Paru aux Éditions de Minuit en 2015. 95 pages.

Histoire de récupérer après le choc Kinderzimmer, je demandai à Cathy de me conseiller une lecture rapide, facile, ne demandant pas un investissement émotionnel important, bref, la lecture idéale pour attendre ma fille au chaud dans la voiture pendant sa leçon d’équitation.

Commencé à 11 heures, terminé à 12, montre en main, sans sauter ni une page, ni une ligne, ni même un mot, car c’est écrit gros, un bon corps 13, histoire de ne pas fatiguer les yeux d’un lecteur aventureux.

L’histoire. Le narrateur et sa blondissime compagne scandinave, que l’on devine plus jeune, sont invités à passer quelques jours entre Naples et Capri sur le voilier de son frère et sa femme. On apprend très vite que beau-frère et belle-sœur ont par le passé été amants, et que le narrateur appréhende les retrouvailles et la promiscuité à bord.

Contrairement à ce qu’écrit souvent la serial lectrice, le reste n’est pas à lire, même pour la révélation finale, qui nous laisse avec un arrière-goût de déjà-vu.

On subodore la référence à Maupassant dans le choix des prénoms masculins (Pierre et Jean). Il est toutefois impossible de comparer les deux auteurs.

Que dire du style sinon qu’il est d’une platitude absolue ? Aucune emphase, aucun lyrisme. Le calme plat, pas même celui d’avant la tempête. Côté descriptions, c’est très minimaliste. On sait que les personnages naviguent entre Naples et Capri, faut-il y voir une référence à un autre monument littéraire, Monsieur Ripley, de Patricia Highsmith ?

Une citation pour la route : Je retirai ma casquette et m’essuyai le front. Sur le devant l’inscription ‘Vendée-Globe 2011 – les Sables d’Olonne’ était brodée en lettres blanches. Je mis un temps avant de comprendre. Pour moi, la course en solitaire, jusque-là, s’écrivait ‘Vent des globes’.

Lire un livre sur le conseil de la serial lectrice qui vous demande au passage de le chroniquer… j’aurais dû flairer le nanar.

Conseil de Janette, lisez ou relisez plutôt Deux étés d’Erik Orsenna (pourquoi se limiter à un seul ?), ou Monsieur Ripley de Patricia Highsmith.

Pour Cathy : la création d’une rubrique Nanars s’impose, pour ces livres qui, malgré tout, ne nous sont pas tombés des mains.

 

En deux mots

Si j’aurais su, j’l’aurais pas lu.