Paru chez Albin Michel en mai 2013. 352 pages. Roman.

Je remercie Cathy la Serial Lectrice qui me permet de squatter sa rubrique Tombés des mains pour vous parler d’une de mes dernières lectures. Je ne sais pas pourquoi, ces derniers temps le nombre de nanars, confirmés ou non, qui me passent entre les mains est en nette augmentation.

Jolie couverture, titre prometteur, abordé sans aucun a priori pour n’avoir rien lu d’Agnès Ledig avant cela. Définitivement lâché aux trois quarts, ce roman m’était pourtant déjà tombé des mains une première fois, dès la première page.

Il aura fallu que je le retrouve au fond de ma sacoche à l’occasion d’un voyage professionnel pour que, n’ayant rien d’autre à lire et me sentant d’une humeur particulièrement clémente, je décide de lui accorder une seconde chance.

L’histoire, d’abord : une jeune femme dans la galère, un adorable petit garçon, une rencontre qui va changer leur vie pour le meilleur, pourrait-on croire… Jusqu’au moment où, à mi-lecture, tout bascule dans le drame le plus insupportable et la romance la plus prévisible.

Le style, maintenant. Tout simplement inexistant, il nuit à l’histoire. Un vide que l’auteure tente vainement de combler de façon laborieuse à grand renfort de métaphores et de poncifs qui tombent régulièrement, toutes les deux lignes. Le tout ponctué de dialogues insipides et sonnant faux.

Inutile d’en dire plus, ces morceaux choisis parlent d’eux-mêmes :

En traversant le rayon «fruits et légumes», lui revient en tête l’une des phrases favorites de son épouse, débitée machinalement, comme toutes les autres. «Cinq fruits et légumes par jour.» Elle la plaçait entre «La cigarette te tuera» et «L’alcool n’est pas bon pour ta santé». (…)

Il emprisonne malgré tout quelques pommes dans un sachet plastique et se dirige vers les caisses. (…)

Devant lui, une femme énorme vient d’y déverser un caddie entier de cochonneries. En voilà une qui n’aurait pas fait bon ménage avec son épouse.

Il se rend rapidement compte qu’il n’a pas choisi la meilleure caisse pour être en mesure de quitter au plus vite cet antre de la consommation, mais la caissière est jolie. Désagréable, mais jolie. Le privilège de la beauté : atténuer le mauvais caractère. (…) On pardonne tout aux jolies femmes avant même qu’elles n’aient ouvert la bouche. Celle-ci regarde à peine la cliente au moment de lui rendre la monnaie, et en profite pour essuyer sur sa joue une larme venue de nulle part. Pas de menton qui tremble, de respiration courte, d’yeux qui brillent, non, un visage impassible, mais une larme qui s’est autorisée à prendre l’air. (…).

Ou encore :

  • Depuis que j’ai croisé cette fille. Une révélation, la flamme mystique des apôtres qui te choisit soudain.
  • Tu la connais depuis une semaine !!!
  • Et alors ? L’évidence n’a pas besoin de beaucoup de temps pour sauter aux yeux. C’est généralement instantané.
  • Et tu dis que tu n’es pas amoureux.
  • Non, je crois que je n’oserais même pas la toucher, j’aurais peur de l’abîmer.
  • Elle n’a pourtant pas l’air fragile. Elle ressemble à ces Marie-couche-toi-là qui, à l’âge où d’autres jouent encore à la corde à sauter, sont déjà des filles à sauter tout court. On voit le résultat. Enceinte à seize ans !
  • Les apparences sont parfois trompeuses. Je suis persuadé que cette fille a besoin d’un édredon bien douillet pour se réfugier dans un cocon de douceur et d’insouciance.
  • Tu vois ? Tu parles toi-même d’édredon. Je te dis qu’elle va te plumer.
  • La vie est légère comme une plume quand le souffle qui la porte est animé d’amour et de tendresse, alors, je veux bien me délester de quelques plumes…
  • C’est de qui ça ? demande Jérôme. 
  • De moi. 

Choisir un livre uniquement pour son titre et sa couverture : on ne m’y reprendra pas ! Foi de Janette !

 

En deux mots

Le bonheur ? Oui, mais à quel prix ?! Pour le nôtre, courage, fuyons !