Selon le compte-rendu de l’université d’été de la Défense, les 5 et 6 septembre, le chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, s’est permis, en quelques phrases, de donner une bonne leçon aux hommes politiques et, en premier lieu au chef de l’Etat :

« Une stratégie basée sur les seuls effets militaires ne pourra jamais agir sur les racines de la violence quand celles-ci s’ancrent dans le manque d’espoir, d’éducation, de justice, de développement, de gouvernance, de considération. L’action militaire n’est qu’une partie de ma réponse aux crises ».

A en croire ce général cinq étoiles, les milliers de fiches S, les arrestations et les détentions ne sauraient donc constituer le seul moyen de combattre le terrorisme sur le sol français. Puis, quand il a évoqué les opérations menées à l’étranger, Pierre de Villiers a nettement haussé le ton : « Gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix, et on ne détruit pas une idéologie (terroriste) uniquement avec des bombes ».

En clair, la leçon vaut pour Obama, Hollande, Cameron, et même Poutine, qui ont cru, pendant plusieurs années, que « l’antiterrorisme aérien » était la solution rêvée. Comme si bombarder les forces de Daech et des autres groupes djihadistes en Irak, en Syrie, En Afghanistan, en Lybie, au Yémen et au Sahel pouvait permettre d’écarter tout risque terroriste, et pour longtemps. Claude Angeli, Le Canard enchaîné, 14 septembre 2016

Oups, si le chef d’état-major de l’armée française se met à parler comme nos intellectuels les plus éclairés, on va bien finir par arriver à les convaincre, ces messieurs de la politique… Non ? Oui ? Pas sûr…