Poèmes

Liberté, de Maram al-Masri

Sur le mur d’une école
le mot liberté a été écrit avec de la craie blanche
par les petites mains des écoliers.
Sur le mur de l’Histoire

Nomade, de Thomas Reverdy

La porte qui ne s'ouvre pasLa main qui passeAu loin un verre qui se casseLa lampe fumeLes étincelles qui s'allumentLe ciel est plus noirSur les toitsQuelques animaux Sans leur ombre Un regardUne tache sombre La maison où l'on n'entre pas Thomas Reverdy (Poète...

Qu’en avez-vous fait, de Marceline Desbordes-Valmore

Vous aviez mon cœur, Moi, j'avais le vôtre : Un cœur pour un cœur ; Bonheur pour bonheur ! Le vôtre est rendu, Je n'en ai plus d'autre, Le vôtre est rendu, Le mien est perdu ! La feuille et la fleur Et le fruit lui-même, La feuille et la fleur, L'encens, la couleur :...

La mort du loup, d’Alfred de Vigny

…Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;

De la nature, de Lucrèce

Misérables esprits des hommes, cœurs aveugles !
Dans quelle obscurité, dans quels périls absurdes
Se consume pour rien leur presque rien de vie !

Étranges étrangers, de Jacques Prévert

Hommes de pays loin
Cobayes des colonies
Doux petits musiciens
Soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers

Les chevaux du temps, de Jules Supervielle

Quand les chevaux du temps
J’hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leur soif.
Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant