Sorti en septembre 2015 aux Editions du Seuil. 358 pages. Roman (autobiographique). Traduit du suédois par Anna Gibson.

En deux mots Autobiographie informelle et décousue, testament littéraire, «petites» leçons d’histoire et considérations philosophiques, Sable mouvant est tout cela et plus encore. Ce livre superbe, servi par une écriture au sommet de sa beauté, est d’abord un formidable hommage à la vie…

L’auteur. Il faudrait des pages et des pages pour présenter Henning Mankell et des pages et des pages pour parler de ses livres. Voici quelques repères glanés sur Internet. Il y a malheureusement deux dates dans sa biographie. Celle de sa naissance : 1948 à Stockolm (Suède) et celle… de sa mort : octobre 2015, à Göteborg (Suède), alors qu’il se croyait en rémission d’un cancer découvert en 2014. Sa mort (à soixante-sept ans seulement) m’a beaucoup remuée car c’est un auteur que j’apprécie beaucoup pour ses qualités humaines autant que littéraires et dont j’ai toujours suivi la sortie (désordonnée en France) de ses livres, que je pense avoir presque tous lus hormis la littérature jeunesse et ses pièces de théâtre. J’espère bien que je vais en trouver un ou plusieurs que j’aurais oubliés.
Elevé par son père (ses parents ont divorcé alors qu’il était bébé),  il part pour Paris à seize ans après avoir décidé d’arrêter le lycée du jour au lendemain puisqu’il sait déjà depuis longtemps ce qu’il veut devenir : écrivain, et qu’en le devenant il continuera d’apprendre tout ce qui lui manque. Il y vit difficilement, pauvrement même en réparant des instruments de musique, mais considère néanmoins que ce séjour parisien de six mois a été très formateur. Après Paris, la Norvège puis, en 1972 il découvre l’Afrique, d’abord la Guinée-Bissau puis la Zambie. Tombé sous le charme de l’Afrique, il y passera la moitié de sa vie (au Mozambique) en alternance avec la Suède et la France. Il montera d’ailleurs une compagnie de théâtre au Mozambique, qu’il dirige et soutient financièrement.
Son œuvre littéraire, très riche, est aussi d’une grande variété : pièces de théâtre, livres pour la jeunesse, trop nombreux pour être cités, romans pour adultes dont Tea-Bag, Comedia Infantil, Le Fils du vent, L’œil du léopard, Les chaussures italiennes, Un paradis trompeur, Profondeurs, Le Cerveau de Kennedy et… Daisy sisters, son premier roman, sorti en Suède en 1982 et en France en… 2015, bizarrement. Ces ouvrages sont, pour la plupart, sortis en France entre 2003 et 2015 mais bien avant en Suède. Et bien sûr, Sable mouvant, celui dont je vais parler ici, roman « posthume » écrit pendant son traitement et paru juste avant sa mort. Si je devais en définir un comme étant le meilleur, j’en serais bien incapable tant, avec des sujets toujours différents, Henning Mankell a gardé sa belle et claire écriture (sans cesse amendée) et son humanisme hors pair. Il a reçu de nombreux prix littéraires pour son œuvre.
Pourtant, ce ne sont ni ses romans pour la jeunesse, ni ses pièces de théâtre ou ses romans pour adultes qui ont fait d’Henning Mankell l’écrivain au succès international qu’il est devenu. Mais une série de romans policiers mettant en scène un commissaire grognon mais d’une grande humanité (pour moi le double fictif de son créateur), le fameux commissaire Wallander, qui considère le tissu humain comme l’élément majeur d’une enquête. Il y a des meurtres dans chaque roman, certains d’une grande violence mais si l’auteur s’attache toujours à dénouer habilement les fils de l’enquête, ce sont surtout les rouages socio-politico-économiques et psychologiques qui presque toujours ont conduit le (ou les) meurtrier(s) à passer à l’acte. Les meurtres purement gratuits sont rares dans l’œuvre policière de Mankell, je suis même incapable d’en citer un. A des années-lumière de Bret Easton Ellis avec American Psycho ou de Truman Capote et de son -pourtant très fort- De sang-froid, pour l’importance primordiale qu’il accorde au contexte social, Henning Mankell s’apparente plutôt à des auteurs comme Elisabeth George (romancière anglaise mettant en scène dans tous ses romans le même couple -très disparate- de policiers, un aristocrate et une femme de condition très modeste) ou comme bon nombre d’auteurs scandinaves auxquels il a ouvert la voie. Et en France, le regretté Thierry Jonquet.
Le célèbre commissaire Wallander a prêté sa personne et son nom à une série de téléfilms de qualité dans laquelle le réalisateur a su rendre à la fois l’atmosphère brumeuse et mélancolique de la Scanie et le caractère désabusé, affable et solitaire du commissaire.
Mais venons-en à Sable mouvant.
Inutile de parler de l’histoire, car il n’y en a pas. Ici, il a des histoires.
Le style. Une chose est sûre, la maladie n’aura pas eu raison de la belle écriture d’Henning Mankell. Même affaibli par le cancer et ses traitements, il a continué d’écrire dans un style impeccable et totalement abouti. Pragmatique quand il le faut, poétique quand l’occasion s’en présente, empathique toujours. L’écriture, ici, est incroyablement belle et même si j’ai déjà eu maintes et maintes fois l’occasion de l’apprécier dans des romans bouleversants (Les chaussures italiennes, Tea-Bag, Profondeurs pour ne citer qu’eux), elle atteint ici des sommets de clarté et d’élégance. Le livre, écrit au fur et à mesure que les souvenirs retrouvaient le chemin de son « Palais des souvenirs », se compose de chapitres très courts à l’intérieur desquels plusieurs époques se côtoient, le passé des souvenirs et le présent de la maladie mêlés en des allers-retours brefs et incessants. L’ensemble se lit avec délectation et plaisir infini. Mais chaque chapitre se lit aussi comme une entité, une petite pépite littéraire, très brève mais complète leçon d’histoire ou de « choses de la vie » que l’on peut facilement reprendre à son compte. J’en ai pour ma part relu certaines deux fois de suite.
Mon avis. Sable mouvant, fragments de ma vie risque bien de rester mon coup de cœur essentiel pour 2015/2016 (je l’ai lu entre ces deux années !). Rarement un livre aura comporté autant de post-it de notes après lecture…
Je l’ai pourtant ouvert avec appréhension. Le dernier roman d’un auteur que j’adorais, et si j’étais déçue ? Et s’il ne pouvait s’empêcher de ne parler que de lui, de sa maladie et de sa mort prochaine ? Et si le cancer, raconté par le menu, ne pouvait être que sujet à misérabilisme, apitoiement sur son sort et autres sources d’ennui pour un lecteur même convaincu à sa cause ? Je ne suis pas non plus très friande des biographies, encore moins des autobiographies. Rarement fidèles, sujettes à un académisme ennuyeux avec une chronologie souvent datée de bas en haut et, fatalement, remplies de commentaires plus ou moins élogieux sur sa personne et une bonne dose de mauvaise foi…
Je l’ai donc abordé un peu comme la lettre d’adieu d’un être cher, un livre que je devais lire en hommage à son auteur. Et quelle délicieuse surprise, ou plutôt quelle confirmation de ce que je savais déjà de l’auteur ! D’hommage à un auteur, la lecture s’est avérée un plaisir que je me suis fait. Un grand plaisir. Mon appréhension s’est envolée dès les premières pages (pas ma culpabilisation d’avoir douté de l’auteur).
De misérabilisme, d’auto-apitoiement, il n’en est jamais question. Le cancer est présent, la mort aussi et l’auteur en parle, mais pas de manière personnelle, avec une certaine distance, une intellectualisation qui lui permet d’élargir la gravité de ces sujets à chacun de nous.
Cela tient à la manière dont Mankell a écrit ce dernier livre. Roman de la fin, roman presque posthume, Sable mouvant, Fragments de ma vie, le sous-titre pourrait être le titre du livre à lui tout seul, est écrit comme une autobiographie. Une autobiographie dont le fil conducteur est l’auteur, bien sûr, mais qui n’est pas un récit chronologique conformiste. Le livre est constitué de souvenirs multiples et anachroniques, racontés dans l’ordre où ils lui reviennent en mémoire et non dans celui où les événements se sont produits. Des souvenirs personnels, d’enfance, d’amour, d’amitié, de rencontres parfois insolites mais aussi des réflexions sur des sujets philosophiques et/ou sociétaux. Tout en restant d’une discrétion presque absolue sur sa vie privée (sa femme, à peine évoquée à trois ou quatre reprises).
Nous apprenons ainsi pas mal de choses sur la vie peu banale de Henning Mankell avec, outre la France et l’Afrique où il a un port d’attache, beaucoup de voyages, des séjours longs à l’étranger, toute une vie cosmopolite, itinérante, mouvementée. Avec, toujours, des rencontres, véritable matériau humain qui a constitué l’essentiel des sujets d’inspiration pour ses romans. Curieux de tout, il écrit sur ce qu’il voit et sur les personnes qu’il rencontre. Avec pour habitude tout au long de sa vie de retourner sur des lieux marquants de son existence, une ferme suédoise, un arbre sur une route anglaise, un village africain… Des sortes de pèlerinages laïcs, comme il dit  page 215 : Nous avons tous nos lieux de pèlerinage qui ne sont pas forcément liés à des expériences d’ordre religieux.
Loin de s’être laissé aspirer par le sable mouvant du cancer (pour lui d’ailleurs, les sables mouvants ne sont qu’un mythe), Henning Mankell s’en est servi comme prétexte à un livre d’une grande beauté et d’une profondeur inégalée dans son œuvre. La maladie même, si elle constitue le —mince—fil conducteur du livre, n’est présente qu’en filigrane de loin en loin et les détails la concernant sont peu nombreux. Ainsi, même lors d’une séance de chimiothérapie, loin de s’appesantir sur lui-même, l’auteur choisit de parler d’autres malades présents dans le service de cancérologie et de nous proposer des sujets de réflexion autres que sa personne.
Un nombre impressionnant de sujets métaphysiques et philosophiques nous sont proposés, quasiment un par chapitre (le livre en compte soixante-sept !). Même s’ils ne font que deux à six pages, le nombre peut paraître long. Mais il faut lire l’ensemble comme des saynètes isolées et complémentaires, l’empreinte de l’homme de théâtre est très marquante dans la construction du livre. C’est un ouvrage à picorer au hasard des chapitres et pas à lire de la première à la dernière page. C’est un livre qui se déguste mot après mot, lentement mais sûrement. Surtout pas en toute hâte, le suspense est exclu, Wallander n’est plus là.
En fait, il se lit comme il a été écrit : dans le désordre, comme une conversation à bâtons rompus, une compilation, par bribes, d’anecdotes significatives pour lui et pour nous, et donnant matière à réflexion. Les souvenirs remontent à l’enfance parce que l’avenir se rétrécit. L’approche de la mort fait office de machine à remonter le temps et, curieusement, lui fait voir plus clairement les personnes et les événements dont il se souvient.
Sable mouvant, fragments de ma vie restera longtemps un cas isolé de la littérature autobiographique. Quelques lignes sur lui en guise d’introduction aux chapitres, et l’auteur se retire sur la pointe des mots pour mettre en scène un personnage rencontré, un lieu visité, ou pour nous proposer des réflexions métaphysiques. L’une d’entre elles revient avec la régularité d’un leitmotiv dans tous les premiers chapitres et dans l’avant-dernier, à croire que le véritable cancer qui le ronge, c’est lui : l’enfouissement des déchets nucléaires dans une roche de Finlande, Onkalo, cadeau empoisonné pour cent mille ans de l’homme d’aujourd’hui aux générations futures. Ce qu’il appelle «L’avenir dissimulé sous la terre».
Ces passages —passionnants, richement documentés—, concernent la place de l’homme dans l’histoire de toute l’humanité avec des sujets aussi variés que les peintures pariétales dans les grottes de l’Ardèche, l’origine et la disparition des statues de l’Ile de Pâques, le temple d’Hagar Qim à Malte, antérieur à la Pyramide de Khéops et aux temples des Mayas, des sculptures anciennes… Et aussi, pêle-mêle, des sujets d’art (j’ai particulièrement apprécié l’histoire du naufrage de La Méduse en 1816 et de la réalisation dans la foulée du tableau de Géricault Le Radeau de la Méduse), des considérations d’ordre sociétal et social : les conditions des femmes en Afrique et ailleurs, le malheur des réfugiés dans les camps, l’écologie (très présente), la disparition d’espèces animales, le pillage de la planète ; l’injustice, la jalousie sous toutes ses formes, la mort et la peur qu’elle engendre, la mémoire et l’oubli, l’esclavage dans le monde et le travail des enfants aujourd’hui encore… Etc. Impossible de tout citer. Et tous d’une grande évidence, d’une véracité  éclatante, et d’une grande justesse pour parler d’injustice. Témoignages de la colère d’un homme mais aussi de sa grande compassion pour l’humanité, de son immense générosité.
Au cours de ma lecture, je me suis souvent demandé comment un homme qui avait arrêté l’école à seize ans, passé du temps à courir le monde et vécu en plusieurs endroits l’essentiel de sa vie, a bien pu acquérir seul de telles connaissances dans tous les domaines (y compris scientifiques) et écrire, malade et sous chimiothérapie, un ouvrage aussi dense, aussi varié et aussi instructif. Il m’a semblé que cela tenait de la gageure.
Je suis entrée dans son œuvre avec Kurt Wallander. Je trouvais ses polars très humains, bien écrits et remplis de connaissances géopolitiques, point. Plus tard j’ai aimé ses romans «classiques» pour la beauté de l’histoire et l’émotion dégagée, rarement pour les détails scientifiques, à part peut-être Profondeurs.
Dans Sable mouvant, il nous livre la source de son érudition : les livres. Bien sûr. Et les voyages, puisque nous apprenons que ce sont toujours des voyages d’études et de recherches et qu’il part avec des grandes quantités de livres. Sa soif d’apprendre est sans limites, tout sujet le passionne. Il connaît ses lacunes et n’hésite pas à s’isoler en terre inconnue pour les combler. Il s’est constitué seul, en autodidacte, une somme énorme de connaissances tous domaines confondus. Et le résultat est époustouflant : au fil des années, il devient un véritable puits de sciences humaines dans des domaines allant de l’écologie à la cartographie des profondeurs marines en passant par l’Antiquité, la littérature internationale des arts comme la sculpture et la peinture. En cela Sable mouvant, Fragments de ma vie peut être considéré comme une sorte de testament littéraire car c’est un condensé de ce qu’il a de meilleur en lui qu’il nous livre, un concentré de savoir à la portée de tout lecteur. Et en vérité, il n’a jamais été aussi bon que dans ce dernier ouvrage.
Henning Mankell, homme engagé à gauche dans la vie comme dans ses livres, était d’une générosité sans faille avec autrui, ne jugeait pas sauf en cas d’injustice, prenait le parti des plus démunis en général et des femmes en particulier – les mauvaises conditions faites aux femmes étant un sujet très récurrent dans ses livres.
Un grand écrivain est mort. Mais surtout un grand homme, presque un ami de ses lecteurs. Et s’il a disparu physiquement, lui qui avait si peur de l’oubli après la mort restera longtemps dans la mémoire de ses lecteurs. Merci monsieur Mankell de nous avoir quittés sur un si beau souvenir. Je vous en voudrai moins d’être parti si tôt.
Enfin, heureuse de constater que ce livre se termine sur une note d’espoir avec le répit de la rémission, je me suis demandé si son écriture n’a pas aussi contribué à lui en donner car il a très peur de ce qui l’attend. Et de ce qui attend l’humanité tout entière.
C’est décidé, Sable mouvant, Fragments de ma vie ne va pas rejoindre ses frères dans ma bibliothèque. Il va rester sur ma table de nuit pendant longtemps. Et, quand j’aurai une petite baisse de moral entre chien et loup, je ferai courir mon doigt au hasard sur la table des matières et dégusterai le chapitre choisi !

 

Voici quelques passages, difficilement choisis tant le livre fourmille de beautés, qui vous donneront envie de vous précipiter au point de vente de livres le plus proche de chez vous.

Page 88 : La vie des humains est lisible à travers leurs déchets. Les décharges sont un miroir où se laissent déchiffrer des millénaires de vie quotidienne. Mais ce n’est pas tout. Nous découvrons aussi les temps difficiles, les famines et les disettes. Nous découvrons les inégalités sociales. Certains vivaient beaucoup mieux que d’autres et avaient accès à une nourriture plus riche, plus abondante que ceux qui vivaient deux cents mètres plus loin. Une famille, ou clan, florissait, pendant que le voisin dépérissait.
Pages 99 et 100, sur la mort, l’oubli et la peur. La mort et l’oubli ont partie liée, comme le cancer et la peur existentielle. (…) Personne ne veut être oublié. Mais presque tout le monde le sera. (…). Combien d’artistes oubliés. Combien de scientifiques, d’ingénieurs, d’inventeurs. Et surtout, combien d’autres, tous les autres, les « gens ordinaires ». Tous oubliés. Quand on est mort, on est mort. Tant que l’on existe dans la conscience de quelqu’un, on conserve son identité. (…) Le destin de l’être humain est d’être oublié. Pas même ceux qui se sont distingués de façon exceptionnelle à un titre ou à un autre ne survivront indéfiniment dans la mémoire collective. La mémoire n’a jamais été aussi courte dans l’histoire humaine. Nous avons beau être assaillis en permanence par une tempête d’informations, nous en savons de moins en moins.
Sur la pauvreté, page 125, une page de colère pure, la même que celle qui habite des auteurs français comme Gérard Mordillat ou encore Thierry Jonquet, lui aussi trop tôt disparu il y a six ans (à cinquante-cinq ans).
Ceux qui vivent dans les marges d’une société extrême n’ont aucun choix. Se coucher dans la rue pour mourir n’est pas un choix. Se laisser mourir de faim n’est pas un choix. Nous avons aujourd’hui tous les moyens nécessaires pour éradiquer la misère absolue et hisser l’ensemble des êtres humains vivant au-dessus du seuil de malnutrition. Nous choisissons de ne pas le faire. C’est un choix que je ne peux considérer que comme un acte criminel. Mais il n’existe pas de tribunal habilité à poursuivre, à l’échelle globale, les criminels responsables du fait que la faim et la misère ne sont pas combattues à l’aide de toutes les ressources disponibles. Et qui nous entraînent tous à être complices et à avoir notre part de responsabilité dans ce choix.
Sur les livres, qui ont été pour lui, un véritable remède non pas à sa maladie, mais à son mal-être et l’ont aidé à accepter l’incurabilité de son cancer, page 152, pour moi un des plus beaux passages :
Quand j’ai réussi, au bout de trois semaines, à me hisser hors du sable mouvant et à commencer la résistance, mon principal outil a été tout trouvé : les livres. Dans les moments difficiles, prendre un livre et m’y perdre, disparaître dans le texte, a toujours été ma façon à moi d’obtenir soulagement, consolation ou, du moins, un peu de répit. J’ai toujours pu compter sur eux. Ils sont pour moi un réconfort, et aussi un instrument qui me permet de diriger mes pensées dans une autre direction et de rassembler mes forces. J’ai toujours chez moi, à portée de main, des livres que je n’ai pas lus… Lire un nouveau livre, c’est pénétrer dans un texte comme on entreprend une expédition.