VIVE LE SPORT (ET LES SPORTIFS) !

Les goalés des Football Leaks

J’ai le salaire d’un émir saoudien. Les bonnes manières d’un oligarque russe. La probité d’un tradeur de Wall Street. Qui suis-je ? Le footballeur (moderne) de haut niveau, bien sûr !
Les 18,6 millions de documents récupérés par « Der Spiegel » et redistribués à douze médias – dont Mediapart –  sous le nom de « Football Leaks » illustrent à merveille ces qualités. Exemple, le plus salué : Cristiano Ronaldo et ses 150 millions d’euros de revenus, en sept ans, issus de ses droits à l’image. Une fortune passée dans les paradis fiscaux au nez et à la barbe du fisc. Le nouveau Ballon d’or portugais a commenté ces fâcheuses révélations (« L’Equipe, 13/12) : « Il y a beaucoup d’innocents en prison. Et, moi, je suis un peu comme ça ».
(…) Après tout, il n’est pas si riche que ça. Ainsi, Ezequiel Lavezzi, ex-attaquant du PSG, beaucoup moins coté que lui, a négocié un salaire de 53,2 millions d’euros sur vingt-trois mois lorsqu’il a rejoint l’empire du Milieu et le club Hebi China Fortune. Soit 2,3 millions d’euros par mois, record du monde !
Pour les footballeurs un peu moins fortunés, quelques primes jouent un rôle consolateur. L’Italien de l’OGC Nice, Mario Balotelli, est récompensé s’il ne pète pas les plombs au stade ou au vestiaire : 1,2 million d’euros à condition de récolter, dans l’année, moins de trois cartons rouges ! Quant au gardien des Bleus, Hugo Lloris, son club de Tottenham lui verse une prime en cas de victoire (8300 euros) mais aussi… de défaite (4150 euros). Ce qui l’apaise quand il ramasse la balle au fond des filets.
Des comportements aussi déviants seront-ils longtemps tolérés par la grande famille du ballon rond ?
(Le canard enchaîné, mercredi 14 décembre 2016)

Elle est pas belle, la vie de footballeur de haut niveau… financier ?