Ce roman est paru en 2012 dans la collection Folio de Gallimard.

Il a raflé cinq prix littéraires, dont celui du premier roman. C’est cela, plus les critiques élogieuses des médias et le résumé efficace de la quatrième de couverture qui m’ont incitée à l’acheter.

Pour la petite histoire et les fans des rubriques people, précisons que l’auteure est la compagne de Julien Leclerc. Un gage de qualité de son écriture ? Voyons voyons.

Une fois n’étant pas coutume, je vais commencer par ce qui ne m’a pas plu dans ce livre en essayant de n’être pas trop dure car je trouve que ce roman est un ratage.

Prenons le scénario (tiens, pourquoi ce mot me vient-il à l’esprit, il s’agit d’un roman, pas d’un film). L’histoire donc. Elle est compliquée, ce qui a priori est sympa. Mais trop c’est vraiment trop et j’ai bien failli me perdre dans les méandres de ce labyrinthe familial. En gros, une femme en mal d’enfant accepte qu’une autre s’en fasse faire un pour elle par son mari. Rien que ça ! Des mensonges, des trahisons, des secrets de famille, des fausses pistes… Sur fond de Seconde guerre mondiale, ça pourrait avoir un côté roman historique à suspense, mais que nenni, le suspense oui, encore heureux, mais l’Histoire n’est là que pour servir de cadre (car il en faut bien un) à l’action et tenter de justifier les agissements et les départs de certains personnages.

Je n’ai strictement rien appris sur la Seconde guerre mondiale que je ne sache déjà (et j’en sais si peu !). Et le roman aurait très bien pu se dérouler de nos jours (faisant au passage un clin d’œil à la procréation médicalement assistée) sans que cela change quoi que ce soit au déroulement de l’intrigue. L’absence du mari ? Pas de problème, au lieu d’être envoyé à la guerre, il serait en voyage d’affaires à l’étranger ou en cure thermale…

Autre déception : l’étude psychologique des personnages. Même si ces derniers sont grandement torturés (surtout les femmes), ils sont sans nuance et agissent comme le leur dicte leur psychologie. Sans surprise pour nous (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de rebondissements). Et ce qui ne contribue pas à nous les rendre sympathiques, ni même antipathiques. Comme pour le reste, c’est le moyen qui l’emporte.

Le style, enfin, et là non plus je ne peux pas être élogieuse. Contrairement à ce que j’ai lu dans certaines critiques, je l’ai trouvé banal, scolaire par moments, poussif même, inégal, avec des passages très appuyés, des sentences en forme de bons mots, des sortes de maximes que l’on se prend en pleine figure, qui arrivent comme un caillou dans la soupe (et que l’on ne peut s’empêcher pourtant de trouver justes).

La première et probablement la plus marquante, à titre d’exemple : Pour bouleverser une vie, la mort d’une mère on peut difficilement trouver mieux.

OK, là-dessus il n’y rien à dire, c’est vrai ce qu’elle dit, on lève même un sourcil complice, on ébauche un sourire mais patatras, dès la seconde maxime (que je n’ai pas eu le courage de relever) et les suivantes, on sait à quoi s’en tenir et qu’on n’y coupera pas toutes les nièmes pages. Bof bof. Vraiment bizarre dans ce texte basique. Et ce que l’auteure voulait exercice de style devient exercice tout court.

Enfin, dernière particularité du style : l’histoire est racontée par plusieurs personnages et à des époques différentes. Et comme elle est complexe, c’est une bonne idée pour nous aider dans la compréhension de l’intrigue. Mais, à la différence d’un livre ou d’un film choral, dans lequel chaque personnage donne sa version, sans faire beaucoup changer le fil de l’histoire, et fournit des arguments psychologiques pour mieux la comprendre, ici, chaque personnage dénoue les ficelles du précédent, disperse les explications d’avant pour nous en donner d’autres plus proches de la vérité et nous faire avancer dans le suspense. Le procédé est assez malin. Un reproche quand même : il n’y a pas de différence de style entre chaque personnage, en tout cas pas assez, une faiblesse dans l’écriture. Heureusement, l’auteur a opté pour un moyen technique : le changement de typographie selon le personnage qui raconte. Une aide précieuse pour le lecteur.

Et finalement le style, sans sortir des sentiers battus, finit par être efficace et à la hauteur de l’intrigue, et celle-ci est assez prenante pour qu’on veuille absolument savoir et comprendre ce qui se passe (même si on en a très vite une petite idée, on en veut la certitude).

A noter aussi que la confession de Madame M, la «voleuse de bébé» à la fin du livre, est ininterrompue et nous apporte tous (enfin presque) les éclaircissements nécessaires.

On l’aura compris, je n’ai pas eu le coup de foudre attendu. Une histoire pas mal, sans plus, mais le style est loin d’être littéraire, en tout cas pour la difficile que je suis. Il m’est tombé des mains sans regret et je n’aurai aucun mal à entrer dans un autre. Mais c’est un premier roman, j’adore La Cavalerie de Julien Clerc et l’auteure est jolie. Et comme j’avais acheté son second roman La Garçonnière juste avant de lire celui-ci, je le lirai et s’il me déçoit lui aussi, exit Hélène Grémillon de ma bibli !

Dernière chose et là, déception ultime : la révélation finale ! Qui est tout sauf une révélation d’ailleurs. Je n’ai rien compris du tout ! Et je suis frustrée au maximum, moi qui adore qu’on referme toutes les portes à la fin d’un roman, surtout un roman à suspense ! Je n’ai pas compris qui parle, je n’ai pas compris ce qu’il ou elle dit (impossible d’écrire ici ce qui n’est pas dit sans déflorer le suspense) et je ne vois pas l’intérêt de ces quelques pages écrites sous forme de long poème et qui remettent en question tout le reste du livre. Et dieu sait que j’adore le coup de théâtre final ! Mais là, amusement certain pour l’auteur mais frustration ultime pour le lecteur. Arrrrggghhh !!! Si un jour quelqu’un peut m’expliquer…

En un mot : Le Confident est pour moi un bon roman de gare, ou de plage, ou de vacances. Mais il en faut et l’auteure est jeune et prometteuse… Quant à savoir qui est ce confident, je vous laisse le découvrir seuls !

  1. Ma fille vient de le lire et m’a fourni une explication qui tient la route pour la fin. C’est moi la nigaude apparemment !