Sorti en février 2019 chez J.-C. Lattès. Roman. 220 pages.

Nous assistons à trois jours de huis-clos, dans une église saccagée par Edouard lorsqu’il apprend que son fils Benjamin, 11 ans, a été abusé par un prêtre. Trois jours pendant lesquels Edouard veut tout comprendre, tout savoir pour mettre des mots sur cette réalité. Alors, il contraint le prêtre à parler, à tout dire de ses désirs, de sa relation avec Benjamin.

A travers Edouard, élevé dans une famille catholique, éduqué à tendre l’autre joue, à pardonner car « c’est la repentance qui compte plus que l’abomination du crime », « la bible se souciant fort peu de la parole des enfants qui n’ont que des devoirs d’obéissance et donc de silence », l’auteur interroge la religion. Edouard ne veut ni de la miséricorde, ni des prières de l’église. « Je veux l’égorger comme un pourceau », je crois « qu’il faut tuer ceux qui ont tué pour que le monde se rééquilibre, pour que les plaies se partagent ».

Considérant que le pardon autorise toutes les abominations, qu’il permet l’infamie, Edouard choisit de faire justice lui-même. Mais c’est difficile de tuer, d’égorger !!!

L’auteur interroge alors la justice. Est-elle juste ? La justice répare-t-elle ?

Bien que le dénouement ne m’ait pas convaincue, c’est un roman sur un sujet d’actualité brûlant, bien mené, sensible, qui nous interroge aussi en tant que citoyens et dénonce tous ceux qui lorsqu’ils font silence se font complices de ces violences inacceptables. J’ai trouvé intéressantes les références bibliques, qui donnent force à son propos.