Sorti en octobre 2017 aux Editions du Seuil. Roman. 247 pages.

EN DEUX MOTS

Un Dupont Lajoie littéraire et contemporain, écrit d’une plume élégante, avec une belle empathie pour quelques personnages et une grande justesse de vue générale. D’une actualité brûlante, il décortique mot à mot ce qu’il est convenu d’appeler le racisme primaire qui commence par l’ignorance crasse et la peur de l’autre. A lire de toute urgence par tous et à tout âge !

L’auteure. Née en 1948 d’une mère catalane et d’un père andalou, exilés en France depuis la fin de la guerre civile espagnole, Lydie Salvayre passe son enfance près de Toulouse. Elle découvre le français par la littérature et fait des études de Lettres à l’université de Toulouse. Elle commence à écrire jeune et publie à partir des années 80 de nombreux romans, dont plusieurs seront sur les listes de grands prix littéraires. Pas pleurer, qui précède celui chroniqué ici, a obtenu le Prix Goncourt 2014.
Femme généreuse, modeste, douce et souriante en interview, Lydie Salvayre n’hésite pas à s’engager pour une juste cause dans chacun de ses romans.

Les cinq premières lignes.
« Plus jamais ! C’est l’injonction que je me fis en traversant au pas de gymnastique le village où je pensais trouver le repos, sans bien savoir si cette injonction relevait du dépit, de la colère, ou d’une combinaison des deux. Je n’y remettrai plus jamais les pieds !».

Le plus beau passage (parce qu’il respire l’espoir). Page 167 : « Nous étions l’un pour l’autre, me semble-t-il, comme ces soldats qui s’entre-réconfortent sur un front de guerre, partagent leur pitance, dorment sous la même tente, se racontent leur courte vie et se montrent leurs photos de famille, en se sachant offerts au même sort injuste et aux mêmes menaces ; des compagnons de misère qui se foutent complètement de ces choses qui d’ordinaire priment sur tout le reste (…) ; des compagnons de misère, disais-je, qui essaient juste de résister à la folle fureur qui les cerne, en s’accordant mutuellement un peu de chaleur humaine et un peu de douceur, avant d’être fauchés. C’est ainsi que je nous voyais ».

L’histoire, dont l’intrigue tient en quelques lignes, est celle d’un jeune professeur de français, Anas, fils d’immigrés espagnols (comme Lydie Salvayre). Particularités : « un teint et une chevelure sombres » à cause desquels les forces de police l’ont souvent pris pour un Arabe et soupçonné comme tel…

Lorsqu’il se sait atteint d’un cancer malin, le professeur quitte sa région après s’être séparé de sa femme et choisit de s’installer dans un petit village tranquille du sud de la France, jamais nommé, pour se soigner, se reposer et finir ses jours dans le calme. Et surtout, pour se cacher lui, sa maladie et sa peur de la mort.

A peine arrivé, il devient l’objet de curiosité puis de toutes les critiques des habitants, peu habitués à voir débarquer chez eux un « étranger ». Le Café des sports est le lieu de tous les ragots ; s’y retrouvent des hommes aigris, grossiers, alcooliques et, à une exception près, le professeur de français du village – qui n’ose pas trop ouvrir la bouche pour ne pas rompre le lien avec ses « amis »  de fortune – d’une grande ignorance. Il est tenu de main de maître par Marcelin, sorte d’armoire à glace, président de la fédération de chasse, craint et respecté de tous. « Marcelin et les chiens de la haine ».

Au Café des sports – où le seul sport pratiqué est la langue de bois – on n’aime pas trop les étrangers ni les personnes à peau sombre, encore moins les étrangers à la peau sombre. De railleries en persiflages, de quolibets en sarcasmes, le professeur devient très vite le sujet de toutes les conversations. Notons au passage que Lydie Salvayre a choisi à dessein un professeur de français d’origine espagnole

Loin de se calmer avec le temps, les esprits s’échauffent et le ton monte. Le patron-meneur, Marcelin, s’énerve tout seul au plus haut point après le professeur, il croit ce qu’il hurle, il croit au danger potentiel que représente l’étranger et tente de convaincre ses copains qu’il faut passer à l’acte avant qu’il ne fasse exploser une bombe ! Tandis qu’Anas essaie de comprendre leur réaction en convoquant de mauvais souvenirs de sa jeunesse passée dans une cité et en se demandant s’il n’a vraiment rien fait qui puisse susciter si vite une telle réaction de rejet. Et ce qui dans leur vie personnelle pourrait la motiver. La réflexion est fouillée et passionnante.

Jusqu’à ce que la violence, strictement verbale au départ, passe très vite à l’envie d’en découdre physiquement avec cet empêcheur de « sarcasmer » en rond, ce troubleur de tranquillité installée… Je ne vous dirai rien sur la fin de l’histoire, le suspense allant lui aussi crescendo, même s’il n’est en rien le ressort du roman.

 

Le style. La narration est faite dans une belle dualité d’écriture et de typographie. Si son déroulement suit une seule chronologie, en deux histoires parallèles au timing identique, il se tient en deux lieux bien distincts, où se parlent deux langages totalement antipodiques. Le professeur ne s’exprime que par un journal (en caractères italiques) qu’il écrit dans sa chambre, d’une plume très littéraire, châtiée même, où se côtoient des imparfaits du subjonctif dont la lecture m’a fait sourire de plaisir, et des termes et expressions peu usités. Au Café des sports, le patron et les habitués utilisent un langage parlé populaire, grossier voire graveleux, retranscrit en caractères romains. Par ce changement de styles et leur contraste saisissant, l’auteure souligne le non-sens total du rejet de « l’étranger », tout en l’explicitant.

Chaque phrase, chaque mot, d’une grande importance, sont à prendre au sens fort et contribuent au crescendo qui mène tout droit au racisme primaire (le terme « Arabes », premier mot purement raciste dans son contexte, est prononcé dans le café dès la page 29 et fait rire l’assemblée). Et la montée constante de la virulence des propos coïncide avec celle de l’expression du racisme et la colère contre celui qui la « provoque » par son irruption. L’écriture suit « à la lettre » le sujet principal du roman. Mais dieu merci, si les propos tenus par Marcelin et sa bande sont rapportés avec beaucoup de plausibilité, ils sont également d’une drôlerie irrésistible, jubilatoire par moments qui n’incite pourtant pas le lecteur, même hilare, à passer l’éponge. Car si la bêtise fait rire, elle est aussi la source de pensées malsaines et d’actes gravissimes.

Enfin, certaines scènes se déroulant dans le Café des sports se lisent presque comme des sketchs de théâtre. Le verbiage est rapide, empathique, et les gestes, souvent grotesques, s’amplifient à mesure que les verres se vident.

Petite parenthèse, j’ai beaucoup aimé le terme que l’auteure met dans la bouche de son héros pour parler de ses auteurs préférés : « mes admirés ». Quand la godiche que je suis parle de ses chouchous ou de ses auteurs fétiches ! Toute la différence entre une écrivaine et une chroniqueuse littéraire…

 

Mon avis sur le livre. Rarement un livre aura compté autant de signets sur sa tranche, parfois deux par page. Signe que le roman a été d’un grand intérêt de lecture pour moi et le sera pour vous j’en suis sûre.

Beaucoup de sujets personnels et sociétaux sont abordés avec une grande finesse dans les pages. Ainsi le cancer : la maladie elle-même mais aussi son impact sur la vie familiale et sociale : « La maladie distillait dans mon cœur un poison qui me faisait l’humeur amère et me rendait insupportable à Lucile comme à tous mes proches ». La peur de la mort qu’elle traîne fatalement derrière elle ; la solitude et le manque de relations et de dialogues qu’elle engendre, l’impossibilité de parler à quiconque. Nous lisons : « Je n’avais pas dû prononcer plus de vingt phrases depuis mon arrivée, si bien qu’il m’arrivait parfois d’avoir peur de perdre toute capacité parlante. Combien de temps pouvait-on conserver un lien avec soi-même, me demandais-je, lorsqu’on a perdu l’usage de sa langue ? ». Plus loin : « … Je ne pus m’empêcher de rire. Mais juste un court instant. Le fait de rire seul résonne toujours de façon inquiétante. Comme le fait de parler seul. Ce qui m’arrivait, du reste, de plus en plus en plus souvent ; je parlais seul. Comme les fous. Je m’en avisais au beau milieu d’un mot dont le silence de ma chambre augmentait l’écho. Et je me taisais sur-le-champ par crainte d’être entendu par les propriétaires et pris pour un dément ».

Il est également question de l’isolement de certains villages et de la déconnexion du monde réel de leurs habitants… Les hommes se contentent, avant de rentrer chez eux le soir, de leur rendez-vous quotidien au Café des sports, où les conversations vont bon train mais tournent en rond. N’ayant rien d’intéressant à se raconter, parlant de tout mais de rien, les habitués toujours éméchés voire fin cuits, vitupèrent en boucle sur tous les sujets de société et sur tous les personnages de la vie sociale, politique et bien sûr communale.

Ce qui amène bien vite le lecteur au thème essentiel et quasi unique de Tout homme est une nuit : le racisme. La peur et le rejet de l’autre. Car fatalement, dans cette petite mécanique villageoise bien huilée, lorsqu’un homme, un inconnu à la peau trop sombre et au langage trop intellectuel débarque du jour au lendemain avec pour seul prétexte de venir se soigner d’un cancer, il devient la cible de toutes les critiques et focalise à lui seul tout ce que les villageois reprochent à la société tout entière.

Ainsi réalisons-nous que la principale cause de ce racisme, basé sur la peur de l’autre, a pour racine essentielle l’ignorance crasse. Plutôt qu’essayer de découvrir l’autre avec une curiosité intéressée et bienveillante, et non pas morbide comme ici, au lieu de vouloir le connaître et d’ajouter ses particularités, ses ressemblances et ses différences aux leurs pour en faire des atouts, les racistes de tout poil le rejettent d’emblée et en bloc en tant que personne différente. C’est bien ça, le racisme primaire ou, expression plus récente, le racisme «au faciès » : un visage et une couleur de peau, un accent aussi. La culture et tout le reste venant après l’aspect physique, tels des sujets de reproches supplémentaires. A noter que les clients de Marcelin ne sont pas sectaires dans leur rejet de l’autre et que de temps à autre fleurissent quelques propos antisémites qui montrent s’il en était besoin qu’ils sont également bien remontés contre « tous les youpalas qui tiennent les grosses banques Rothschild et compagnie ». J’allais oublier les homosexuels, et puis les livres et celles et ceux qui les écrivent :« ces plante-merde d’écrivains tellement éloignés des problèmes des gens et tout justes bons à couper leurs poils du cul en quatre ! », mais ils font bien partie des cibles… Sur la haine qu’éprouve Marcelin pour les livres, je vous recommande de lire lentement les jouissives pages 168 et suivantes : rire jaune mais rire aux éclats garanti ! J’ai beaucoup résisté à en citer d’autres extraits mais il faut que vous les découvriez dans leur contexte.

Bien au contraire, pour bien comprendre le mécanisme de la peur et du rejet de l’autre, il faut lire, lire, lire et lire ! Des livres comme celui-ci et bien d’autres. Mais les personnes racistes ne lisent pas ou peu, ou seulement des revues « bien de chez nous », me trompé-je, sieur Marcelin ? Reste à espérer que les intellectuels et les artistes s’en mêlent encore et encore pour faire avancer les choses. Les politiques, je n’y crois plus et c’est bien le seul point sur lequel je suis d’accord avec les tristes drilles du Café des sports quand ils critiquent les hommes politiques – sauf en ce qui concerne le parti d’extrême-droite dont ils espèrent beaucoup bien sûr – : il n’y a pas grand-chose à attendre d’eux.Pourtant, dans ce maelström presque uniquement noir et blanc tant les positions des personnages sont opposées, surgissent deux figures porteuses d’espoir. Deux personnages purs, un peu de soleil dans la nuit des hommes. La jeune Mîna, serveuse de bar et choisie elle aussi pour ses différences : elle en cumule deux, son origine pakistanaise et son physique de femme rondelette aux grosses mains abîmées par le travail. Et dès lors qu’elle est vue en compagnie du professeur avec qui elle entretiendra une relation amicale puis amoureuse, il n’en faudra pas plus pour qu’elle devienne à son tour un sujet de critiques et de suspicions avec, cerise(s) sur le gâteau, toutes celles que les hommes machistes savent réserver aux femmes.

Et puis il y a Augustin, le fils de… Marcelin le meneur, ni plus ni moins. Franco-andalou de naissance, jeune homme tolérant et humaniste de culture. Études littéraires et lecture obligent. Le seul homme qui n’hésitera pas à soutenir le professeur devenu son ami contre son père  et ses acolytes. Et à les haranguer de la sorte dans le café : « Il apostropha son père devant les clients attablés, il lui jeta qu’il lui faisait honte, qu’il se comportait comme une ordure, que la sauvagerie et l’abjection de son comportement relevaient de la Justice, qu’elles ruinaient le crédit du village tout entier, et qu’il était écœuré au-delà de l’écœurement, dégoûté à vomir. On sait qu’il le lui dit non pas en hurlant, mais sans élever le ton et d’une voix glaciale qui la faisait paraître d’autant plus violente. On sait qu’il lui demanda comment il pourrait se regarder en face jusqu’à la fin de ses jours s’il ne s’excusait pas d’un comportement aussi vil, comment il pourrait continuer à vivre comme si de rien n’était en ayant oublié que l’étranger, comme il l’appelait, et sa grosse pute, comme il l’appelait, étaient des êtres humains. Et il répéta plus fort : Des êtres humains, tu sais ce que ça veut dire, des êtres humains ? ». Etc. Merci la jeunesse. Merci les livres, merci les intellectuels.

Pour finir, que dire de ce « roman » ? Qu’il est une pure pépite de révolte et de tolérance à l’écriture hautement littéraire. Et d’une justesse de vue, d’une richesse psychologique inouïes. Qu’il faut courir l’acheter si ce n’est déjà fait et le lire avec une grande attention. En ce qui me concerne, je le mets dans la rubrique Hors du commun. Pour le sujet et son actualité brûlante, pour le raisonnement (la raison ?) de l’auteure et ses conclusions qui, j’espère, n’éclaireront pas que les lecteurs aux yeux déjà grands ouverts. Et pour son écriture duelle brillante, si grave et si drôle à la fois. J’ai aimé, non j’ai a-do-ré ce roman. Et Lydie Salvayre, dont je n’ai lu que deux autres romans il y a longtemps, devient avec celui-ci une de « mes admirées » pour avoir pu me faire rire aux éclats avec un sujet aussi consternant que l’exclusion. Qui sait s’il réussira à être une prise de conscience pour certains, une simple piqûre de rappel pour d’autres. C’est tout le mal que je souhaite à notre monde malade.

Enfin, s’il peut sembler à certains un brin caricatural, il n’en est rien, certaines personnes tiennent des propos racistes plus virulents encore. Et commettent des actes plus violents, aussi. L’auteure ne fait preuve d’aucun manichéisme, la montée du populisme est bien réelle dans notre société. Dans la France d’aujourd’hui, dans le monde d’aujourd’hui. Lydie Salvayre a fait une investigation quasi exhaustive dans tous les domaines, décortiquant au scalpel la mécanique du racisme pas à pas. Pour ne rien trouver de valable, forcément. En cela surtout, le roman est passionnant et pourrait faire figure d’essai romancé, mais ce genre littéraire n’existe pas encore…

 

Bravo, bravo, une grande et belle réussite ; pour le coup, moi qui aurais parfois aimé être un homme, ce roman me réconcilie avec ma condition de femme ! Comment ? Vous en connaissez des femmes racistes, au moins une ?…

 

DES MORCEAUX CHOISIS ?  Non. Impossible, il me faudrait recopier tout le livre, autant que vous l’achetiez, n’est-ce pas ?
Allez, quand même, juste pour le plaisir et vous donner envie, en voici quelques-uns que j’ai mis autant de minutes à sélectionner qu’à recopier. Ne croyez pas pouvoir vous acquitter de cette lecture indispensable en lisant ce qui suit, ce n’est qu’une infime partie, à peine représentative, de ce qui vous attend ! Courez ! Lisez et appréciez chaque phrase dans son contexte ! Et posez-vous.

La définition jubilatoire de l’irruption de l’étranger dans le village ; c’est Dédé, le suiveur le plus dévoué de Marcelin, qui parle : « C’est un peu, expliqua-t-il dans une métaphore musicale fort appréciée de l’auditoire, c’est un peu comme si, au milieu d’un concert dont on connaît par cœur toute la mélodie, surgissait un couac, ou un crissement incongru, ou une sifflante sonnerie qui venait brutalement écorcher nos trop tendres et trop susceptibles tympans. Ça incommode, forcément ».

Juste après, le copain Emile : « Certes l’étranger n’était ni un nègre ni un Indien dont les teintes foncées agressent le regard, c’est bien connu. Cependant il ne se fondait pas dans le décor, il détonnait, il faisait tache, il tranchait comme on le dit d’une couleur criarde. On se demandait si on avait la berlue. On faisait en sorte de ne pas le voir. On s’ingéniait à l’éviter. On regardait le ciel. On regardait n’importe quoi qui ne serait pas lui. Mais il vous sautait aux yeux où que ceux-ci se posassent et de la plus méchante façon.
C’est pas qu’on soit… comment dire, dit Emile.
Contre les étrangers, souffla Etienne.
Mais le fait est que ce type vous attaque les pupilles, dit Emile. C’est d’un pénible ! ».
La suite, c’est en page 40 et suivantes et ça vaut son pesant de bêtise.

Sur la montée de la peur et par conséquent de la violence verbale à l’occasion d’une information entendue : « Les radios avaient annoncé l’arrestation d’un djihadiste, qui se faisait passer pour un migrant, sur le point de commettre un attentat de grande ampleur. Les esprits s’emballèrent. Et toutes les frayeurs accumulées, les rancies, les récentes et celles remisées dans le fond le plus reculé des cœurs, les furtives qui s’effacent en un rien, les secrètes qui incubent pendant des mois et des années, et celles qui croupissent durant toute une vie dans nos pauvres sous-sols, toutes ces réserves de craintes se réveillèrent comme sous l’effet d’une conflagration, remontèrent à la surface et firent sauter les dernières digues, pour déferler, violentes, sur les esprits qui chancelèrent. On tint conseil en urgence. Et si c’était le cas de notre touriste ? fit Dédé. J’y ai pensé, dit Marcelin.

Enfin, un extrait hilarant, jubilatoirement triste : « Le gérant n’en revenait pas, s’écria Dédé, le cou et le visage rouges d’excitation. Il fallait voir sa tête ! Il a fallu que je lui répète deux fois que la petite salope s’envoyait un métèque au vu et au su de tous. Il en était tout éberlué. Il arrêtait pas de dire Et moi qui la prenais pour une sainte-nitouche ! Et moi qui lui aurais donné le bon Dieu sans confession ! Il m’a confié n’avoir jamais tenté auprès d’elle aucun geste, disons, déplacé, tant il pensait impossible d’obtenir, disons, une petite gâterie. Et il a ajouté en substance : Avec ce genre de fille, qui a un père échappé du Papoukistan et une mère frappadingue, mieux vaut se faire un nœud à la bite ».