Sorti en septembre 2017 à La Manufacture de livres. 430 pages. Roman noir.

EN DEUX MOTS
Le zénith français de la littérature noire !

Les cinq premières lignes.
Ce qu’il advint cette nuit-là, le ciel seul en décida. Les premiers signes s’étaient manifestés la veille au soir, quand les hirondelles s’étaient mises à voler au ras du sol. Dans la cour, un vent chaud giflait les ramures du grand marronnier et une cordillère de nuages noirs se dessinait sur l’anthracite de la nuit. Le tonnerre grondait, et des éclairs coulissaient loin en éclairant le puy Violent.

Le passage le plus beau (au hasard), pages 294 et 295, à lire lentement :
« La terre n’aimait pas, ne haïssait pas, ne pensait ni au mal, ni au bien. Ne pensait pas. Les hommes dessus, misérables colons dans leurs habits de sueur, avec ce besoin de tout nommer, de ramener la terre à une compréhension factice. Les hommes, qui avaient tant besoin de trouver des explications à ce qui ne demandait rien, quand il aurait fallu écouter, regarder la terre se pencher, aimanter toutes les formes de vie, la moindre particule minérale, et même les oiseaux finissaient toujours par se poser et les poussières par retomber. Mère de tout, qui ne se souciait aucunement de son innombrable marmaille occupée à une conquête illusoire. La terre, et le vaste ciel au-dessus, muet lui aussi, que l’on interrogeait pourtant, à qui l’on faisait dire ce qu’on avait envie d’entendre ».

L’auteur. Franck Bouysse, né en 1965, est un romancier français. Tout d’abord professeur de biologie à Limoges, il se passionne pour la lecture, en particulier des romans noirs, puis pour l’écriture elle-même. Son premier roman, La paix du désespoir, est publié en 2004. Suivront une dizaine de romans, chez des éditeurs différents, dont la trilogie de H avec Le mystère H (2008) en ouverture, puis LHondres ou les ruelles sans étoiles et La Huitième lettre. Ensuite, Noire porcelaine (2012), Vagabond (2013) et Pur sang (2014). Glaise est le dernier à ce jour. Pour moi il mérite plusieurs prix littéraires.

L’histoire. 1914. Tous les hommes valides sont partis au front pour une guerre « éclair ». Au pied du puy Violent, près de Salers dans le Cantal, un petit village, Chantegril, regroupe trois fermes isolées. Dans la première, Joseph, 15 ans, resté seul avec sa mère Mathilde et sa grand-mère Marie pour s’occuper de la ferme au départ de son père Victor pour le front des Ardennes. Dans la seconde vit le couple Valette dont le fils Eugène est lui aussi parti. L’homme est violent, alcoolique, frustré de n’avoir été appelé à la guerre à cause d’une main atrophiée. Sa femme, Irène, souffrant de l’absence de leur fils, s’enfonce de plus en plus dans la déraison. Enfin, la troisième ferme abrite Léonard et Lucie, un vieux couple en mal d’enfant. Léonard, bien que fatigué, donne un coup de main à Joseph pour les travaux les plus difficiles.

La guerre s’installe, l’absence des hommes, censée être courte, se prolonge, on commence à s’inquiéter dans les villes et les villages. Mais pour Chantegril, la situation change profondément lorsqu’arrivent de la ville Hélène et Anna, respectivement belle-sœur et nièce de Valette, dont le frère réquisitionné a demandé à Valette de les accueillir le temps de son absence. Anna est jeune, quinze ans, d’une beauté diaphane et le cœur de Joseph s’ouvre au premier regard aux émois de l’amour. Ce qui, pour des raisons profondément différentes et pas toujours compréhensibles, ne plaît pas aux adultes qui les entourent.

À partir de là, la routine dure mais simple se fissure, l’équilibre déjà précaire sans les hommes se rompt définitivement, les personnalités se révèlent dans leur plus stricte vérité et les sentiments, beaux ou mauvais, s’ouvrent, s’amplifient, s’exaspèrent jusqu’à une explosion finale qui m’a laissée interdite. L’amour naissant, d’un romantisme fougueux, côtoie la jalousie et la violence les plus rudes et la guerre, qui dure et qui tue, ne fait qu’aggraver les tensions… Le lecteur est tenaillé par l’envie de connaître le destin des personnages et par celle de ralentir sa lecture pour en savourer la poésie.

Le style. Lire un livre de Franck Bouysse, c’est écouter une symphonie de mots. Une symphonie ardente, tonitruante, pas une violonade ou une douce cantate au piano, ou alors au pianoforte. Son écriture d’une poésie âpre et lyrique nous laisse entendre constamment les rares mots des taiseux de la terre, les grondements du ciel les jours d’orage et ceux de la guerre dont la présence lointaine hante ceux et surtout celles qui sont restés et attendent les hommes partis, en faisant semblant de croire à leur retour. La poésie qui se dégage de chaque ligne, le contraste violent entre la beauté (et la violence) de la nature et la violence, la laideur ou la beauté des personnages donne le tournis. Franck Bouysse transforme la laideur en beauté. On reste accroché aux mots des pages, brûlant pourtant de les tourner car la tension est paroxystique. Comme dans tous les romans de Franck Bouysse, la pression psychologique est constante, le conflit larvé et le malaise insidieux se précisent et, si l’on sait d’emblée qu’il va se passer quelque chose, que le mal est tapi quelque part – même si l’on sait où -, il nous faut des pages et des pages pour le voir arriver, et pas toujours là et comment l’on pensait. En l’attendant, nous en prenons plein les yeux.
J’ai noté que l‘écriture de Franck Bouysse s’est bonifiée, s’il en était besoin, avec le temps (le premier roman que j’ai lu était Grossir le ciel, qui m’avait déjà séduite mais qui fait maintenant pâle figure en regard de Plateau, Pur Sang et Glaise) et colle de plus en plus à celle des auteurs américains qu’il affectionne tant, peut-être même un cran au-dessus. C’est simple, la tranche de mon livre est multicolore : les signets colorés dont je marque les pages que je retiens sont si nombreux que je ne sais combien de temps je vais mettre à choisir des extraits !

Mon avis sur le livre. Première ligne, première page et me voilà emportée. Mais cette fois enfin, un roman de Franck Bouysse à la pagination conséquente ! 400 pages de lecture poétique, noire et magique que l’on essaie de retenir ligne à ligne mais qui finissent forcément par nous tomber des mains. Mais pas du cœur. Je crois que je ne m’en remettrai pas. Pour succéder au dernier Pierre Lemaitre, il fallait bien rester dans l’excellence ! Par contre, ma prochaine lecture risque de payer le prix fort… Je crois bien que je vais allez voir du côté de la collection Terres d’Amérique, pas le choix ! La lecture, ce n’est que du bonheur !

Qu’il est difficile de chroniquer un tel livre ! Face à une telle prose, les mots se défilent, ils me manquent, et l’émotion qui m’a transportée le temps de la lecture me retient encore après avoir refermé le livre. En premier lieu, tous les personnages, sans exception, ont un caractère fort et fouillé jusqu’à la moëlle. Le principal, Joseph, à peine sorti de l’enfance, se voit, sans avoir profité de sa jeunesse, contraint de s’occuper de la ferme, de veiller sur sa mère et sa grand-mère. Amoureux des bêtes et proche de la nature, il ne rechigne pas à la tâche mais celle-ci lui fait peur. Il craint de « devenir un homme avant l’âge d’homme ». Et quand l’amour paraît sous les traits de la diaphane Anna, le devoir et l’éveil des sens mènent en lui une lutte incessante. À ses côtés pour l’aider et le soutenir, son voisin Léonard, vieil homme sage et bon qui n’a pas eu la vie facile et qui aime et respecte la nature et les animaux : les chiens, les loups, les oiseaux, les poissons même, qu’il considère et traite réellement comme des êtres vivants, je n’ose dire humains. Les rapports qu’il a avec sa vieille mule m’ont mis les larmes aux yeux. ». Il n’est pas sans faire penser aux vieux Indiens de la littérature amérindienne, rencontrés notamment chez Richard Wagamese, Jim Harrison et Joseph Boyden. Comme eux, Léonard chérit « les âmes bienveillantes » des êtres disparus pour qui il faut prier avec ferveur afin qu’ils retrouvent enfin dans la mort ceux qu’ils ont aimés : « pour qu’elle (la grand-mère de Joseph) trouvât le chemin qui la ramènerait jusqu’à celui qu’elle avait passé une immense part de sa vie à regretter ». Joseph et Léo sculptent tous deux la terre (la glaise, qui donne son titre au roman, celle des terres agricoles qui fait vivre les hommes est aussi celle des tranchées dans lesquelles ils périssent et celle des cimetières dans laquelle ils reposent). Mais si Léo montre ses œuvres à Joseph, celui-ci se cache pudiquement pour sculpter, la nuit quand le travail est fini, dans une niche qu’il a creusée de ses mains. Les deux amis sont liés (sans le savoir pour Léo) par cet amour de la terre qu’ils cultivent et qu’ils sculptent.
Face à ces deux hommes bons, le mal incarné : Valette, homme violent, sournois et hargneux de nature. Mauvais mari, mauvais père, il boit constamment et se venge de la vie et de ses frustrations en terrorisant les humains et les animaux (une scène est particulièrement difficile à lire, voire impossible). Des tempéraments humains extrêmes, plus encore que dans les autres romans de l’auteur, qui aboutissent à des situations paroxystiques et nous font pressentir de bout en bout un drame inéluctable. Côté femmes, les nuances sont plus modérées. Franck Bouysse leur rend hommage en évoquant avec une grande justesse leur rôle et leur condition de femmes restées seules dans les fermes, qui s’adonnent à toutes les tâches aussi dures soient-elles sans rechigner. Et qui, pour l’une en particulier, la mère de Joseph Mathilde, finissent par y trouver une sorte de fierté et d’indépendance. La jeune Anna, elle, est dépeinte comme un ange de beauté et de bonté et je suis comme Joseph tombée sous son charme. L’auteur considère les femmes avec respect et compassion et n’hésite pas à écrire qu’elles leur sont supérieures en certaines circonstances comme dans ces lignes : « Tout comme les femmes, les hommes sortaient eux aussi du ventre d’une mère en gémissant, mais ils se prenaient pourtant à se croire plus grands que des hommes dès qu’il avaient quelques muscles à fourbir contre plus faible, tellement puissants quand ils frottaient leur sexe bandé entre des cuisses pour y enfouir leur éternelle gloire, la révélation dans une simple giclée de foutre cheminant à contre-courant du mystère inoubliable des femmes. Les hommes, qui avaient besoin de boire entre deux ruts pour échapper à leur propre pesanteur, se donner du courage, si pesants, même dans leur sommeil. Ces hommes qui ne portaient pas les enfants, qui ne les porteraient jamais ». Les lectrices apprécieront, les lecteurs peut-être un peu moins. Même si les hommes ne sont pas tous comme Valette, dieu merci ! En tout cas, merci Monsieur Bouysse de mettre de telles paroles dans votre roman, même si c’est dans la bouche d’une femme !

Les relations de couple, les relations d’amitié, sont bien rendues. Il y a les couples qui s’aiment, ceux qui ne s’aiment pas ou plus et, pire, se haïssent mais sont condamnés à vivre et à mourir ensemble toute leur vie. Car il n’y a aucun endroit où aller et personne à rencontrer dans ces pays perdus. Quant à la relation amoureuse, celle qui unit Joseph et Anna est à pleurer de bonheur tant la poésie qui la décrit est pudique et lyrique à la fois, tant leur amour est lumineux.
Il y a aussi l’amitié entre Joseph et Léonard, qui lui sert de grand-père de substitution. Et un autre amour, fulgurant lui aussi, dont je ne vous parlerai pas car il fait partie du suspense.
Dans tous les romans de Franck Bouysse, le lecteur est mis à rude et belle épreuve, raison de sa jouissance de lecture. Nous savons que la mort rôde, que quelqu’un va mourir, mais il n’est pas toujours facile de deviner qui, comment et pourquoi il ou elle va mourir. La tension permanente est entretenue par les psychologies, les dissensions entre les personnages et leurs secrets inavoués installent un malaise constant qui va crescendo. L’inéluctabilité est présente d’un bout à l’autre, et la pagination inhabituelle nous fait languir davantage et frémir de l’envie de dévorer les pages. Tout en s’attardant sur la poésie, omniprésente.
La guerre est elle aussi toujours dans les pages. Même si le but de l’auteur n’est pas de nous raconter une histoire de guerre, les tranchées, le grondement du canon et le tonnerre des explosions sont évoqués, les réquisitions dans les fermes, les -rares- courriers et les télégrammes annonçant les noms des soldats « morts pour la France » la rendent prégnante à chaque moment. Le conflit mondial entache et meurtrit la petite communauté rurale. Jamais les choses n’auraient évolué de cette manière si la guerre n’avait dérobé tous les hommes à leur famille et à leur terre.
Pour parler de la guerre et rendre hommage à ceux qu’elle a tués, Franck Bouysse utilise des termes forts. Il dit notamment qu’elle est « la grande coupable » qui « démembre de leur passé » les hommes devenus soldats malgré eux, qu’elle « les vole à eux-mêmes et à ceux qu’ils aimaient ». Qu’elle est un « véritable voyage qui allait les déverser dans l’horreur à la manière de lemmings programmés pour le suicide ».

Et puis il y a ces poèmes, éparpillés dans les pages, dont on ne sait ni qui les écrit, ni à qui ils s’adressent… Le vrai suspense est là aussi. On n’est pas dans le polar efficace ni dans le thriller accrocheur, mais tout à la fois dans l’amour de la terre et la misère rurale, dans l’amour et la haine, la beauté et la laideur humaines, l’espoir et le désespoir, dans la poésie toujours.

Pour vous faire saliver en attendant de vous le procurer, voici quelques extraits, aussi difficiles à choisir qu’à limiter. L’art de la description est avec cet auteur à son plus haut niveau. S’il y a des tendances, voire des modes en littérature, la nature en est une et Franck Bouysse n’a rien à envier aux plus grands de la littérature américaine (qu’il lit et affectionne) qui font souvent de la nature un personnage à part entière. Sa vision de la nature est intéressante. Comme dans les « nature writing » nord-américains, irlandais et de plus en plus français, la nature est magnifiée dans sa beauté, mais elle porte également l’indifférence et la violence en elle. Selon le vieux Léo, même, « elle n’en fait qu’à sa tête ». Grandiose mais hostile – ou l’inverse-, pour l’homme, elle peut pourvoir à sa nourriture (nous sommes dans des terres agricoles) et tenir la main de la faux qui le tuera (nous apprenons très vite que le grand-père de Joseph est mort foudroyé). Mais Franck Bouysse ne fait pas que décrire à merveille les paysages de ces contrées perdues et les ciels (d’orage) ou l’intérieur des fermes, y compris les objets les plus banals qui deviennent sous sa plume des curiosités, il fait de ses personnages et des animaux des portraits riches et éloquents. L’auteur aime les gens de la terre, avec toutes leurs failles et toutes leurs valeurs, « les fragiles humains » qui vivent de petits riens, dont on parle peu dans les livres et il les met à l’honneur dans chacun des siens. Tout en rendant un hommage vibrant à tous ceux qui sont morts sans savoir pourquoi ni contre qui ils se battaient…

« La nuit commençait à éteindre le jour au-dessus des montagnes, comme si une force invisible envers laquelle il lui sembla alors ne pas avoir assez témoigné d’égards eût tiré sur un fil de laine pour dévider un écheveau. Au loin, un gros nuage manchonnait le puy Violent, et on aurait pu croire que cette ruine de volcan rejetait encore des fumées vieilles de trois millions d’années, à la manière de ces lumières d’étoiles mortes qui parviennent encore aux yeux des vivants. Un souvenir de la fureur de la terre qui avait façonné ce monde en lui offrant la vie, depuis les algues souveraines… Puis le soleil disparut lentement, disque parfait ingurgité par la montagne, qu’une autre recracherait au matin dans toute sa splendeur ».

« Malgré les volets que l’on gardait fermés pour maintenir au mieux la fraîcheur dans la vaste pièce, des lambeaux de lumière s’infiltraient entre les lames de bois et s’évanouissaient en drapant la pénombre d’une lueur opiniâtre. (…). Le balancier d’une horloge répandait du temps en un lieu qui ne savait apparemment qu’en faire ».

« Un silence flotta, comme un flocon tourbillonne, se pose et fond. Tout autour, la brise tempêtait, animant des touffes de folle-avoine qui se prosternaient en se cognant à la clôture. Un chêne et sa parade de branches ressemblait à un esclave éventant un couple de monarques, et l’air en tension était une portée de musique sur laquelle grésillaient des insectes et pépiaient des passereaux. Une démesure de bruits, un dérisoire boucan, le fracas délicat d’un monde ».

« Un vent chaud se mit à souffler en rafales, et ce vent était comme une corde invisible tirée depuis la vallée par une très ancienne puissance aguerrie, amarrée à des masses nuageuses aux allures de gros rochers sombres décrochés de la montagne. De longs éclaires ruisselaient dans l’air indigo et disparaissaient en sourdes explosions dans les carrières du ciel ». Sur une simple mule et celui qui la monte : « Animal de trait, plus habitué à tirer l’outil qu’à promener ce fétu d’homme sur son dos. Créature placide qu’on aurait dit d’un seul tenant, centaure à la croupe massive bourrelée de muscles, au buste fragile recouvert d’une chemise de coton fraîchement lavée et séchée dans l’air torride de la veille ».

Sur l’être aimé, avant le premier baiser : « Anna s’incarnait sur les vitres, dans les flaques d’eau, dans l’air. Joseph n’y pouvait rien. La brume du matin était imprégnée d’elle, et celle du soir aussi. Plus il en fuyait le souvenir, plus il revenait à la charge. Un murmure opiacé envenimait son sang, abolissait le temps. Son visage, son regard, sa peau, la fluidité de son corps, le provoquaient à chaque instant et en tout lieu, et nourrissaient un sentiment bicéphale, une tête pour le désir et l’autre pour la vénération. Un paradis de plaies à vif. Un malaise devenu douleur, une perfection de douleur, comme seul le cœur sait en construire sans matière préexistante. (…) Tout en elle était mouvement. Perpétuellement accordée à la nature sauvage en rien trahie, quand elle posait les yeux sur lui. Capable de donner la vie et de la reprendre dans une même fraction de seconde, qui n’était dès lors pas du temps, mais une infime abstraction de l’espace séparant deux corps. Car cette fille était à elle seule tout l’espace dans lequel se mouvoir, la voie lactée où se baignent les étoiles ».

Et c’est ainsi de page en page. Mais n’allez pas croire que Glaise n’est qu’un long catalogue de belles descriptions. C’est qu’avec Franck Bouysse tout devient poésie. Il a l’art de sculpter les mots comme ses personnages sculptent la glaise. Mais l’histoire est forte, très forte, les personnages davantage encore, la tension ascendante et la fin… vertigineuse.
Pour moi, sans conteste, Pur Sang et Glaise font partie des meilleurs romans de littérature noire et Franck Bouysse est LE meilleur auteur français de romans noirs ! Je sais, je n’y vais pas de main morte, mais ce qui est dit est dit et je le redirais sous la torture ! Alors, si vous avez la chance de ne pas encore l’avoir lu, précipitez-vous ! Et ne vous arrêtez surtout pas à Grossir le ciel, pourtant déjà plus que prometteur… Quant à moi, je vais les lire tous sans exception en espérant un jour rencontrer leur auteur pour lui demander comment il est possible de nous offrir des romans aussi noirs, aussi purs et aussi lyriques…

Nul doute que ce roman plaira aux inconditionnels de la littérature nord-américaine (dont je suis). Et à tous les autres (dont je suis aussi). Courez, lisez, vous pleurerez du bonheur de lecture !