Sorti en août 2014 chez Gallimard. 368 pages. Roman. Sorti en poche dans la collection Folio de Gallimard en décembre 2015.

L’auteur. Né en 1965 à Nancy, Eric Reinhardt est à la fois écrivain (romans et pièces de théâtre) et éditeur d’art. Il a publié six romans dont le premier, Demi-sommeil, est paru en 1998. L’amour et les forêts, le dernier, a reçu le prix Renaudot des lycéens 2014, le prix roman France Télévisions 2014, et le prix des étudiants France-Culture-Télérama 2015.

L’amour et les forêts traînait dans ma bibliothèque depuis sa parution quand j’ai été amenée à l’en sortir. La première chose que j’ai comprise au bout de quelques pages, c’est pourquoi il dormait sur mes étagères. La seconde, c’est qu’il aurait dû y rester.

Je m’explique sur cet avis tout personnel (bien sûr). En premier lieu, je n’ai pas aimé l’écriture et pour moi, la forme est presque aussi importante que le fond en matière de romans. N’ayant rien lu d’autre de l’auteur, je ne saurai comparer, mais ici, j’ai trouvé le style un peu ampoulé, maniéré, ne collant pas à l’histoire qu’il finit par trop intellectualiser. J’aime pourtant l’emphase et l’emballement stylistique, mais quand ils nous apportent de l’émotion, de la compassion et de l’empathie pour les personnages et qu’ils sont empreints de poésie. L’ensemble m’a paru long à lire au propre et au figuré car la version poche compte quatre cent seize pages. Les phrases, les paragraphes et les chapitres sont (trop) longs, avec des dialogues peu nombreux mais surtout insérés dans le texte pour une difficulté de lecture supplémentaire. Détails sur lesquels je passe quand tout le reste me passionne bien sûr. Ce qui n’est pas le cas, même si l’histoire est triste et que j’aime les histoires tristes. Le manque de simplicité gâche mon plaisir de lecture, ou plutôt ne m’en procure pas. Il ne permet pas à l’auteur de m’atteindre émotionnellement.

Pas convaincue au bout de quarante pages, je décidai, sur les conseils éclairés de Janette, spécialiste en la matière, de soumettre le roman au test dit « de la page 99 ». Si comme moi vous n’aviez jamais entendu parler de ce test mis au point par l’Anglais Ford Madox Ford, faites un tour par ici.

https://www.edilivre.com/communaute/2014/06/24/zoom-sur-le-test-de-la-page-99/#.WA24qfmLSUk

Jusqu’à présent, je pouvais me référer aux Dix droits inaliénables des lecteurs tels qu’énoncés par Daniel Pennac dans Comme un roman, notamment le troisième, Le droit de ne pas finir un livre. Maintenant, je sais qu’avant de recourir à cette extrémité, je peux procéder à une mesure intermédiaire, le test de la page 99. Merci Janette.

Ayant lu la version poche de 416 pages et non la version brochée de 368 pages, j’ai poussé le vice à effectuer une règle de trois : la page 99 de l’édition brochée correspond à la page 112 de la version poche.
Verdict : rien de ce que j’ai pu y lire ne m’a convaincue de poursuivre cette lecture…

Encore une fois, ceci n’est qu’un avis tout à fait personnel qui ne met aucunement en cause la qualité de ce livre. Et s’il n’a pas su me toucher, je reste persuadée que ce roman a plu, plaît ou plaira à nombre de lecteurs, l’ensemble des critiques tous médias confondus ayant été particulièrement élogieuses, notamment celle de Télérama, un de mes mentors littéraires. Alors, n’hésitez pas, lisez-le, et si vous l’aimez, l’adorez, dites-le moi, j’en serais ravie ! Mais attention ! Les – nombreuses – scènes de sexe sont assez « hard », pour cette raison ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Et non, je ne suis pas rigoriste, prude convenable, pudibonde… rien de tout ça !