L’aube était délicate
L’aube était délicate
Comme un vol de colombes, sur la rougeur des pins
L’ombre frissonnait entre la nuit et la lumière,
Le bonheur attendant au creux de chaque main.

Mais le jour s’envolait
Sur les pierres de feu
Il ne restait qu’un souvenir d’ailes
L’ombre reflétait le soleil passé.
Et le bonheur coulait entre les doigts.
La paume des mains n’avait gardé
Que le sable laissé par le marchand de sommeil.

René Tavernier (1915-1989), poète, philosophe et journaliste français, engagé dans la Résistance. Poème publié en 1941 dans la revue Confluences éditée par René Tavernier.