Sorti en août 2016 chez Robert Laffont, Collection Pavillons. 412 pages. Roman. Traduit de l’anglais (Irlande) par Anna Gibson.

L’auteur. Né en 1955 en Irlande, Colm Tóibín fait ses études à Dublin et commence une carrière de journaliste avant de publier son premier roman, Désormais notre exil, en 1990. En tout, une petite dizaine de romans, dont Nora Webster, le dernier.

Les cinq premières lignes.
– Vous devez en avoir assez. Quand donc cesseront-ils de venir ?
Tim O’Connor, son voisin, la dévisageait depuis le pas de sa porte ; il attendait une réponse.
– Je sais, dit-elle.
– Ne leur ouvrez pas. C’est ce que je ferais à votre place.
Elle referma le portillon derrière elle.

Pourquoi m’est-il tombé des mains ? J’ai résisté pourtant. Jusqu’à la page 141, bien au-delà des fatidiques pages 99-100 où je n’ai pas trouvé la « couardise » de trancher, alors que la IVème de couverture de Comme un roman de Daniel Pennac, toujours avec moi du côté gauche de mon ordinateur pour ne pas gêner ma souris à droite, clignotait de tous ses feux sur le Droit N° 3 du lecteur, celui de ne pas finir un livre. Avant de capituler quand j’ai réalisé que j’étais en train de lire plus par devoir que par plaisir et que je piquais systématiquement du nez le soir au bout de deux ou trois pages. Ce à quoi je me refuse, la lecture étant pour moi avant tout symbole et synonyme de plaisir. Bien sûr, s’il m’était resté une petite centaine de pages à lire, j’aurais « fait l’effort » d’aller au bout, mais deux cent soixante-dix, non ! Mes étagères sont pleines et mes PAL bien trop hautes ! Alors j’ai laissé tomber.

Pourtant, Nora Webster m’avait attirée. Un sujet intéressant : un destin de femme dans l’Irlande des années 60/70, un auteur que je ne connaissais pas, Irlandais, un style plaisant, de bonnes critiques médias, les ingrédients étaient réunis.

Mais je n’ai accroché à rien : ni à l’écriture (la quatrième de couverture est généreuse, qui parle de prose musicale, délicate et nuancée), ni au personnage de Nora Webster qui ne m’a pas touchée, ni à la peinture sociale d’une époque pourtant riche en faits marquants, ni à l’intrigue que j’ai trouvée linéaire et sans rythme. Reste chez Nora une investigation personnelle et une révolte intérieure (relative, ne nous emballons pas) prometteuses, mais pas suffisantes pour que je continue. Cette jeune femme qui découvre quand elle devient veuve l’étroitesse de sa vie de femme au foyer, qu’elle considérait jusque-là comme une vie libre, je l’ai rencontrée et appréciée davantage dans d’autres romans. Sans compter l’ennui qui ne m’a pas lâchée, la narration qui peine à avancer.

Voilà, c’est dit. Je suis persuadée que ce roman est un bon livre que je n’ai pas su apprécier à sa juste valeur et que d’autres lecteurs le feront. Je ne vais pas m’arrêter à celui-ci et lirai un autre roman de Colm Tóibín (plus court) quand j’en aurai l’occasion. Et en attendant me précipiter sur une autre découverte littéraire.