Paru chez Grasset en août 2016. 496 pages.

EN DEUX MOTS
Au moment où je rédige cette chronique Adélaïde de Clermont-Tonnerre vient de se voir décerner le Grand prix de l’Académie française. De gustibus non est disputandum !

Dans un billet récent, Cathy la SL mentionnait qu’il ne saurait y avoir de rentrée littéraire sans premiers romans. J’ajouterai ni sans nanar officiel, la notion de nanar étant hautement et purement subjective.
C’est pourtant vierge de tout a priori que j’abordai la lecture de ce roman, n’ayant jamais rien lu d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre auparavant.
Je n’irai pas par quatre chemins : ce livre me serait tombé des mains dès la fin du premier chapitre si je n’avais pas tourné la page. Malheureusement, le vague intérêt suscité par le second chapitre a été anéanti dès les premières lignes du suivant. Je décidai de ne pas continuer, ni même de lire la page 99, éprouvant d’autant moins de scrupules qu’une pile de bons livres attend toujours que je les lise.

L’histoire se déroule à deux époques différentes, et ce que j’ai pu en lire se résume ainsi : dans une trattoria de Manhattan en 1969, un jeune homme tombe raide amoureux d’une inconnue aux sandales bleues.
En parallèle, en 1945 à Dresde, une femme agonisante donne naissance à petit garçon qu’elle confie aux bons soins du médecin qui l’a aidée.

Que dire du style sinon qu’il est insipide et que les dialogues sonnent creux ? Aucune emphase, aucun lyrisme, pas même dans la description du coup de foudre, qui pourtant s’y prêtait. L’écriture peine à traduire l’intensité dramatique réelle du chapitre 2 qui, sous une autre plume, aurait pu pourtant me prendre aux tripes.
En outre, sur un plan plus anecdotique, la petite-fille et fille d’Italiens que je suis ne peut s’empêcher d’être agacée à la lecture du mot « spaghettis », spaghetti étant déjà un pluriel.
Vous l’aurez compris, le gros point faible de ce livre est son écriture, ce qui pour moi est rédhibitoire et nuisible à la meilleure des histoires.

Une citation pour la route : « Tu es conscient que je t’ai posé une question, il y a déjà une minute quinze ? » me demanda Marcus qui regardait sa montre neuve, cadeau d’anniversaire de son père, dont il avait lancé le chronographe.
Je ne pouvais me détacher d’elle, même si Ernie, de sa grande stature molle, tentait de la soustraire à mes regards. Elle s’assit dos à la salle. Dans un demi-rêve, je répondis :
« Tu ne la trouves pas sublime ? »
Marcus, qui avait compris l’origine de ma distraction depuis une minute quarante-cinq à présent, répondit, sans lever les yeux du cadran :
« Effectivement, elle est très jolie, et très accompagnée, cela ne t’aura pas échappé… ».