de visions parfois violentes, toujours prémonitoires. Qui la plupart du temps sont avérées. Considérée comme une sorcière ou au contraire comme une chamane, forte et généreuse, elle a dédié sa vie à la cause de ses frères indiens grâce (ou à cause) de ce don.
Le style. Comme le suivant, Dans le grand cercle du monde, Le chemin des âmes est un livre choral écrit d’une plume brillantissime. Deux voix indiennes s’y répondent. Mais, contrairement au Grand cercle du monde, elles ne racontent pas deux versions du même événement. Celle de Xavier relate au présent l’enfer de son passé récent, celle de Niska, racontée à l’imparfait, remonte plus loin, dans un passé plus clément même si déjà bien entaché par deux cents ans de colonialisme. L’histoire de Niska, beaucoup plus courte, est tout aussi intense et très descriptive. Elle se déroule dans la lumière crue d’une nature omniprésente, par opposition à l’obscurité des scènes de guerre.
Un grand lyrisme parcourt les deux récits, aussi bien pour décrire la vie au grand air que l’enfer de la guerre. Les scènes de guerre sont racontées de manière hallucinante, dantesque même, avec un rythme haletant, au point que l’on a l’impression de voir la scène se dérouler sous nos yeux, voire d’être à côté des soldats. Notamment dans cet extrait de la bataille de la Crête de Vimy, page 251 : Les Canadiens sont si proches, maintenant, que les fusils ne servent plus à grand-chose : et ceux qui me précèdent, déjà juchés sur les sacs supérieurs, poignardent à la baïonnette les hommes en contrebas. Les Canadiens débordent la ligne comme un torrent, se déversent dans la tranchée. Une grande panique s’empare des hommes. J’arrive au sommet à mon tour et, l’espace d’un instant, je contemple le chaos qui se déchaîne au-dessous. On s’escrime à la baïonnette et les frappes furieuses, les blocages désespérés n’ont plus rien de l’élégance qu’on nous inculquait à l’entraînement. D’autres défendent leur peau à mains nues, s’étranglant mutuellement ou prenant tout ce qui leur tombe sous la main, des casques, des crosses, des bouts de bois, pour fracasser le crâne de l’ennemi. Et cela dure, dure, toujours avec cette écriture incroyablement visuelle.
Beaucoup de mots indiens parsèment les pages, mais point n’est besoin d’une traduction pour en comprendre le sens. L’auteur les utilise par attachement à ses racines indiennes.
L’humour, s’il est rare, n’est pas absent des pages et nous l’en apprécions que davantage quand il nous surprend, dans certaines conversations entre soldats et lorsqu’il est question du monde moderne vu par les yeux de Niska (notamment la locomotive du train, qu’elle surnomme «la chose»).

Mon avis sur le livre. Les mots sont faibles devant une telle œuvre ! Le Chemin des âmes est d’abord et avant tout un roman − pour ne pas dire un récit − de guerre. On a tout lu ou presque sur la guerre de 14, «la Grande guerre», «La Der des ders» comme on ose toujours l’appeler. Impossible de citer tous les écrivains − romanciers, historiens, essayistes ­– qui s’y sont frottés et l’ont racontée/décrite par le menu au quotidien (c’est le cas ici) ou à distance d’observation historique. Ce qui change ici (et ça change tout), c’est le point de vue des personnages qui en parlent. Les deux héros de guerre sont des Indiens Crees venus de l’Ontario et c’est l’un d’eux qui raconte l’enfer des tranchées.
La guerre est décrite au quotidien avec toute son horreur ou plutôt toutes ses horreurs perpétuelles, continuelles : le froid, la pluie en continu, la boue, la saleté, la faim, les poux, les rats, la terreur, les maladies et infections, la puanteur, l’alcool (ici le rhum) et la morphine, gentiment rebaptisée «médecine» à laquelle tout soldat l’ayant goûtée devient immédiatement et irrémédiablement dépendant, l’inconfort total et permanent, la fatigue, le manque de sommeil, l’inversion jour-nuit… Dit comme cela, cela peut sembler une énumération comme une autre mais il faut garder en tête que chaque élément de cette litanie est en soi au mieux une terrible gêne, au pire une terrible souffrance quand il est à supporter pendant des années toutes les heures de tous les jours. J’ai rarement lu des pages aussi réalistes, détaillées et intéressantes sur ce sujet, pourtant rebattu en cette période de commémoration.
En ce qui concerne la stratégie guerrière et l’organisation militaire, on remarque comme dans d’autres récits que les gradés s’abritent (de la pluie, du froid, des obus) dans des casemates ou des aménagements profonds dans les tranchées tandis que «les petits, les sans-grades» survivent dans des conditions indignes et sont les premiers exposés, en particulier les bleus − qui la plupart du temps ne restent pas plus d’une journée avant d’être tués. On réalise aussi très bien la folie de la guerre, sa furie même lors des tueries nocturnes, les raids de nuit qui font des ravages dans les tranchées.
Quant à l’utilisation de gaz chloré à la bataille d’Ypres (avril 1915), j’ai appris en lisant le passage sur les essais de masques à gaz que ceux-ci contenaient un produit extrêmement désagréable censé tempérer ou annuler l’effet du gaz de combat. La chimie contre la chimie. L’utilisation des progrès de la science pour annihiler son ennemi. Xavier se fait la réflexion que l’homme passe beaucoup de temps à chercher des moyens de tuer ses semblables.
On remarque également, notamment dans les assauts, des tentatives d’organisation de la part des soldats au sein du grand désordre général. Cela diffère de ce que l’on entend d’habitude sur le chaos régnant dans les tranchées (même si c’est le chaos). L’auteur rend ainsi un hommage à l’armée canadienne et à tous les soldats qui la composent. Ce qui contrebalance le mépris des supérieurs (notamment le caporal Breech, particulièrement obtus et arrogant) pour les simples soldats, a fortiori les Indiens. Cette non-reconnaissance provoque chez nos deux tireurs un drame de l’identité car ils revendiquent en même temps leur appartenance au peuple Cree et l’intégration des combattants indiens dans l’armée canadienne.
L’impact de la guerre est analysé de manière hautement spirituelle. Le chemin des âmes montre bien un autre de ses effets pervers : la possibilité qu’elle donne aux personnalités faibles de basculer du mauvais côté et de prendre du plaisir à tuer. Elijah est devenu une véritable machine à tuer. Pire encore, comment un homme pacifique peut lui aussi se prendre au jeu et à tuer sans plus se poser de questions… C’est notre humanité profonde et toutes nos valeurs qui sont touchées en situation de guerre. L’amitié des deux hommes a volé en éclats. C’est une grande tristesse de lire à quel point la guerre détruit tout.
Il faut aussi souligner la solidité du fond historique sur l’implication du Canada dans la guerre de 14-18 aux côtés des Anglais et la stricte véracité des faits de guerre rapportés. A la fin de la chronique, vous pourrez voir un mémo historique que j’ai trouvé sur Internet (bien sûr !). Alors, si le cœur vous en dit…

Autre histoire, celle de Niska et, par elle, celle des – derniers − Indiens Crees au début du vingtième siècle. Grâce à ce qu’elle nous raconte, nous découvrons la façon dont les Blancs ont colonisé petit à petit les Indiens, les spoliant de leurs terres et de leurs moyens de subsistance. L’assimilation aux Blancs par le biais de l’évangélisation et de l’apprentissage de l’anglais forcés, ou bien le parcage dans des réserves, et l’alcoolisation dans tous les cas, c’est ce que subirent les derniers Indiens sur leur sol.
Nous apprenons beaucoup de coutumes ancestrales indiennes. Par exemple, les longues chasses et pêches pratiquées l’été pour faire les réserves de viandes et de poissons séchés nécessaires en hiver. Nous apprenons aussi comment ils consomment la viande (dans son intégralité, pour ne rien en gâcher, par respect pour l’animal tué). Ainsi lisons-nous page 46 : «Mon père nous répétait de ne pas laisser perdre un seul morceau. Le plus petit bout de cartilage dont nul ne voulait allait s’ajouter aux os du bouillon, ou bien on le brûlait en disant des prières. Nous étions toujours attentifs à ne pas gâcher, pour ne pas insulter l’animal».
A l’exception d’un passage difficile à lire, la plupart du temps c’est avec amusement et nostalgie que Joseph Boyden parle de son peuple, sans tendresse excessive et sans le mettre sur un piédestal cependant. J’ai lu avec amusement que le calendrier des Blancs ne convenait pas à Niska, pour qui les mois se comptent en lunes et les années en saisons (douze printemps, seize hivers…).
Même des années après l’anéantissement généralisé et presque complet des Indiens d’Amérique par les Européens «civilisés», nous voyons ici que leurs rites et leur culture perdurent chez leurs derniers descendants (qu’en est-il aujourd’hui ?). Dans la philosophie indienne, la mort n’est qu’un chemin, un passage vers l’au-delà – et donc vers les ancêtres. Pas une fin car seul le corps meurt. D’où leurs rites funéraires sacrés et leur façon d’inhumer les défunts en hauteur (de préférence dans les arbres) pour faciliter le voyage des âmes, leurs prières-incantations pour accompagner l’âme du défunt pendant son voyage.
C’est aussi cela, le chemin des âmes : le chemin qui mène à la mort, soit celui de la délivrance par la fin des souffrances.  Pour moi, cette croyance en une vie de l’âme après la mort relève d’une sorte de foi, une foi sans dieu mais en quelque chose de sacré, l’âme, qu’elle soit humaine ou animale. Xavier croit fermement qu’il retrouvera ses morts, tous ses morts, y compris ceux qu’il a tués, sur le chemin des âmes et qu’ils comprendront alors pourquoi il les a tués.
Curieusement, je me suis posé cette question à la fin du livre : pourquoi les colons européens ont-ils voulu évangéliser les Indiens, leur inculquer les croyances chrétiennes alors que la base, la foi du sacré, la foi en l’âme, ils l’avaient déjà !? Notre Dieu chrétien est-il supérieur à leur grand Manitou ? Est-il le vrai et le seul dieu ?
Et une seconde question : s’ils avaient été à la place des Indiens (et les Indiens à la leur, bien sûr), les colons auraient-ils volé à leur secours en cas d’agression étrangère ? La réponse est…
Au final, j’avais déjà adoré Dans le grand cercle du monde de l’auteur, qui me poursuit encore, mais celui-ci vole encore plus haut dans les sphères littéraires. Comment qualifier un livre de cette ambition, de cette envergure ? Avec des qualificatifs élogieux, des superlatifs, des exclamations… Mieux que ça : en vous conseillant de l’acheter en double : un pour vous et un pour une personne à qui l’offrirez. Et quand vous l’aurez lu, vous serez comme moi poursuivi longtemps par le destin hors normes de ces trois personnages. Plus qu’un coup de cœur, Le Chemin des âmes a été un grand, un très grand choc de lecture !
Le livre est dense, dur, long (en nombre de caractères et à la lecture). D’une richesse extrême, il se lit lentement avec un intérêt qui ne fait que croître et l’on voudrait pouvoir tout oublier pour se consacrer uniquement à sa lecture. Avec des pauses tout de même, pour évacuer le trop-plein de l’horreur, même si l’on y retourne avec fébrilité.
Joseph Boyden n’écrit pas des livres faciles ni des histoires gaies. La violence est omniprésente dans ses romans. Elle est décrite avec un grand réalisme, mais aussi avec pudeur, à la fois chez le narrateur et de la part de l’auteur qui nous oblige autant à voir certaines choses qu’à en éviter d’autres. Il y a un grand respect de l’homme chez Joseph Boyden. Et après tout, toutes les horreurs qu’il nous met sous les yeux, toute la violence qui remplit les pages, ne sont que le reflet de la nature humaine et nous montre ce dont l’homme est capable. La lecture est difficile, c’est un livre qui fait mal, qui fait peur, qui nous bouleverse au plus profond de nos âmes. Mais dont l’espoir n’est pas totalement absent : il y a beaucoup d’humanité «humaine» chez Niska et Xavier. Et moi qui ne suis fan ni des romans de guerre ni des westerns, j’ai a-do-ré ! Après tout, ce n’est que la deuxième fois que je le lis. Il y en aura d’autres…
Il a raison, François Busnel ! Pour mieux connaître notre monde et son histoire : mieux que les livres d’histoire : les romans !

Enfin, un extrait de quelques paroles de Niska. Explicites, justes et se passant de tout commentaire. A l’époque où je suis née, les wemistikoshiw dépendaient encore de nous. Ils venaient à nous comme de petits enfants au potlach. Quand l’hiver se faisait trop rude, nous leur donnions des fourrures à porter, de la viande séchée d’orignal pour leurs ventres vides. Au printemps, quand les mouches noires menaçaient de les rendre fous, nous leur apprenions à jeter dans leur feu le bois vert de l’épinette. Nous leur montrions où se cachaient les poissons dans la rivière, quand l’été devenait chaud ; comment piéger les nombreux castors sans mettre en fuite toute la colonie.
Les Crees sont un peuple généreux. Comme les tiques des bois, les wemistikoshiw se collaient à nous, engraissant de saison en saison, jusqu’au jour où ce fut à nous de nous justifier devant eux.

[box_dark]             UN PETIT BOUT D’HISTOIRE (quand même)

Voici ce que j’ai trouvé sur le site officiel du Musée canadien de la guerre concernant la chronologie de l’histoire militaire canadienne sur la période de 14-18, qui nous est rapporté de façon romanesque et fidèle dans le livre.
«Le Canada n’étant pas encore indépendant sur la scène internationale, la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne liait le Canada à la Grande-Bretagne». http://www.warmuseum.ca/cwm/exhibitions/chrono/1914first_ww_f.shtml

«En février 1915, des troupes canadiennes prirent position le long du front occidental en France et en Belgique».
http://www.warmuseum.ca/cwm/exhibitions/chrono/1914expeditionary_f.shtml

«La crête de Vimy. La prise de la Crête de Vimy a symbolisé les importantes réalisations du Canada pendant la guerre».
http://www.warmuseum.ca/cwm/exhibitions/chrono/1914vimy_f.shtml

«Le Corps d’armée canadien joua un rôle de premier plan dans la victoire alliée».
http://www.warmuseum.ca/cwm/exhibitions/chrono/1914victory_f.shtml

«L’après-guerre (1918-1919). L’immense contribution du Canada à la victoire a aidé les Canadiens à se percevoir de plus en plus comme une nation». http://www.warmuseum.ca/cwm/exhibitions/chrono/1914aftermath_f.shtml

Ajoutons enfin que les Anglais combattant dans les tranchées traitaient les Canadiens dans leur globalité avec mépris et le surnommaient «les coloniaux».[/box_dark]